Trepalium - H.N.P.

Chronique CD album (39:18)

chronique Trepalium - H.N.P.

Arf, pas glop du tout…

Tel que vous me voyez (‘façon de parler), c’est à reculons – ou tout au mieux en crabe – que j’aborde la rédaction de la présente chronique. Mais vous aussi vous connaissez ça: on a tous eu à affronter ce genre de situations aussi désagréables qu’inévitables. Tiens, le fameux RDV chez le dentiste, avec la non moins fameuse Valérie Damidotisation des molaires à grands coups de roulette. Ou l’épreuve de la rupture, quand il faut lâcher un difficile « Ecoute, je sais que tu commences à remonter la pente de la dépression malgré la découverte de cette tumeur au sein gauche, mais désolé: je te quitte pour me mettre en couple avec ton père ». Ou encore ce moment où on est bien obligé de remonter sa manche jusqu’à l’épaule pour déboucher ces %*@# de chiottes. A cette liste, le chroniqueur doit ajouter un autre exercice particulièrement peu confortable: la rédaction d’un article moyennement tendre visant le dernier album décevant d’un groupe chéri.

 

Re-arf.

Allez, quand ‘faut y aller…

 

Tentons l’approche factuelle:

  * je suis fan des 3 premiers albums de Trepalium

  * l’unique album de Step In Fluid – bébé de Harun, issu d'une aventure extra-conjugale – m’a mis le feu aussi bien au caleçon qu’aux oreilles

  * après des dizaines et des dizaines d’écoutes de H.N.P., leur 4e et dernier album, pas moyen: je ne pousse toujours pas les « Yahoooooou! » et « Harib’ Haribaaaa! » d’usage…

Snif. Pourtant la metalosphere nationale – et même au-delà – semble apprécier ce nouvel opus.

 

Ô rage, ô des zestes d’poires…

 

Certes, quand « Heic Noenum Pax » débarque, on ne peut nier la puissance, les ambiances, bref la belle envergure de la chose. Pourtant déjà, ces tortillons, ces contre-pieds… Mouaif. Cette fois-ci, ces facteurs d’instabilité – que d’aucuns arrivent à rendre sexy – émoussent sensiblement le propos du groupe. Enfin je trouve. « Prescription Of Crisis » semble au premier abord plus direct, plus pêchu… Malheureusement les circonvolutions mélodico-rythmiques utilisées font perdre en focus et en impact. Diable… Arrive « S(l)ave The World », et là c’est la cata’. Ce morceau est emblématique de ce qui coince sur ce nouvel album: tortueux, revêche, pas franc, la chaleur et la force du groove Trepaliumesque, si chers à mon cœur, s’y perdent dans les sombres méandres d’un metal qui, trop souvent, nous caresse à rebrousse-poil…

 

Mais il ne faudrait pas non plus jeter le bébé Trepalium avec l’eau du bain de ce début d’album. En effet, sur « Order The Labyrinth », le groupe reprend du poil de la bête, aère son propos et développe une vraie vision, de celles auxquelles on a envie d’adhérer. On regrettera juste que la fin du titre retombe dans les travers précédemment évoqués. Sur « The Worst F(r)iend », c’est un peu l’inverse: après un démarrage pas forcément affriolant, vers 2:30, le morceau s’alourdit et revient dans le viscéral pour notre plus grand plaisir. « (A) I Was (S) » donne quant à lui dans une sorte de Blues Death Metal Meshuggien bien sympatoche, et de son côté « Let The Clown Rise », avec son envie nette d’en découdre et son matraquage punitif final, passe à 2 doigts (et quelques méandres sinueux) d’être un bon gros tube.

 

 

Mais il y a mieux encore. Si. Bien que le groupe – et notamment Harun, qui a semble-t-il la mainmise sur le travail de composition – ait décidé que la mode serait cette fois au mélange intime entre groove direct et sombres circonvolutions, certains titres échappent quelque peu au systématisme de cette approche. Ainsi « Insane Architect » – qui pourtant m’avait au départ semblé un peu « facile », car tirant trop clairement sur la ficelle « boogie » qui a fait le succès du groupe – se révèle être une monstrueuse tuerie, notamment sur les planches… Ma gorge se souvient encore avoir saigné à force de hurler des « Spend Time… Too FAAAAAAST! » au Hellfest. Autre pépite, « Raining Past » est une véritable démonstration d’intelligence musicale, tout en nuances, puissance, sensibilité et habiles contrastes. Je ne serais d’ailleurs pas étonné d’apprendre que ce petit bijou ait initialement été composé pour One Step Beyond. Et la reprise de « I’m Broken » me demandez-vous? Réussie, mais sans doute trop calquée sur l’original.

 

Alors que penser – et comment noter – un album aussi manifestement intelligent, maîtrisé, et recelant de vrais grands moments, mais qui néanmoins frustre? Et si je vous demandais, moi, que penser – et comment noter – vos vacances au pied des majestueuses falaises d’Etretat, quand vous aviez initialement prévu de passer ces congés un verre de rhum à la main, sur une plage des Caraïbes? H.N.P. plaira – et plait déjà – à beaucoup de monde. Mon problème, c’est que j’attendais de Trepalium quelque-chose de moins sombre, de moins tarabiscoté, et surtout de plus fondamentalement groovy. Du power-funk-death fessu, du Brutal-boogie-metal, bref de la cuisse, de la sueur et des clins d’œil complices… Et là j’ai tout faux. Ou presque.

 

Ne voyez pas en la note affichée plus haut une description objective de la qualité de l’album, mais plutôt la frustration d’un fan qui – aargh! – n’arrive semble-t-il pas à évoluer avec le groupe…

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: un 4e album recelant de ces grands moments typiques du Trepalium que l’on aime, mais encore plus de moments sombres et retors… Bref, une bonne base, mais des remontées acides: pas étonnant finalement que H.N.P. se retrouve avec un PH Neutre…

photo de Cglaume
le 25/07/2012

3 COMMENTAIRES

Tookie

Tookie le 25/07/2012 à 10:18:49

En te lisant sur le forum je m'attendais justement à ce genre de chronique...
Trepalium s'est métallisé et dégroovisé pour moi...et c'est pas plus mal. Comme je le disais pour l'album précédent : "ni moins bon, ni meilleur que le précédent" j'avais tout de même la sensation que ça tournait en rond.
Là c'est carrément plus direct, parfois on se perd dans quelques méandres je suis d'accord, mais je m'y retrouve pas mal...bien que ce soit devenu plus commun !

cglaume

cglaume le 25/07/2012 à 12:31:48

Y a pas bon la dégroovisation :/

Tookie

Tookie le 25/07/2012 à 13:36:57

Ça perd de son charme, et sa personnalité, oui. J'espère en fait que c'est un album de transition en fait, mais sortir un 4e album qui allait ressembler aux 3 précédents m'aurait plus saouler que celui-là...qui ne sera pas mon préféré...
Mais que je te comprends sur la difficulté à écrire un article moyen sur un groupe qu'on adore...

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