The Projectionist - The Stench of Amalthia

Chronique CD album (57:54)

chronique The Projectionist - The Stench of Amalthia

Après la bonne découverte des deux derniers Ossuaire et sur les conseils avisés de Seisachtheion, j'ai décidé de me pencher avec un peu plus d’attention sur le Black Metal canadien. Ce dernier jouissait d'un a priori négatif de ma part, je l'avais trop facilement assimilé à son homologue étasunien et son Black à casquette. Premier candidat pour corriger ce préjugé, The Projectionist, originaire de la province d'Alberta, située dans l'Ouest du Canada. Le groupe est né en 2015, autour de Lörd Matzigkeitus, à l'époque membre d'Idolatry. The Stench of Amalthia est son cinquième album, un nouveau concept album, ce que le groupe nomme lui-même son troisième « unholy black metal opera », faisant suite aux deux parties de Visits from the Nighthag.

 

Contrairement à de nombreuses autres formations qui ont galvaudé le terme de « théâtral », The Projectionist tente depuis trois albums de lui rendre son sens initial en proposant une musique réellement narrative, mettant en scène plusieurs personnages, qui bénéficient chacun de leur propre voix. Nous est contée l'histoire d'une infirmière, Evelyn, envoyée par le Dr Bendix auprès de l'ancienne starlette de films noirs Amalthia Grahame qui a besoin de soins palliatifs. S'ensuivent des évènements macabres, de tortures sataniques dont est victime la pauvre infirmière. L'esprit de King Diamond n'est pas loin...

 

Après un premier titre narratif présentant les protagonistes, le Black Metal de The Projectionist se déploie dès « Sepulchral Oak Door » qui nous fait entrer de plain pied dans cette sombre histoire. Le son prend tout de suite à la gorge, il est étouffant, poussiéreux, comme l'atmosphère d'une veille maison, rappelant d'hôpital psychiatrique de Vol Au-dessus D'Un Nid De Coucou ou l'Overlook Hotel de The Shining. De ce fait, la batterie est en retrait dans le mix, ce qui, à mon goût, est plutôt dommage. Les 58 minutes que dure le disque sont souvent entrecoupées de ces passages narratifs qui, grâce au talent de composition du musicien, se mêlent à la musique du groupe sans nuire à sa dynamique. À la fois Nekro, DSBM et atmosphérique, elle rappelle par moments les moments les plus Black des premiers Cradle Of Filth. Les ambiances sont fondamentales et particulièrement angoissantes, elles tiennent en haleine l'auditeur de bout en bout, à grands renforts de bruitages divers et variés qui viennent nourrir l'intrigue. On peut également penser à Xasthur par son côté nihiliste et direct.

 

En fin de disque, après la longue piste « Forsaken O’Clock » qui vient conclure l'histoire, le groupe reprend une des figures emblématiques de l'Underground canadien, Operation Winter Mist. Pas forcément très nécessaire dans ce contexte d'album concept, narratif.

photo de Xuaterc
le 19/05/2020

2 COMMENTAIRES

Seisachtheion

Seisachtheion le 19/05/2020 à 11:25:12

Un album passionnant qui est passé entre mes oreilles mais que je n'ai pas chroniqué par manque de temps. Merci Xuaterc de l'avoir mis en lumière !
;-p

Xuaterc

Xuaterc le 19/05/2020 à 12:48:35

Y a pas de quoi Seisach' ! 😘
J'ai passé un moment fort agréable 😊

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