Salving Thy Amiss - Our Sons; Heart-Rending Stories From Babblers.

Salving Thy Amiss - "Our Sons; Heart-Rending Stories From Babblers."
chronique Salving Thy Amiss - Our Sons; Heart-Rending Stories From Babblers.

J’ai beau chercher un qualificatif, une définition, voire une métaphore pour tenter de vous introduire ici la dernière salve de Salving Thy Amiss. Mais je ne ferai pas mieux que le sieur Toukene : «  Salving Thy Amiss est cette personne qui vous attrape par le col de chemise, vous secoue comme une boîte de Knacki balls, vous hurle dessus en postillonnant de l'acide ou vous susurrant d'un air inquiétant ». C’était à propos de Amid all this mess, a weak splendour! , précédent opus des parisiens et force est de constater que Our sons; heart-rending stories from babblers se charge d’en remettre une couche.

 

Beaucoup plus abouti que ses prédécesseurs, Our sons… est un être assez déroutant, tant par ses expérimentations et son côté parfois très démonstratif. Ni grind, ni metal, ni hardcore, ni nawak metal (comme le nomme aussi bien Cglaume – cette chronique se transforme en tribute COREandCO, faut se calmer, là !), il faut plutôt chercher chez des défricheurs tels que The Dillinger Escape Plan, Botch ou Mike Patton (et donc sa clique de Tomahawk et Mr. Bungle) pour tenter d’y voir quelque influence. Vous l’aurez compris, le paysage de Salving Thy Amiss est aussi bizarre que chargé. Mais pas dénué d’intérêt non plus.

 

Oscillant entre trépidations frénétiques (grind quand même), riffs cascadeurs (metal quand même), passages bruitistes en rupture (hardcore quand même) et palpitations emo dissonantes, le groupe nous emmène dans des contrées trippées et trippantes (nawak quand même), pour peu qu’on daigne oublier le guide protocolaire du metal à papa. Moins technique qu’un pur groupe de mathcore, Salving Thy Amiss sort tout de même des titres d’une complexité à faire pâlir un doctorant en physique quantique.

Vous allez vous dire, ça doit quand même filer la gerbe, 20 riffs/minute, tout le temps à balle et puis je n’aime pas les montagnes russes sans ceinture de sécurité.

Sauf que Salving Thy Amiss sait aussi mettre un peu de finesse là-dedans. Cela coïnciderait alors avec le fait de monter dans ces montagnes russes avec une de barbe à papa à la main. Car oui, il y a du chant clair, enfin pas crié quoi (parce que le nombre d’effets utilisés mériterait que le groupe soit endorsé par Thomann) et donc des mélodies aussi. Un peu à la manière de ritournelles pour pantins désarticulés, rappelant vaguement Vision Of Disorder ou même To Learn (je ressors encore cette référence, à croire que ce groupe a été marquant), les passages mélodiques, comme autant de subtils virages avant le grand huit annoncent le calme avant l’orage. Une poussière peut se mettre dans l’engrenage pour enrayer cette savante mécanique en l'air. Sauf, que l’on ne sait jamais quand ; ne cherchez même pas à calculer.

 

Quasi surréaliste dans son interprétation, Our sons… est un objet aussi hybride que singulier. Entre chaos hypnotique et transe épileptique, le cocktail de Salving Thy Amiss n’est pas de ceux que l’on peut mettre entre toutes les mains. Lourd, pimenté, acide et grisant, Our sons… titille l’estomac, cherchant toujours plus loin ses propres limites ainsi que celles de son auditoire.

Chting ! Le manège se termine, vous pouvez reprendre une vie normale.

photo de Geoffrey Fatbastard
le 27/07/2012

2 COMMENTAIRES

Tookie

Tookie le 27/07/2012 à 09:59:54

J'aime être [même partiellement au point de pourrir la phrase] cité. :p
Sinon, ouais, cet album est un sacré bordel, mais un beau bordel bien rangé et bien foutu.

cglaume

cglaume le 28/07/2012 à 08:46:25

Nawak ? T'as gagné: je vais écouter ça tiens ! :))

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