Zmey Gorynich - Чёртовы Пляски (Devilish Dances)

Chronique CD album (38:01)

chronique Zmey Gorynich - Чёртовы Пляски (Devilish Dances)

Si vous avez aimé Police Academy 4, vous savez pertinemment que vous aimerez le 5. C’est logique, limite mathématique: la recette est reprise à l’identique. Et c’est la même pour Zmey Gorynich: si vous avez aimé Mother Russia, vous aimerez tout autant Чёртовы Пляски (ou Devilish Dances si vous préférez: perso je le prononce mieux). Parce que le groupe ne trahit ses fans ni ne farfouille dans d’autres directions musicales. On retrouve donc ce Metal extrême frénétique et frapadingue à mi-chemin entre Trollfest et One Step Beyond, étroitement mêlé à une version russophone de Kontrust. Les cavalcades furieuses alternent avec les ritournelles typées « c’est la fête au kolkhoze », les mosh parts pour Deathcore-freaks cohabitent avec des nawakeries légères, et les décélérations doomeuses compensent d’amples nappes de synthé aux couleurs occasionnellement symphoniques. Et histoire de bien coller jusqu’au bout au premier album, Чёртовы Пляски propose lui aussi 2 covers, l’une de The Prodigy (avec un « Voodoo People » pas mal du tout), et l’autre de Jennifer Lopez (« Dance on the Floor », qui m’aura appris que la diva des clubs n’hésite pas à piller la Lambada pour arriver à ses fins commerciales).

 

Accordéon, mais également flûtiau, cornemuse, balalaïka, violons et autres joyeusetés au son plus ou moins synthétique (limite Playskool parfois) assurent à nouveau la dimension « Folk » de la chose, tandis que la batterie tartine des tempos soutenus, les guitares balancent des riffs brûlants et shrieks’n’growls tiennent éloignées les babouchkas de passage. Légère évolution quand même: la dimension vaguement Djent qu’on pouvait déceler parfois sur les sorties précédentes est cette fois définitivement enterrée.

 

Les meilleures pioches de cette nouvelle fournée sont le morceau-titre, qui développe une bonne accroche et est caractéristique de la personnalité du groupe, « Матрёшкинъ Попъ » (« Russian Doll’s Pop »), particulièrement furieux, et dont le refrain facile se fait vite une place dans la caboche, « Капель » (« Drip-Drop ») qui, malgré un côté pompier parfois un peu trop prononcé, nous ravit quand il déchaîne la double et un raz-de-marée guitaristique en support de la chanteuse, et enfin « Дѣдъ Морозъ » (« Grandfather Frost ») qui latte à fond les ballons tout en réservant un max de mini-apartés Nawak, notamment sur la fin. Bien que cela ne gâche pas vraiment le paysage, on comprend un peu moins l’intérêt d’un « Кузькина Мать » (« Kuzka’s Mother ») qui ne décolle que tardivement du registre Cannibal Corpse. Et pour la petite histoire on pense plus fort que jamais à Russkaja sur « Э-ге-гѣй! » (« Oho-ho! ») dont le refrain donne l’impression d’entendre les « Tanzi Tanzi Tanzi » du très bon Energia!.

 

Alors c’est sûr, l’effet de surprise n’est plus là, et on les connait déjà les ficelles de ce show exubérant. Mais les Russes réussissent à nouveau à nous communiquer leur enthousiasme bouillonnant. Du coup on se reprend un shot de vodka pour fêter ce 2e épisode à la hauteur de nos attentes, et en route pour St Peter-ce-boulard! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: on prend les mêmes et on recommence! Tout comme Mother Russia, avant lui, Чёртовы Пляски mélange Death, Black, folklore russe et humeurs Nawak pour un résultat se situant quelque-part entre Trollfest, Kontrust et Russkaja. Si ni la vodka, ni le growl rigolard, ni les kermesses slaves ne vous rebutent, jetez-y vite une oreille bienveillante!  

photo de Cglaume
le 12/08/2020

8 COMMENTAIRES

8oris

8oris le 12/08/2020 à 11:24:30

Cet album! C'est juste monstrueusement n'importe quoi! Il y a un côté Disney OST qui est particulièrement magique! Merci pour la découverte.

cglaume

cglaume le 12/08/2020 à 15:48:52

Je recommande aussi tout particulièrement le premier EP, également chroniqué sur le site :)

nipalvek

nipalvek le 13/08/2020 à 14:44:45

C'est cool que le côté djent à disparu. Je l'écoute en boucle depuis ce matin, c'est un sacré shot de bonne humeur. Par contre, ca veut dire quoi le côté pompier?

cglaume

cglaume le 13/08/2020 à 17:37:03

Ici pompier = "pas fin" (les dicos diront plutôt "Qui est à la fois démodé, banal et ridiculement emphatique"... M'enfin là je voulais dire "pas bien fin" et pis c'est tout :P )

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 14/08/2020 à 20:32:16

Y'a du Trollfest , y'en a...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 14/08/2020 à 20:44:52

C'est classe.

nipalvek

nipalvek le 15/08/2020 à 03:40:39

Ok, je sortirais cette réplique dans les soirées mondaines

Jor

Jor le 18/08/2020 à 02:47:31

Effectivement un peu moins l'effet de surprise que le précédent, mais bordel, que c'est bon malgré tout! Un metal fou, joueur et jouissif, qui ne lésine pas sur l'agression ou la technicité (les zicos sont quand même de bonnes brutes), ça fait bien plaisir et ne court pas tant les rues que ça!

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements

  • Winteriip II - Metal Hardcore Festival à Tours le samedi 18 Décembre 2021