Sunn o))) - Domkirke

Sunn o))) - "Domkirke"
chronique Sunn o))) - Domkirke

Toute la discographie de Sunn o))) ne m'est pas abordable au même titre que ce cérémonial Domkirke ou encore le complet et magnifique Monolith and dimensions peuvent l'être. Les débuts du groupe tendent vers du noise, de l'ambient, et évidement du drone. Musicalement parlant, je ne peux pas me vanter d'être à l'aise avec ces genres. Cependant, ce Domkirke a dévoilé une facette jusque là inédite du groupe. Cela est peut-être du à la participation d'Attila Csihar (Mayhem, Void ov voices et une foultitude d'autres projets), chez qui les thèmes de religions sont assez récurrents.

 

Car nous pénétrons là dans une cérémonie des plus austères et des plus puissantes, incarnées au coeur de la cathédrale Norvégienne de Bergen, Domkirke. Le thème abordé remonte au plus profond du moyen âge, celui des périodes de famines, de maladie, de désespoir et de terreur face à l'obscurité de ce monde. Pour courronner ce tableau sinistre mais majestueux, ce sont des thèmes repris des chants grégoriens de l'époque, c'est à dire les premiers temps de l'âge Gothique, qui composent les quatres mouvements de cette prestation. L'orgue, celui de l'église, y tient une place magistrale, déployant ses nappes dans le premier mouvement. La lenteur propre à Sunn o))) lui permet de prendre encore plus d'ampleur.

 

Mais dès le deuxième acte, l'on retrouve les bourdonnements caractéristiques du groupe de Seattle, accompagné aussi d'un trombonne (qui sera mis à l'honneur dans l'album suivant, Monolith and dimensions). Le thème principal du premier mouvement y sera également repris, découlant de trois notes résignées et magnifiques. L'acte suivant tombe encore plus bas dans les dissonnances stridentes accompagnées de basses d'outre-tombe, et c'est dans le dernier acte que le tout se synthétise, toujours en pénétrant une obscurité de plus en plus dense. L'atmosphère est lourde, implacable, et surtout, pleine de dévotion. Les vocaux d'Attlia alternent entre un chant grégorien, une voix de serpent et quelques cris propres au Black metal. Comme à chaque fois, le charisme du personnage transporte l'oeuvre à un degré supérieur.

 

On notera cependant qu'Attila ne chante pas toujours juste, et le trombonne semble hésitant sur certains passages. Cela ajoute pourtant un cachet organique à l'oeuvre, quelque chose de très authentique. Le parti pris de la cathédrale et des thèmes grégoriens forment un concept que Sunn o))) a su adopter pleinement, ce qui prouve qu'ils sont bel et bien des musiciens accomplis, en plus de maîtriser des sonorités expérimentales.

 

Mes superlatifs en font peut être un peu trop, mais j'aurai grandement aimé me trouver parmi le public applaudissant la fin de la prestation ce soir là, et cette foutue question me taraude encore : comment une telle formation a t-elle pu trouver le moyen de se produire au coeur d'une cathédrale ? A ce moment même je m'imagine la tête de porc empallée sur le pied de micro d'Attila durant les prestations de Mayhem... Si entourloupe il y a eu, alors les dignitaires du monument écclésiastique se sont bien fait berner, et il y aurait donc de quoi rire.

 

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photo de Carcinos
le 13/04/2014

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