((remote)) + Barren Womb - split

((remote)) + Barren Womb - "split"
chronique ((remote)) + Barren Womb - split

 

Je n’ai jamais pu m’empêcher de comparer les split ep à des assortiments de gâteaux apéritif. Le genre de truc dans lequel tu pioches allègrement sans trop t’en rendre compte alors qu’à coté de ça, les verres commencent à se vider sérieusement.  Le genre de truc qui tend également à manquer quand tu es enfin bourré comme un coing, ivre de petits biscuits au fromage pour crépir ton estomac malade. Oui, les gâteaux apéritif, c’est bon, ça accompagne bien les cuites, c’est varié et c’est convivial… Mais bordel que ça manque de consistance et de constance ! Rien de plus fourbe qu’un sachet de Curly qui te lâche au moment où t’en avais le plus besoin.

 

Aujourd’hui donc, dans le rôle de la Mini Pizza et Tuc sablé, nous avons les norvégiens de Barren Womb et les parisiens de Remote, frisant tous les deux l’anonymat (à ma connaissance). On peut aussi dire que les ingrats qui ont ramené ça à la soirée (le label norvégien The Perfect Hoax) auraient pu se montrer un poil moins radin : à peine 5 minutes de musiques pour les norvégiens (2 titres) et une longue piste de plus de huit minutes pour les français… Léger mais surtout vicieux, surtout quand c’est servi dans un format original (ouais, moi, j’ai jamais vu ça un disque de 8 pouces). Vicieux aussi parce que, comble de la mesquinerie, ce qu’il se passe sur les deux faces de ce disque est plutôt pas mal. En tout cas ça donne bien envie de se lâcher sur les alcools forts. Les gars de Barren Womb de leur coté officient dans le noise hardcore séminal et déluré.  C’est à dire qu’il s’agit de basse saturée, de rythmiques épileptiques, de chant braillé et de mise en œuvre faussement approximative. C’est super bien fait, entrainant, violent aussi, ça sonne comme on aime que ce genre de truc sonne, on pense pas mal à Capsule ou à un Breather Resist qui se serait arrêté à mi-course dans sa transformation en Young Widows… Rien à dire… Rien si ce n’est qu’une fois de plus l’alcool est monté bien trop vite par rapport à l’engloutissement des minis pizzas. Maintenant qu’on est tous bourrés, on a faim bordel de dieu ! Vite ! la face B !

 

C’est au tour des parigots de Remote (ils avaient pas de parenthèses sur leur patronyme eux avant ?!?) de s’essayer au remplissage de bide en un temps record et on sait déjà que quelle que soit la qualité de leur merdier, ils n’y parviendront très probablement pas… Surtout s’il est question de grindcore puisqu’à ma souvenance, c’est bien le style que le quatuor était sensé pratiquer. Et ben visiblement non : « Plagues and Rats » (sic) nous cueille avec une longue montée boueuse et dissonante faite de larsen et de breaks minimalistes, le tout à 10 bpm. Ça grésille comme ça pendant bien trois minutes avant qu’un véritable pattern rtythmique se décide à accompagner le maelstrom de grattes pour enfin déboucher sur le cœur de la chose à 4 :15. Ok, c’est du gros noise core moderne et rampant qu’on est en train de se manger. Bien dans la veine des trucs à la mode qui mêlent hardcore, noise, sludge et black metal (toi même tu sais), Remote nous envoie donc une compo noire, monolithique, tordue, qui s’étire, explose, retourne dans le chaos introductif pour en ressortir puis y retourner encore et en ressortir à nouveau. C’est prenant et finalement assez passionnant malgré ce cruel (mais carrément volontaire (je pense)) manque de structure. Je gaspillerais pas ma salive (ou les touches de mon clavier) pour décrire l’état de mon bide à l’issue de ces huit minutes mais ouais, je crois bien que j’ai rarement eu aussi faim de ma vie.

 

Allez ! cul sec !

photo de Swarm
le 21/03/2013

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