Ritual Carnage - The Birth of Tragedy

Ritual Carnage - "The Birth of Tragedy"
chronique Ritual Carnage - The Birth of Tragedy

Des CDs bradés pour 3 francs 6 sous (paie ton expression de vieux croûton!), des bacs regorgeant de trésors impatients de venir se nicher dans votre lecteur, des pochettes bien typiques du genre, des noms de groupes déjà croisés au détour de mags ou de webzines … On a tous acheté des albums improbables d’occase ou en solde. Core&Co profite de l’occasion (ouarf) pour vous livrer ses impressions sur des CDs qui n’auraient peut-être sinon jamais été chroniqués en ces lieux

 

Je fais des découvertes grâce aux soldes – épisode 8

 

Pour une fois, l’en-tête habituel des "chros d'occase" – qui évoque comme vous venez de le lire des « découvertes » – n’est pas réellement approprié. C’est que la discographie des samouricains de Ritual Carnage n’aura pas attendu mes multiples expéditions dans la jungle des bacs à soldes pour figurer en bonne place dans la liste des sucreries sur lesquelles je garde un œil. En effet, Osmose Productions oblige, l’existence de The Highest Law, premier opus du groupe, avait déjà été portée à notre attention via les médias de l'époque – peu nombreux, certes, mais actifs. Mais c’est surtout sa suite, Every Nerve Alive, brûlot thrash/death sorti dans les proches environs calendaires du Deathrace King de The Crown, qui nous aura assoupli durablement le portefeuille et la nuque.

 

Avec The Birth Of Tragedy, Ritual Carnage est définitivement de retour sur le champ de bataille du bon vieux thrash US – rendant pour le coup un hommage involontaire à un pays qui, par ailleurs, prend cher au sein des textes de cette 3e galette. Quand on se plonge dans un tel album en 2011, on a du mal à réaliser qu’il ne fait pas partie intégrante de la vague revival thrash qui continue encore et toujours de sévir, tant on y retrouve la ferveur, les gimmicks, le son un rien daté, les sprints déraisonnables et la hargne teigneuse du street thrash patché auquel nombre de jeunes loups anachroniques semblent avoir fait vœu d'indéfectible allégeance.

 

À vrai dire, outre cet ancrage dans un genre dont les platebandes ont été un peu trop piétinées ces dernières années (mais pour le coup on ne peut pas leur en tenir rigueur vu que l’album est sorti en 2002) le gros point noir de The Birth Of Tragedy tient dans le chant de Danny, son aboiement hyper monocorde aux forts relents de bitume HxCx étant franchement limité. S’il s’inscrit parfaitement dans les canons du genre et laisse filtrer des accents évoquant le Nasty Savage de Indulgence (notamment sur « The Sixth Sense »), ce chant étranglé façon Tom Araya à bandana lasse assez vite, et dessert par ailleurs salement la reprise finale de « Infernal Death » – hommage à un Chuck Schuldiner (leader de Death, jeune inculte) alors récemment décédé.

 

Le thrash de Ritual Carnage est donc majoritairement up-tempo, blindé des soli hystériques typiques du genre – mais pas particulièrement intéressants pour être honnête – et relativement simple. On pense à Slayer sur « Burning Eyes Of Rage », à Testament (un peu) et Anthrax (surtout) sur « Fall Of The Empire », à Metallica (au début) et Megadeth (ensuite) sur « Psycho Sadistic Psychosis »… Ainsi qu’à une version US de Headhunter (le side project de Schmier from Destruction) sur « Paradox Of Democracy ». C'est sûr, certains titres sont assez peu enthousiasmants. On oubliera ainsi assez vite ce « Paradox Of Democracy » sombre et plutôt mid tempo, tout comme un « Shroud Of Secrecy » peu inspiré et un « Sanity’s Thin Life » bas du front. A l’opposé par contre, les excès de vitesse et le tapping de folie de « The Birth Of Tragedy », le rapide et épique « Fall Of The Empire » ainsi que l’accrocheur et speedé « Dawn Of Decadence » vous mettront le jouissomètre en ébullition.

 

Bref, cet album aura de quoi contenter les insatiables thrash freaks dont la gloutonnerie n’aura pas été rassasiée par les assauts répétés des légions de jeunes dévots déversant dans nos platines leurs chapelets de prières à la gloire de la Sainte Bay Area. Ni exceptionnel, ni médiocre, The Birth Of Tragedy a tout ce qu’il faut où il faut, et par dessus tout la flamme – de celle qui caractérise les groupes formés de fans hardcore de metal. En gros vous pouvez y aller tranquillou, cette came s'ingurgite avec la même aisance qu'une Christine Bi engloutit les hosties…

 

PS: la version digipack de l’album est censée contenir les titres bonus « Evil Will Avenge » et « Dialouge Of Bullets », mais ce n’est pas le cas sur mon exemplaire?!! Serait-ce le « 2e effet crise (économique) cool »?

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: un fervent et sympathique hommage au thrash Bay Area, des années avant la mode retro-thrash.

photo de Cglaume
le 13/11/2011

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