Slave One - Disclosed Dioptric Principles

Slave One - "Disclosed Dioptric Principles"
chronique Slave One - Disclosed Dioptric Principles

Quand on parcourt le CV de Slave One, et ce faisant que l'on découvre sa déclaration d’intention, ainsi que la liste des divinités dans les temples desquels le groupe a l’habitude d’aller déposer ses offrandes (Death, Atheist, Cynic, Necrophagist), on se pourlèche les babines en imaginant qu’on va sans doute avoir là l’occasion de présenter un nouveau camarade de jeu à Fractal Universe, consolidant par là même les effectifs de la pépinière du Techno-Death français qui bute... Sauf que, bam: « Deus Otiosus » nous accueille en compagnie de Baloo et Shere Khan dans une jungle tapissée de didgeridoo et de chant féminin arabisant. Groumpf? Pour peu on aurait l’impression d'entendre une reprise du « Two Sides » de Clawfinger par les Ethno-Modern Deatheux de Human Fate! ... Et ma foi, vous me direz, c’est très sympa comme surprise, même si on s’attendait plutôt à une bonne vieille volée de bois vert technico-virtuose!

 

Sur Disclosed Dioptric Principles, Slave One se plait ainsi à tisser le fil rouge d'une thématique « world » discrète mais récurrente, tantôt via une injection de chant shamanique (cf. « For Shiva Whispered the Universe »), tantôt via un break boosté aux percu’ (sur la superbe outro « Degenesis »). Et c’est un choix aussi pertinent que sexy, la sophistication froide du Death technique que – finalement, eh oui – le groupe s'avère nous offrir bénéficiant avantageusement de ces pauses plus reposantes, plus colorées, plus sensuelles, lors desquelles on abandonne un instant le fil du rasoir pour le fil, plus rafraîchissant, de l’eau coulant dans ces précieuses oasis de verdure.

 

Disclosed Dioptric Principles, qu'ils nous disent donc, intentionnellement. Car ce titre froid et hermétiquement scientifique annonce clairement la couleur. A l'image de Carcass, qui a eu un temps pour habitude d’annoncer la boucherie à venir via des noms d’albums fleurant bon l’autopsie méticuleuse et la trépanation académique, nos petits Frenchies semblent vouloir décliner l’exercice dans le domaine de l’optique de pointe, histoire de montrer que le Death qu’on va se prendre sur le coin de la trogne est débité au médiator-laser. Quoiqu’un rapide coup d’œil à la tracklist nous apprenne que ce thème n'est a priori nullement filé le long d’un concept album traitant de fibre optique et de cyber-mirettes, le groupe s’intéressant tout autant – si ce n’est plus – aux mythologies et autres liens métaphysiques liant l’Homme aux astres (... rassurez-vous: on ne sombre pas non plus ici dans l'Elizabeth Teissier Metal).

 

Mais dites: et si, après 3 paragraphes de blabla – oui je sais –, on commençait réellement la chronique? En commençant notamment par vous dire qu’au-delà des références citées en tout début d'article – références pas forcément faciles à identifier au sein des 7 compos de ce 1er album –, ce qu’on retrouve fréquemment sur ce premier album c’est la justesse de twins rappelant les excellents Gorod, notamment à l’époque où ils officiaient avec Guillaume au chant (cf. « For Shiva Whispered the Universe », le début de « Liquid Transcendental Echoes »…), ainsi que Pitbulls In the Nursery (... sans toutefois le côté « Modern » de celui-ci). Cela n'empêchera toutefois pas la constitution d'une liste de reproches adressées au groupe contenant une remarque désobligeante quant à la monotonie du champ monocorde de Julien (un hommage à Necrophagist peut-être?), ainsi qu’une autre fustigeant un certain manque de fluidité et de cohérence globale qui nuit un peu aux 2 premiers morceaux de l’album. On regrettera encore le côté un peu trop artificiellement « sandwich » de « Aeon Dissonance » – qui place une grosse tranche de Death relativement rugueux sans transition entre 2 tranches de guitare atmosphérique et légère –, ainsi que quelques longueurs entachant un brin les 11 minutes et demi de « Liquid Transcendental Echoes ».

 

M’enfin une fois cette liste close, le stock de bile se retrouve complètement à sec. Et il ne reste plus qu’enthousiasme, miel et vahinés peu habillées pour vous dépeindre le reste d’un album qui offre à l’amateur de Metal hyper léché et ambiancé de bien belles choses. Mention spéciale à « Obsidian Protocol Achievement » et ses twins enchanteresses, qui nous transporte dans un univers qui, ici aussi, n’est pas sans rappeler celui de Gorod. Mention également au très bon « For Shiva Whispered the Universe », à l’imposant refrain mystico-spatial de « Aeon Dissonance »… Ainsi qu’à tout le reste de la tracklist, en fait!

 

Du coup il semble bien que ce soit un nouvel oisillon à la déjà belle envergure qui vienne d’éclore dans le grand nid du Tech-Death hexagonal. Et l’avenir semble radieux pour nos amis… D’autant que ne dit-on pas que le monde appartient à ceux qui Slave One? (...ou « tôt », peut-être. M’enfin cela ne change pas le fond du propos...)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: nouvel arrivant dans l’univers bouillonnant du Technodeath français, Slave One marie à merveille la flamboyance mélodico-twinesque de Gorod et l’audace de Pitbulls In The Nursery à de riches ambiances world-mystico-spatiales. Si si. L’investissement est donc chaudement recommandé!

photo de Cglaume
le 10/05/2016

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