Russian Circles - Empros

Russian Circles - "Empros"
chronique Russian Circles - Empros

 

Double chronique pour cet album de Russian Circles ! On démarre par le texte de Refuse to Keep Silent, et plus bas vous trouverez celle de Toukene !

 

La Chronique de Refuse to Keep Silent :

 

Trio post-métal de Chicago, Russian Circles sort avec Empros son quatrième et "heaviest" album, et joue une musique lourde, à la fois massive et mélodique, parfois intéressante bien que dénuée de chant sauf sur l'ultime morceau, le posé et délicat "Praise be man".

 

Sur les cinq autres plages, les guitares, plombées, et une rythmique leste se taillent la part du lion et brodent des trames diverses, qui font regretter l'absence de voix. Russian Circles sait se montrer imaginatif et fait des clins d'œil au métal d'antan avec réussite ("309"), et fait cohabiter mélodie et vigueur "pataude" avec panache, arrivant à intéresser même sur les formats les plus audacieux. Intense, l'œuvre en présence rappelle Godflesh ou Neurosis mais porte une identité propre, qui serait plus accrocheuse encore avec une voix... Tout en s'en passant sans réel dommage.

 

A l'arrivée, on tient donc un Empros digne d'écoutes plurielles, qui risque de lasser par son côté exigeant et quasi uniquement instrumental, mais porte en lui un pouvoir de persuasion certain, que les Chicagoans peuvent encore accentuer à l'avenir en osant la chansonnette.

 

Sa note : 6/10

 

 

 

La Chronique de Toukene :

 

Après des années d'inondations sonores, les labels semblent de moins en moins enclins à nous proposer du post-rock (dans son étiquette la plus large) instrumental.

Faut dire que le public s'est lassé, que les groupes se sont relâchés et que l'argent venait à manquer... Sauf que...

Sargent House a dans son catalogue deux groupes proches d'avoir sorti l'album de l'année 2011 dans cette catégorie.

Inutile de revenir sur le flamboyant "Gangs" d'And so I watch you from afar que Geoffrey FatBastard nous a présenté.

 

Par contre, "Empros" de Russian Circles n'avait pas encore eu la critique qu'il méritait : l'erreur est réparée.

 

On ne doute plus du talent des américains, mais ils semblent en délivrer un peu plus à chaque nouvelle sortie. Cela s'annonce avec "309" : plus sombre, avec une guitare frémissante et une batterie inquiétante de nervosité.

Toujours aussi capables de créer des morceaux de 8 minutes sans tomber dans le style prog pompeux, on découvre les 1001 visages de R.C à chaque piste. Le ton est donc rapidement donné avec une basse imperturbable de lourdeur aux côtés d'une guitare qui navigue entre ambiances aériennes et décadence.

 

Défiant les amoureux des étiquettes, le trio s'efforce de mêler les genres à ses titres basculant sans gêne du post-rock léger aux rythmiques métal de fin sur "Mlàdek". On retrouve des accents poético-lyriques proches de ce qu'aurait pu faire Mono, dans un "Schiphol" à la 2e partie monumentale.

Ce post-rock bruitiste/noisy comparable à celui des japonais peut se retrouver sur "Praise be man".

 

Toujours enivrant, "Atackla" réussit, avec une étonnante simplicité, à nous balader là où d'autres auraient mis des moyens considérables. Le côté brut de la formule à trois fonctionne à merveille avant que la boucle sur "Batu" ne nous fasse tourner la tête une dernière fois.

 

On ne retrouve plus la même explosivité que sur certains morceaux d'"Enter" ("Carpe" ou "Death rides a horse"), le virage entamé par "Station" et "Geneva" étant confirmé.

Tout parait si simple, si logique, qu'on se demande pourquoi d'autres ne l'ont pas fait avant. La réponse est toute trouvée : ils n'avaient pas le talent de Russian Circles.

 

Sa note : 8,5/10

 

Soit : (8,5+6)/2 = 7,25/10 !

photo de Tookie
le 06/12/2011

1 COMMENTAIRE

Sam

Sam le 06/12/2011 à 10:46:50

Refuse to Keep Silent, connais-tu un peu la discographie de Russian Circles? "Geneva" (il manque à la disco!) est un masterpiece du genre, et ce même s'il s'agit de "musique instrumentale" (ho le gros mot!). Nan mais franchement, à te lire on dirait que tu viens de découvrir un groupe sans chanteur (tu en parle quand-même 4 fois dans tes 3 petits paragraphes). La musique se suffit à elle-même, pour Russian Circles, et pour la flopée d'autres groupes qui sont dans le même cas, tous style confondus. Le seul point où je suis d'accord, c'est avec ta note, car je suis moins emballé par "Empros" que par "Geneva", voir aussi par "Station".

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