Vermocracy - Age of Dysphoria

Chronique CD album (35:49)

chronique Vermocracy - Age of Dysphoria

Vermocracy ? C’est-à-dire… ?

Un pays où l’almanach Vermot ferait office de constitution ?

Une société glorifiant Martini, Lillet et Cap Corse ?

 

Rien de tout cela : ce patronyme serait en fait formé à partir de 1) « Vermin » et de – là c’était facile – 2) « Democracy ». Il est manifeste que les Autrichiens dont il est ici question sont amateurs de mots-tiroirs thématiques, parce que quand on jette un coup d’œil à la tracklist de Age of Dysphoria, on y trouve également « Necrocracy ». Ça va être quoi le coup d’après ? Deathocracy ? Melocracy ? Tamèreentongocracy ? L’intérêt de l’exercice risque de vite devenir limité…

 

Melodeathocracy, en tous cas, ne serait pas choquant. Car c’est pile le domaine de cette formation encore relativement jeune, mais dont le regard s’est clairement perdu dans le rétroviseur, direction Göteborg et les parrains du genre…

Les "parrains du genre" : vous voyez 2kikonkôz (j’ai 10 ans, je sais que c’est pas vrai mais j’ai 10 ans…), non ? Dark Tranquillity, In Flames, At The Gates… Et Arch Enemy aussi, période Burning Bridges / Johan Liiva, dont on retrouve de grosses traces sur « Opposed Evolution » et « The Pyre ».

 

Maintenant que le décor est planté, vous imaginez sans mal ce qui se passe durant la grosse demi-heure sur laquelle s'étend Age of Dysphoria : les flots métalliques sont à la fois tumultueux et chaleureux, le growl n’est pas franchement caverneux, les shrieks n’ont rien de démoniaques, les blasts sont rares et mesurés, et c’est donc aux guitares leads – tricoteuses ceintures noires – qu’il revient de faire le show. À l’accueil on trouve comme souvent l’une de ces intros « musique de chambre chez la baronne » avec quatuor à cordes de série, dentelles au bas des manches et pommade hydratante aux extraits de gentiane, cette aristocratique entame étant chargée d'expliquer qu’en ces lieux on ne fraye pas avec les pouilleux qui jouent du Grind. Et puis de-ci de-là, lorsque les flocons commencent à tomber et les corbeaux à voler (sur « Grace of Hypnos » par exemple), les morceaux s'offrent de brèves glissades dans un registre plus Death/Black, parce que voyez-vous, en ce temps-là Dissection et Dark Tranquillity pouvaient tout à fait partager une scène.

 

Mais peut-être vous rappelez-vous qu’Omnium Gatherum, Mors Principium Est et leurs collègues de la Sugar Metal Academy continuent de faire du beau travail dans le genre... Alors qu’en est-il de Vermocracy ? Eh bien on est loin du compte. De temps en temps les guitaristes réussissent à se bouger le train de manière suffisamment convaincante pour que la chose passe bien, et qu’on ait l’impression d’entendre un clone pas hyper inspiré mais néanmoins agréable (sur « The Pyre » et « In Darkness Let Me Dwell », en fin de course, car les bougres tiennent à soigner leur sortie). À d’autres moments par contre, on a clairement l’impression de racler les fonds de tiroir (cf. un « Opposed Evolution » à l’électrocardiogramme relativement plat), l’exercice devenant alors aussi tiède qu’affreusement générique (« Perpetual Flood »).

 

Pas de vraie raison de tirer à boulets rouges sur Vermocracy : après tout le groupe vit sa passion, et réussit parfois à nous dilater fugacement les pupilles. Mais pas de raison non plus de se ruer sur ce 2e album, qui ne fait que brasser un tambouille tiédie par les années, sans y apporter aucune valeur ajoutée. Le genre de groupe de toute première partie, auquel on accorde une attention distraite, depuis le bar, en attendant que les choses sérieuses commencent…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte : si vous aimez le bon Melodeath baignant dans le Black mélo, avec de belles leads chiadées et des tempêtes de neige vécues sous un plaid au coin du feu, eh bien… allez réécouter les classiques, ou à la rigueur Omnium Gatherum, Mors Principium Est & co. Parce que sur Age of Dysphoria Vermocracy s’avère n’être qu’un clone de bonne volonté, mais pas super inspiré. Avec les bretzels ça passe, notamment sur la fin de l’album, mais globalement on fait bien mieux comme machine à voyager dans le glorieux passé de Göteborg.

 

photo de Cglaume
le 23/11/2023

8 COMMENTAIRES

Brutal Grreg

Brutal Grreg le 23/11/2023 à 10:01:13

Súper chro. Ou comment dézinguer un skeud avec gentillesse et respect.

cglaume

cglaume le 23/11/2023 à 10:15:36

Merci.

D'habitude on évite de chroniquer les albums de petits groupes quand on ne les a pas trop appréciés. Mais celui-là m'avait laissé une bonne impression au tout début. Du coup je l'ai pas mal écouté en "musique d'ambiance", sans trop y prêter attention. Et quand je me suis finalement penché dessus sérieusement, j'ai réalisé que... bah en fait, bof :)

M'enfin, vu tout le temps passé dessus, je me suis dit que ce serait dommage de pas transformer l'effort en chronique :)

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 23/11/2023 à 12:08:13

Dès les 3 premières lignes, tu sais qui écrit...

cglaume

cglaume le 23/11/2023 à 15:15:03

Ça c’est à cause des poils jaunes : impossible de les enlever, ils s’accrochent aux mots…

noideaforid

noideaforid le 24/11/2023 à 10:42:36

Le melodeath à la suédoise est vraiment une musique de niche depuis une 15 aine d'année apparemment. Omnium gatherum et mors principium pour ma part est trop démonstratif. Je pense que c'est un style qui peut me plaire mais aller réécouter des albums années 90/2000, avec le son de l'époque ça me donne pas envie( et j'ai essayé). Dans les chroniques melodeath j'ai toujours l'impression qui n'y a pas un groupe "moderne" pour faire découvrir ce genre de métal. Toujours cette impression de " bah... C'est du melodeath... Tout a été fait". 

noideaforid

noideaforid le 24/11/2023 à 10:46:25

Sinon la gentiane c'est bien pour les reflux gastrique et les flatulences mais ça donne mal la tête. Passe plutôt aux fleurs d'anis. Moins d'effet secondaire. Tu m'en diras des nouvelles 😂

cglaume

cglaume le 24/11/2023 à 11:01:28

HerboristeAndCo 🤣

el gep

el gep le 24/11/2023 à 21:34:28

Sinon, l'aconitum passe tous les maux de têtes, avec juste 2 petits grammes je crois que t'es mort.

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