Time to burn - Is.land

Time to burn - "Is.land"
chronique Time to burn - Is.land

Voici un groupe qui a su faire en un Ep ce que beaucoup d'autres n'arriveront jamais a faire en toute une discographie: nous mettre l'eau a la bouche et nous faire dire "putain que c'est bon, la suite sera vraiment un régal".

 

Time To Burn, les petits frenchies affiliés à Basement Apes font partie de la grande famille du post-hardcore français sachant a la fois se bouger le cul et faire de très bon disques. Sans oser prétendre à une french-touch, je ne pense pas trop m'avancer en disant que des groupes comme Year of No Light, Spinning Heads, Tantrum, General Lee, Celeste, Superstatic Revolution, I Pilot Daemon, Llhoah etc. possèdent à la fois le talent et la facon de faire pour qu'ils méritent d'être écouter avec la plus grande attention.

Ce Is.Land possède toutes les caractéristiques du bon disque qu'on a envie d'écouter, de posséder, d'apprécier: a savoir un artwork propre et intrigant, un son à la fois clair et voluptueux, abrasif et véloce, des pistes à l'émotion éxacerbée et à la rage palpable. En un mot ce disque est réussi sans le moindre doute pour ce qu'il propose. Trouvant cependant moins d'intensité immédiate dans ses compositions, on a l'impression que le groupe a voulu exposer un tableau plus panoramique de sa musique à chaque morceau, plutôt que de jeter sur sa toile sonore avec énergie et efficacité une avalanche d'émotion.

Ce Is.Land se veut à la fois plombant et impalpable ce qui lui donne un caractère insoupçonné (peut petre est-ce dût à l'évolution globale du genre vers un son plus sludge et plus atmospherique?).

Les montées en puissance sont donc de rigueur (le point culminant avec "Gream") et chaque détail est fait pour mettre en valeur l'émotivité de l'ensemble. Que ce soit l'intro de "Tormenta" ou l'interlude sombre et glaciale de "." Même s'il on ressent (étrangement) plus d'influences que sur son premier jet "Starting Point" (je pense notemment à Isis sur le pont de "Emma Peel" et sur l'intro de "Isle Of Men") globalement la personnalité de Time To Burn est prépondérante sur une quelconque affiliation d'influences.

 

Enregistré à Genève, ce disque n'exclue donc pas que le son suisse est taillé à la mesure des groupes de ce style. Ainsi la distinction entre la chaleur et la froideur de la prod' donne du fil à retordre à nos tympans. Et cet aspect contradictoire, ces émotions paradoxales influent au disque du caractère et une empreinte musicale très forte. Prendre son temps est donc une nouvelle facon de faire pour le groupe qui propose là une pièce maitresse du genre pour la scène française. Donnant une bonne leçon à tous les groupes essayant palement de faire ressortir l'émotion de leur musique avec plein de delay et sachant évoluer musicalement (apparition de chant clair et pistes aux structures plus fouillées et plus longues); les Time To Burn arrivent à maturité avec ce Is.Land. Tant mieux pour nous qui en redemandons encore.

Contrat rempli avec brio, grace, inventivité et subtilité. Pour les fans du genre incontestablement une claque, pour tous les autres (je l'espère) une future découverte salvatrice face aux salmigondices émocore en tous genres qui pullulent dans nos bacs.

photo de Viking Jazz
le 18/11/2007

1 COMMENTAIRE

Tookie

Tookie le 03/02/2011 à 12:14:44

Je l'ai réécouté y'a pas longtemps, impossible d'en sortir indemne. Il est temps qu'ils refassent quelque chose...

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