Seth - La Morsure du Christ

Chronique CD album (44:29)

chronique Seth - La Morsure du Christ

Après un cycle rendant hommage au Blessures De L’Âme, son album culte de 1998, dont je vous touche deux mots ici, Seth continue sur sa lancée nostalgique, mais en se tournant aussi vers le futur avec La Morsure Du Christ, son sixième opus. Ce dernier, de l'aveu même du groupe représente un conscient retour au son et à l'esprit des Blessures De L’Âme (qui sont éternelles, faut-il le rappeler?). Après plusieurs écoutes, je peux affirmer que le groupe a aisément relevé le défi. Bien-sûr, vingt ans ont passé, le line-up a grandement évolué (seuls Asvild et Heimoth sont encore présents). Non seulement le groupe bordelais a puisé son énergie créatrice dans son œuvre originelle mais également dans l'incendie qui a ravagé la cathédrale de Notre Dame à Paris. D'ailleurs, La Morsure Du Christ sort deux ans, jour pour jour, après le funeste événement, qui illustre la pochette de l'album.

 

Dès les premières notes, le son nous replonge dans la fin des années 1990, quand Seth faisait partie des précurseurs du Black Metal français. Il est aidé en cela par la production idéale du Studio Sainte Marthe (j'apporterai un petit bémol sur la caisse claire qui parfois sonne de manière un peu trop sèche à mon goût). La grande intelligence de l'album est de replonger dans l'esprit des Blessures De L’Âme sans pour autant verser dans le plagiat stérile : par exemple, clairement, l'intro de « Sacrifice de Sang », ou bien celle de « Les Océans Du Vide » auraient pu figurer sur son premier opus. Constamment, l'auditeur balance entre brutalité et mélodie, modernité et nostalgie. Cet aller-retour permanent entre passé et présent s'illustre, entre autre par l'emploi pour les textes de vers en alexandrins. D'ailleurs, il faut saluer le travail derrière le micro de Saint-Vincent qui apporte au groupe un côté théâtral qui lui faisait défaut jusqu'à présent. De plus, les orchestrations qui parsèment le disque sonnent plus naturel, un peu moins kitsch (il me semble avoir lu à l'époque qu'Heimoth n'était pas satisfait de la production des Blessures De L’Âme).

 

L'« Hymne au Vampire (Acte III) » est la suite parfaite, à la fois respectueuse et moderne, des deux premiers actes enregistrés en 1998, et dont le second était sous-titré de manière prémonitoire « vers une nouvelle ère ». Le groupe propose ici la quintessence du mal, du « Metal Noir », le fruit du travail acharné de musiciens sûrs de leur fait, qui arrivent à raviver plus de vingt ans après l'esprit qui habitait l'entité Seth, sans naïveté. L'album est disponible chez son label historique, Season Of Mist, avec les soutien de LADLO, en de nombreuses versions (j'en ai dénombré seth, euh sept) dont une édition limitée incluant entre autre une boîte d'allumettes, un sac plastique contenant les cendres du blasphème ainsi que deux titres bonus, des relectures orchestrales et instrumentales de « Les Océans du Vide » et de « Sacrifice de Sang » plutôt intéressantes.

photo de Xuaterc
le 03/06/2021

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