Rammstein - S/t

Chronique CD album

chronique Rammstein - S/t

Qu’attendre d’un monstre sacré comme Rammstein, dix ans après sa dernière sortie ?

Y’a-t-il même un intérêt à chroniquer les Germains alors que l’expérience Rammstein se vit surtout en Live ?

 

Et puis les cohortes de fans du groupe n’auront aucun besoin d’avoir un avis sur leurs messies allemands comme leur détracteurs affirmant que la formation est morte en 2004 avec la sortie de Reise Reise.

Pourtant le premier single, soutenu par une excellent clip (mais ça, on a l’habitude) nous avait émoustillés. D’un classicisme et d’une efficacité à toute épreuve, "Deutschland" synthétise en effet tout ce qu’on aime ou qu’on déteste du groupe. Riffs monolithiques, rythmique martiale, l’habituelle rengaine se dégaine. Refrain mémorisable même par ma fille de 10 ans, retour en force de l’électronique trèèèèèèèès vintage, chant triste et grave, le job est parfaitement torché.

Si l’apparemment inoffensif "Radio" (et très irritant) renvoie à Kraftwerk, ses paroles évoquent, elles, le temps pas béni de l’Allemagne de l’Ouest. Entre futilité et sérieux, le titre balance.

Le rayon des déceptions bien gonflantes a plus d’une corde à sa harpe. Le titre "Sex" est ainsi d’un vide total et intersidérale. Sorte de gros ragoût plus pataud que puissant, aux paroles bien débiles. L’influence pernicieuse d’Emigrate, l’autre groupe (mauvais) de Richard Z.Kruspe peut-être… D’ailleurs ce n’est pas un hasard si le skeud a aux manettes Olsen Involtini un des gratteux d’Emigrate

Le son apporte cependant un plus pour les nuances symphoniques de morceaux comme "Was Ich Liebe" et "Zeig Dich" qui amènent le nécessaire soupçon de nouveauté au skeud. Le clavier est également très bien produit tout au long de l'album .Ainsi des notes ​​inquiétantes survolent le très efficace "Zeig Dich". La mélodie de Flake nous enfonce aussi "Deutschland" dans le crâne et devient l’ossature de toute la chanson. Les touches d’électo dance de "Radio" montrent aussi que Flake s’est bien amusé.

Avec "Sex" déjà évoqué, "Tattoo" est en mode Leslie Nielsen. Autrement dit : Y’a-t-il un pilote dans l’avion ? tellement ce morceau est fait de remplissage. "Ausländer" frise également la caricature pour créatures de boite avec sa structure guimauve malgré un clip très sarcastique.

A côté de ce fatras se nichent toutefois des pépites. A commencer par le monstrueux et minimaliste "Puppe" ou Till se fait particulièrement dérangeant pour raconter ses horreurs. "Was Ich Liebe" est un bon rock indus dont l’ambiance oscille sans cesse entre mélancolie et sinistrose. "Weit Weg" nous transporte encore dans une autre époque, celle des débuts du groupe.

Les balades "Diamant" et "Hallowman" sont soignées et prouvent que les mecs savent encore composer.

 

Cet album n’est pas un réel pétard mouillé, mais pas plus un brûlot nourri au napalm.

Alors si cette chronique n’a qu’une seule finalité, ce sera au moins de justifier l’achat de mon premier tee shirt du groupe, bradé la semaine dernière sur un marché.

photo de Crom-Cruach
le 26/06/2020

1 COMMENTAIRE

Xuaterc

Xuaterc le 26/06/2020 à 13:03:13

Ouais, pareil que toi, deux trois très bons titres qui côtoient du remplissage pas toujours de première fraîcheur. Bref, de quoi renouveler les setlists live

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