Pavillon Rouge - Legio Axis Ka

Pavillon Rouge - "Legio Axis Ka"
chronique Pavillon Rouge - Legio Axis Ka

Si comme moi, vous avez vécu votre adolescence dans les années 90, vous avez certainement dû au moins entendre parler des compilations Thunderdome, sensées regrouper la crème de la techno hardcore, spécialité allemande à l'époque. Avec ses beats sauvages et ses synthé agressifs, elles avaient tout pour faire fuir le jeune metalleux en construction que j'étais, symbolisant tout ce que je pouvais rejeter en matière de musique. Vingt ans plus tard, de l'eau à coulé sous les ponts et voici que se présente à mes oreilles Pavillon Rouge, se revendiquant du black symphonique que de la techno hardcore allemande. Loin de m'effrayer, au contraire, le mélange titille ma curiosité. En jetant un œil rapide à la page FB du groupe avant de me plonger dans l'écoute de Legio Axis Ka, j'y relève une dose non négligeable d'humour, le slogan « Never stop the fitness » en réponse au célèbre « Never stop the madness » en particulier.

 

Mais, si les musiciens font preuve d'humour, ce n'est pas dans la composition. Car il faut un maximum de sérieux pour rendre parfaitement crédible ce mélange entre The Kovenant, Rammstein et Scooter (désolé, je n'ai pas beaucoup d'autres références dans le domaine, voir plus haut pourquoi…). Classiquement, ça en devient presque cliché, le groupe choisit d'enrober sa musique d'un habillage stellaire, au niveau des sons de synthé et des thématiques, à l'image de Mysticum ou de Neurotech. Mias le style le porte tellement bien, presque aussi bien qu'un fan de Manowar un slip en peau de bête. Imaginez des riffs à la Emperor venant se poser sur des rythmiques issues des dancefloors d'Ibiza de l'époque du premier mandat de Chirac, et vous aurez une idée de la musique de Pavillon Rouge.

 

Le groupe ne débande pas de tout l'album et de dévie pas de sa ligne de conduite. D'une rigueur toute germanique et d'un martialisme typiquement indus, le groupe se donne les moyens de ses ambitions, que ce soit en terme de production que de composition. De plus, le choix du chant en français passe plutôt bien (rappelant Orakle) et le timbre criard ne lèse en rien l'ensemble, au contraire, il maintient une constante agressive au gré des atmosphères spatiales, mélancoliques ou bien oniriques. Moins tubesque que The Kovenant, plus dansant que Mysticum, Legio Axis Ka s'écoute sans problèmes d'une traite avec une certaine linéarité. Seuls sortent réellement du lot « Droge Macht Frei » et « Notre Paradis ». Le premier a un réel potentiel pour devenir un tube, avec des réminiscences du premier The CNK. Le second est une reprise du « Gansta Paradise » de Coolio, métallise et francisé, toute en ambiances, qui s'intègre bien au tracklisting.

photo de Xuaterc
le 30/03/2016

4 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 30/03/2016 à 11:50:33

Haha, je dois encore avoir l'un des volumes de la série Thunderdome dans mes tiroirs, si si (déjà à l'époque...). Le titre en écoute passe assez bien dans mes oreilles de lapin

Xuaterc

Xuaterc le 30/03/2016 à 11:56:01

J'étais déjà plus JM Jarre et Vangelis à cette époque

cglaume

cglaume le 30/03/2016 à 13:07:06

Le mec qui devait avoir les compils "Synthétiseur". J'vois l'genre...

Xuaterc

Xuaterc le 30/03/2016 à 13:23:01

Ma première K7 (n°5) et mon premier CD (n°8) personnels... Oui, je sais...

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