Planks - Perished Bodies

Chronique CD album (49:48)

chronique Planks - Perished Bodies

C'est toujours triste d'assister à la fin d'un groupe ayant un bon potentiel, même si ce dernier avant de piquer du nez (définitivement?) dans la fosse glacée du split a retrouvé assez de force pour mettre un coup de boule au fossoyeur, clerc et invités qui voulaient l'ensevelir un peu trop tôt. C'est vrai quoi, c'est pas parce qu'on s'appelle Perished Bodies qu'on n'a plus rien à dire, nondidju !

 

Planks est un pas-si-jeune-que-ça groupe allemand à classer quelque part entre Cult Of Luna, Neurosis (et un poil d'Anaal Nathrakh si l'on s'en tient à leur période Funeral Mouth) si on veut à tout prix les classer, entre Sludge/Post-Hardcore et Black/Doom si on veux être plus généraliste, qui a décidé de splitter l'an dernier, non sans finir les compos qui étaient en cours à ce moment. Vous l'aurez deviné, comme c'est aussi sur la fin que naissent les débuts, ce Perished Bodies est sorti de terre sur les cendres du projet, un peu comme une dernière mise à jour de leur épitaphe.

 

Ceux ayant connu le groupe avec le très intense et Blackened Funeral Mouth, sorti 3 ans plus tôt, risquent d'être un peu décontenancés par l'approche moins rentre-dedans et Post-Hardcore/Funeral Doom par moment de celui-ci. L'album commence donc avec un « Sacrifist » qui n'est pas sans rappeler au niveau des riffs Funeral Mouth, tout en laissant beaucoup plus place à une plage Atmo/Hardcore à mi-titre. Tout l'album tournera autour de cette approche grosso-modo alternée entre Post-Hardcore/Sludge et mi-titres ou titre suivant plus lents, parfois à la limite du Funeral Doom « Sacrifist part 2 »  et du Gothic (surtout la voix féminine de « She Is Alone ») qui se superposent comme eau et huile. Même si on y trouve également des mélanges (« Into Lifeless Embrace », »She Is Alone », «Bliss In All Sorrows Found » …).

 

Pas à proprement parler de titres qui sortent du lot donc (à part le titre éponyme qui aurait pu figurer sur l'album précédent). Cependant les alternances growl/chant clair sont les bienvenues pour se diriger au milieu de ces terres désolées et désabusées dans lesquelles Planks aime nous promener.

 

Ce qui rend cet album vraiment  intéressant et différent des précédents, c'est ce mélange rage/désespoir entremêlé, jamais loin l'un de l'autre au sein de deux titres voire dans un même morceau. Il est moins théâtral que son prédécesseur, plus authentique sur ses sentiments.

 

 

Moins immersif que Funeral Mouth mais paradoxalement plus mûr et plus réfléchit, Perished Bodies reste une vanité tout à fait respectable.

Ironiquement, Perished Bodies est le quatrième album du groupe dont le nom signifie planches. 4 planches, la fin semble donc inévitable, à moins que le groupe ne nous montre qu'une fois de plus , en tout cas dans le monde de la musique, la réincarnation et la résurrection  font partie du quotidien.

 

We miss you

photo de Al Maazif
le 11/11/2015

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