Pile Of Priests - Void to Enlightenment

Chronique CD album (46:52)

chronique Pile Of Priests - Void to Enlightenment

… A priori non: Pile of Priests n’est pas le fruit d’un grand écart risqué entre les contre-uts des bikers de Judas Priest et la "one-man-band Brutal Death" attitude de Putrid Pile. Les américains dont on cause aujourd'hui sont plutôt du genre à old schooliser tranquillement au fond de leur garage, entre décrassage du vieil ampli de Tonton Fernand et concours de fléchettes sur un poster des fesses de la Ste Vierge. Voilà, c’est ça: à l’écoute de Void to Enlightenment – leur 1er album – on a un peu l’impression de replonger dans l’anticléricalisme joyeusement primaire des « Hang The Pop » (Nuclear Assault) et Slaughter in The Vatican (Exhorder), celui-ci étant ici rehaussé du vernis proto-Death des débuts américains du genre, quand le son était méchamment rugueux et que le Thrash n’avait pas encore quitté le navire.

 

Et c’est un peu là que le bât blesse: autant c’est toujours sympa de se ressortir un vieil album sur le son duquel la poussière est aussi naturelle – voire attendue – que sur les antiques albums-photos de Mamie Chantale, autant ce n’est pas forcément ce qui réussit le mieux à déclencher le fameux effet Zest Citron / Mérinos / Benco / Kiss Cool que l’on attend de notre zic préférée. Surtout quand le skeud qui gît sous des monceaux de moutons est une petite nouveauté. Par ailleurs, outre ce son qui sent la cave est-Berlinoise des années 50s et ces atours rugueux de chez râpeux, le grunt d’Evan Salvador est aussi terne et morne que la perspective de 2 mois en camps de vacances catho à Mulhouse, et la basse – bien que judicieusement mise en avant dans le mix – semble parfois bien embarrassée d’avoir à ainsi assurer le show sous la chaleur des spotlights. C’en est presque gênant à l’écoute de la plage de 30 secondes qui démarre aux alentours de la barre des 5 minutes sur « Incantations of Old ». Vous avouerez que c’est quand même malheureux: ce n’est pas tous les jours que cette dernière a le droit de gambader aussi librement dans les vertes prairies du premier plan! Alors il aurait été de bon ton d'éviter un tel Sproutch!...

 

Après on serait de fieffés sagouins si l’on se contentait de lister les maladresses – avérées – contenues sur ce premier opus, et que l'on omettait de vous parler de ses points forts. Ou plutôt de SON point fort, qui réside clairement dans la présence de parties de guitare tout à fait séduisantes. Car c’est clair qu'ici c’est Madame 6-cordes qui tient à elle seule l'entreprise debout, balançant du bourdonnement nerveux sur « Void to Enlightenment », des trémolos glacés du plus bel effet au milieu de « Deranged Youth Succession », ou encore quelques beaux petits décollages d’hélico qui stimulent aussi régulièrement qu'opportunément l’auditeur. Et c’est encore grâce à elle si l'on finit tout de même par noter dans nos archives mentales que « Torture Chamber » et « Akeru » (... dont les pointillés initiaux rappellent un peu le « Secret Face » de Death) sont quand même de bons petits morceaux bien montés, voire limite carrément sexy.

 

Par contre, dites: c’est quoi cette histoire de se décrire comme un groupe de Death Metal Progressif? Tout ça parce que trois morceaux durent plus de 6 minutes, parce que la basse est audible et que le guitariste sait se servir de son instrument? Taratata, vous allez en décevoir plus d’un messieurs avec votre auto-description entourloupesque! Non non, rendons à César ce qu’il a oublié dans les WC du Spart’anus Club, et rétablissons la vérité: Pile of Priests joue un Death typé oldy, bien cagneux des genoux et de la prod’, trop souvent maladroit, mais possédant un guitariste qui n’en veut et qui n’en donne. Bref, pas la panacée, pas de quoi rallumer la flamme dans les yeux des fans d’Opeth, mais un bon petit début qui peut tout à fait présager d’un album de Death technique solide en guise de 2e livraison.

 

Espérons donc que la Pile of Priests soit alcaline, histoire qu’elle dure assez longtemps pour nous montrer ce qu’elle aura dans le bide une fois les erreurs de jeunesse abondamment recouvertes de Typp-Ex!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: « Prog Death » Pile of Priests? Penses-tu… Faut arrêter le vin de messe messieurs! Death technique, à la limite, grâce à son guitariste et à une basse mise bien en avant (... malgré son manque de finesse). Ce premier album sent surtout le bon vieux Death nostalgique de fond de garage, avec tout ce que cela sous-entend de maladresse et de prod’ naphtalinée…   

photo de Cglaume
le 27/05/2016

3 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 27/05/2016 à 14:42:38

Bien mou tout ça : pas suédois quoi

korbendallas

korbendallas le 31/05/2016 à 11:20:24

Ce César ... toujours a traîner dans les "homosexualis discothecus" !

cglaume

cglaume le 31/05/2016 à 12:51:13

Cesar avait un Jules, c'est bien connu...

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