The Chorizo Vibes - Flying HDD

Chronique Maxi-cd / EP (19:04)

chronique The Chorizo Vibes - Flying HDD

Le Nawak Metal est sans doute l'expression la plus pétulante du métissage musical: de la Fusion poussée dans ses derniers retranchements, avec des calembours de mauvais goût et/ou des galipettes décalées pour bien enceriser le gâteau par en-dessus. Alors tant qu'on y est à faire tomber les frontières artistiques, autant en faire de même avec leurs équivalents géographiques. C'est manifestement la mission que s'est assignée The Chorizo Vibes. Ou du moins c'est ce que j'ai pensé en découvrant le clip ci-dessous, dans lequel un groupe japonais au patronyme passablement ibérique se lance dans des Bollywooderies fantasques:

 

 

Franchement, c'est génial: comment faire aussi peu approprié pour évoquer les mystères insondables de l'Inde millénaire que de jouer un Manga Punk Rock agrémenté d'un saxo sautillant? Et pourtant ça marche. Enfin bon: pour être honnête on ne ressort pas de cette vidéo en ayant l'impression d'avoir été initié aux secrets du Kamasutra par une prêtresse de Shiva lubrique. Par contre on en ressort avec une banane d'enfer (au niveau de la bouche, la banane). D'où les étapes logiques suivantes: acquérir l'album sur lequel figure cette friandise frappadingue. Puis vous conter avec moult trémolos dans la prose quel ravissement l'écoute de cet objet provoque.

 

Alors en fait d'album, le morceau « ヴェーダ » (qui se traduit par « Veda », terme désignant des textes sacrés de l'hindouisme, fin de la parenthèse culturelle) figure sur un EP, Flying HDD, le 3e sorti par le groupe. Et ce « disque dur volant » (titre tout naturellement illustré par une geisha fumant le kiseru – cherchez pas, c'est Nawak on vous dit) contient 6 titres plus une intro à l'avenant de cet excitant premier contact. En effet The Chorizo Vibes fait parti de ces quelques OVNIs nippons aussi tarés que démoniaquement accrocheurs. Moins grassement -core que Maximum The Hormone, moins extrêmes et cramés du bulbe que Ailiph Doepa, les saucissons au wasabi évoluent dans un registre Punk Rock / Jump Metal excité parcouru occasionnellement de soubresauts Ska, saxo oblige. Si le recours fréquent à des chœurs très typés youpi-anime pourra hérisser les poils des moins glabres – j'avoue moi-même ne pas être très fan de Babymetal et toute la scène DragonBallZcore (ça n'existe pas?) – le groupe a par contre pour lui des refrains très efficaces et un gratteux qui touche vraiment sa bille. Même s'il est vrai qu'il reste un peu en retrait, phagocyté qu'il est par le chant, voire par une batterie qui galope pas loin du premier plan.

 

Si « ヴェーダ » est sans doute le point culminant de ces 19 petites minutes, il est le sommet d'un massif musical d'altitude uniformément élevée. « 豪華絢爛花魁道中 » (dont le titre est chinoispuisqu'on vous dit que le Nawak Metal est internationaliste!) dégouline ainsi de la lead dans un dojo fou-fou-fou, tandis que « Duel » continue de cavaler à une vitesse qui pourrait évoquer le camion de Spielberg. Car on ne serait pas étonné que cet EP soit dédié à la grande toile cinématographique vu que « タイガー&ドラゴン », le titre suivant, signifie « Tigre & Dragon ». Celui-ci constitue d'ailleurs un léger changement de ton, le morceau s'avérant plus profond, plus sensible, ce retour à un relatif sérieux s'exprimant via une sorte de Thrash/Punk épico-mélodique qui galope à toute blinde dans des décors signés Miyazaki. Puis une courte intro lestée de plomb bien graisseux conduit à « Kill The Telecaster », titre plus Rock'n'Roll que ses voisins, mais néanmoins toujours aussi typé. « リフレイン » conclut cette courte mais intense ballade sur l'archipel par un retour du saxo – parce que, non, celui-ci n'est pas présent sur tous les titres.

 

Sept titres pour moins de vingt minutes follement intenses: Flying HDD est largement à la hauteur des promesses formulées sur le clip de « ヴェーダ ». On ne va donc pas en rester là: on revient vite vous causer de Jigoku No Heisei Rhapsody (地獄の平成ラプソディー), le premier album sorti en 2018.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: on se disait bien aussi que, dans le 11e pays le plus peuplé du monde, connu entre autres pour ses excentricités en tous genre et son goût pour les musiques extrêmes, n'avoir que Maximum The Hormone et Ailiph Doepa pour représenter le Nawak Metal c'était un peu court. C'est là qu'intervient The Chorizo Vibes, son Nawak Punk Rock bondissant et ses fantaisies cuivrées au parfum de manga.

photo de Cglaume
le 01/02/2021

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