Russian Circles - Memorial

Chronique CD album (36:59)

chronique Russian Circles - Memorial

 

On a tendance à l’oublier mais Russian Circles tisse sa toile depuis déjà 9 ans (ou seulement que 9 ans, c’est selon). Longtemps planqué derrière l’imposant pack de premières lignes du style, Russian Circles est pourtant un groupe de mêlée. Des ronfleries post metal du début, le trio de l’Illinois a toujours su garder cette dose de puissance raffinée et atypique tout au long de son parcours. Loin des line up’s à rallonge, le combo se limite, s’impose même de garder cette immédiateté propre aux trios. Et ce même sur les albums que l’on pourrait considérer comme les moins réussis. Alors quand débarque Memorial, dernier en date, ce constat ne fait que ressurgir comme une évidence : Russian Circles, plus qu’un faire valoir, fait partie de ces rares groupes à plaquer n’importe quel assaillant au sol sans cravate. Oublié le fantomatique Empros, place désormais aux délicieuses engelures que propose ce Memorial tout en stalactites bruitistes. Winter is coming.

 

Renouvelant sa confiance à Brandon Curtis (pourtant pas le mec le plus metalleux de la planète), Russian Circles démontre une nouvelle fois sa capacité à muter sans pour autant se renier. Même veine, autres inspirations. On pourrait limiter le tout à un amalgame de post metal shoegaze-isant. Mais la force des trois de Chicago ne se résume pas ici à cela. Memorial fait dériver l’iceberg entre des pôles tantôt recouverts de neige cotonneuse tantôt de glace écrasante. La production, léchée et étonnamment naturelle fait ressortir avec brio toute cette maitrise du permafrost sonore. Même un mur au Nord ne pourra barrer la route à un tel déluge de froid.

 

Le froid brûle parfois, engourdi parfois mais fascine ici à tout moment. Jamais monobloc, Russian Circles réussit le tour de force de s’émarger des efforts du moment sans pour autant dénoter. Vive le glagla.

 

Bouclant la boucle par un final éponyme « Memorial » à faire chialer dans les igloos, le combo enrhume à avoir tant soufflé le blizzard et tempête. Il n’a jamais autant été si bon de se faire geler les miches. Ne mets surtout pas ta cagoule.

photo de Geoffrey Fatbastard
le 29/11/2013

1 COMMENTAIRE

Geoffrey Fatbastard

Geoffrey Fatbastard le 29/11/2013 à 11:15:54

#66

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