Sons Of Secret - French Cuisine

Chronique CD album

chronique Sons Of Secret - French Cuisine

Et un de plus! Avec Sons Of Secret – straight from downtown Troyes – le bestiaire « metal barré » hexagonal s’enrichit d’une nouvelle troupe de joyeux énergumènes. C’est que, quand on fait le compte, ça commence à en faire des combos déglingos par chez nous! Cette fois cependant, il n'est pas question de l’un de ces apôtres de Mr Bungle qui melting-potise à tout va en plaçant le bon vieux metal des familles sur un pied d'égalité avec le tango-musette ou le techno-reggae. Non: sur French Cuisine, les Fils du Secret plantent le pied bien solidement en terres thrash/death old school (pensez Xentrix, pensez old Loudblast) mais néanmoins mélodique, et sur ces solides fondations nos cuistos électriques bâtissent leur restaurant en usant d'un ciment "fusion" (pensez Mordred, pensez Infectious Grooves) qui permet d’injecter à leur tambouille une grosse louche de pieds de nez et de hors-sujets caractéristiques du microcosme nawak metal. On pourrait dès lors être tenté d'évoquer le souvenir de Carnival in Coal… Oui, mais non: Sons of Secret joue quand même une division en-dessous. Le parallèle le plus pertinent qui me vienne à l’esprit les rapprocherait plutôt de Caligula, le ratio metal / délire à l'œuvre ici étant à peu de choses près le même que sur le dernier opus des belges.

 

... Mais la comparaison ne s’arrête malheureusement pas là, puisque les 2 groupes ont également en commun :

- un chanteur quelque peu limité, le voix de « The Muscle » (si si) trahissant entre autres des intonations sentant un peu trop le sandwich "cornichons / calendos"

- un son globalement assez éloigné des standards « pro » et des attentes actuels, ce qui contribue malheureusement à accentuer les quelques maladresses qui émaillent certaines compos

 

Diantre, tout cela ne commence pas sous les meilleurs auspices! Pourtant, une fois abstraction faite de ces défauts un peu rebutants au premier abord, les fourneaux de cette cuisine s'avèrent receler d'alléchantes mixtures. OK, on n’est pas chez Marc Veyrat ou Joël Robuchon, et il y a de fait à boire et à manger ici. Mais l’un dans l’autre, si l’on ne s'attache pas trop à analyser au microscope les fonds de marmites, on ressort plutôt satisfait de cet album dont – chose pas toujours acquise d’avance – chaque morceau est un mets à forte personnalité développant ses propres arômes. Cerise sur le gâteau, une bonne poignée de ceux-ci vous restera même en bouche bien après que la digestion ait fini son œuvre. Miam...

 

Si l’on devait ne retenir que quelques éléments caractéristiques du happy cooking metal de Sons Of Secret, on évoquerait les fréquentes incursions de grattes funky tout en effets wahwah-pouëtpouët, une basse aux joues roses et rebondies, ainsi que de sympathiques pointes de synthé, de piano rock et de chant féminin. Et puis bien sûr ces bouffonneries décalées qui truffent les titres de débrayages improbables où sont entonnés des « What would ya do babe ? », des « Mon amour, oh vamos à la playa » ou encore des « Café au lait pouwh vous » (« French Lova », ou la version metal de « Amour à la Française » des Fatals Picards) qu'on n'avait pas forcément vus venir. Allez, allons à présent grapiller de-ci de-là dans la tracklist, histoire de vous faire humer le fumet de cette folle cuisine… Tiens, une intro? Ouaip, et plutôt réussie pour une fois d'ailleurs, les accents Danny Elfman-iens de « Bad Movie Scene » étant assez chouettos. Maintenant passons à « Hell & Back : The Dead City » pour voir: chouette démarrage, développement à la Paradise Lost période Draconian Times, break Infectious Groovesque, gros mosh coreux, accélération thrash old school, refrain aérien et mélodique qui reste dans le crâne… Tous les éléments s’emboîtent avec fougue et naturel, comme papa dans la voisine! Certes, pour le pire on se retrouve quand même avec un « Vendetta » assez naïf (qui démarre sur le riff de « Sous le Soleil de Bodega » des Négresses Vertes!?) et un « Hebephrenia » assez insupportable, du fait d’un refrain dégoulinant et d’une repompe flagrante du riff du « Antisocial » de Trust. Pour le meilleur par contre, outre « Hell & Back : The Dead City », on s’éclatera sur les contrastes judicieux de « French Lova », ainsi que sur l’excellent « Sun Of The Beach », efficace et varié en diable.

 

Si Sons Of Secret n’a pas encore le niveau – cf. la finition des compos, le son, le chant – pour rivaliser avec les Carnival in Coal, 6:33, Pin-Up Went Down ou Vladimir Bozar, il sait cependant combiner ses idées – aussi hétérogènes soient-elles – avec adresse et à propos, pour accoucher de morceaux racés et accrocheurs. Le futur semble donc riche en promesses d'étoiles Michelin pour nos apprentis maîtres queux. En tout cas, si vous avez besoin de toujours plus de metal bariolé pour pimenter votre quotidien, ce French Cuisine n’est clairement pas le mauvais cheval (de Troyes, arf!)

 

 

 

 

La chronique, version courte:  une nawakerie plus franchement orientée metal que beaucoup de ses congénères, encore un peu amateur sur la forme, certes, mais franchement sympa sur le fond.

photo de Cglaume
le 30/11/2011

3 COMMENTAIRES

Ukhan Kizmiaz

Ukhan Kizmiaz le 30/11/2011 à 12:21:51

Toi t'as trouvé un créneau hein dis, hein dis, hein dis !!!
Me demande si Glory Pok existe toujours...

cglaume

cglaume le 30/11/2011 à 12:23:52

Glory Pok: nom de Zeux faut que je checke ça ce soir moi !!

cglaume

cglaume le 30/11/2011 à 12:29:05

de "ZeuS" par Toutatis !

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