Psycroptic - The Inherited Repression

Psycroptic - "The Inherited Repression"
chronique Psycroptic - The Inherited Repression

Je ne sais pas ce qu’on donne à bouffer aux petits australiens, mais depuis de nombreuses années le pays des kangourous est connu pour nous pondre de bonnes grosses formations de tueurs ! Je ne vous ferai pas l’affront de remonter jusqu’à AC/DC, mais dans les groupes du moment me venant en tête il y a tout de même The Amenta, Parkway Drive, Blood Duster, Destroyer 666… Et bien entendu Psycroptic !

Depuis 2001, le style du groupe a évolué, s’est affiné; alors qu’on le caractérisait de Brutal Death technique il y a quelques temps, je pense que leur musique s’étend aujourd’hui au-delà de cette étiquette, réductrice et surtout erronée. Je n’ai pas suivi Psycroptic depuis leurs débuts et ne peux donc retracer précisément leur évolution ; mais je pense qu’on peut s’accorder à dire qu’ils ont pris un réel tournant lors du départ de Matthew Chalk (chanteur des deux premiers albums), remplacé par Jason Peppiatt en 2005.

 

Si le groupe a pu faire des erreurs par le passé, ils ont toujours su rester en tête de file. Et je peux vous garantir que The Inherited Repression n’est empreint d’aucune maladresse ! Le quartet nous balance 40 minutes d’un Death metal rageux, groovy, virtuose, voir même épileptique.

Malgré la puissance et la brutalité de leur musique, on n’est pas dans le Brutal Death grassouillet et guttural (d’où l’étiquette erronée). Ou alors disons que c’est l’un des albums les plus Thrash des albums de Brutal Death que j’ai pu entendre (gnéh ?!)… Les grattes ne sont pas sous-accordées, au contraire elles sont claires et très intelligibles, mais le travail de production a été suffisamment bien pensé pour qu’on garde tout de même cet effet de bloc. De plus, le mec est tout seul, ce qui pourrait être un désavantage puisque on n’a pas, de fait, cet effet de question/réponses qu’on peut retrouver chez la majorité de leurs confrères (je pense à Spawn Of Possession notamment). Mais son jeu est déjà assez alambiqué et sophistiqué pour ne pas avoir besoin de surenchère à ce niveau.

Pour le coup, Joe Haley nous prouve bien que Psycroptic est à la hauteur technique du reste de la scène. Mais il fait même mieux que ça : il est tout seul, le son de gratte est presque à contre-courant de ce qui se fait, et en plus de ça je trouve que son jeu respire bien plus le bon vieux Thrash que le Brutal-machintruc. Toujours avec la dextérité qui lui convient, il nous envoie des riffs catchy trempés dans un groove Thrash metal qui donne envie de ressortir la vieille veste en jean toute déchiquetée.

 

Tout le secret de la brutalité de Psycroptic réside dans le jeu du batteur, frère du gratteux au passage. Blood Duster, The Amenta, Aborted en live, autant dire que le bonhomme sait comment frapper vite et caller une descente de tom en ½ seconde. J’ai d’ailleurs carrément ressenti les similitudes avec The Amenta, notamment sur les plans les plus épileptiques ou lors des intro de double-pédale très indus dans l’esprit (« Forward To Submission », fin de « Unmasking The Traitors »). Le mec est une vraie machine de guerre, le son est très sec ce qui augmente cette impression de précision, les premières secondes de « The Throne Of Kings » sont juste dantesques.

Pour ce qui est de la voix, c’est pour moi l’élément le plus authentique et original du groupe. Le chant de Peppiatt est très écorché, hurlé du fond des tripes ; il n’est jamais guttural, au contraire il flirterait plus avec le black sur certains moments, mais globalement je lui trouve une sorte d’énergie très typé Hardcore. Il hurle ses textes, bien souvent teintés de convictions, ce qui amène une puissance presque militante à leur cause ; certains morceaux ayant des airs d’hymnes comme « Become The Cult » et son « Flame in hand, marching onwards » final.

 

Psycroptic déboule en 2012 avec un album monstrueux, d’une efficacité et d’un talent sans appel, qui devrait ravir tous les fans de Death metal. A se procurer les yeux fermés.

photo de Domain-of-death
le 30/05/2012

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