Wake - Thought Form Descent

Chronique CD album (46:39)

chronique Wake - Thought Form Descent

Plus de deux ans après la sortie de Devouring Ruin, 5e album des Canadiens de Wake, je suis toujours convalescent de la grosse claquasse reçue alors, spécialement de son titre-mandale "Torchbearer" et de son morceau torrentiel "This Abyssal Plain" ! À cette occasion, toutes les certitudes que je pensais avoir sur ce que devait ou pouvait être le Death Metal se sont évaporées et c'est alors que le vertige me saisit ! Ce choc a nécessité au préalable une transformation importante de la part de ce quintet originaire de Calgary, loin d’être des jeunes premiers, puisque ceux-ci trainent leur guêtre depuis 2009. Ce changement de peau s’observe avec Devouring Ruin, alors que la précédente offrande Misery Rites (2018) relevait davantage d’un Grind Death de bon aloi, frénétiquement efficace, où la plupart des morceaux étaient calibrés autour des deux minutes, rarement au-delà. En 2020, place nette a été faite, et ce au profit d’un Blackened Death progressif, qui a été de bout en bout une brillante surface d’expérimentation…

 

Devouring Ruin, un futur classique qui sait …? Pas si péremptoire que ça cette remarque, à lire la chronique élogieuse de notre Nounours !

 

Sept mois plus tard, Wake surprend son p’tit monde, avec Confluence, un EP 3 que l’on n’attendait pas de sitôt. Ce 3-Titres est quelque peu déstabilisant, avec une musique moins extrême, moins brutale et encore plus progressive, voire contemplative, à l’image des premières minutes de "Disparity and Chaos". Ce court format ne peut être réduit à une simple parenthèse, puisqu’il s’agit au contraire d’une étape supplémentaire et significative de cette mue musicale.

 

EP Confluence (2020)

 

Toujours fidèle au producteur de Denver, Dave Otero (Archspire, Allegaeon, Cattle Decapitation, Tetrarch), et passé tout récemment sous le giron de Metal Blade Records (une sortie indépendante était initialement envisagée), Wake poursuit sa marche vers l’excellence et la maitrise technique avec Thought Form Descent. Dès l’écoute de "Infinite Inward", on se rend compte que tout y est à nouveau : variété, agressivité, créativité, intensité, modernité. Vos esgourdes auront droit à une exquise et réjouissante dévastation et apprécieront ces variations incessantes, à la fois mélodiques, rythmiques et même vocales (ce "Bleeding Eyes of the Watcher" les zamis…). Du growl au shriek, la palette est large en effet et notons même – élément intéressant – l’insertion quasi imperceptible de chant clair en backing qui donne de la profondeur au chant d’une lourdeur grasse et poisseuse ("Swallow the Light").

 

Le Black/Death de ce nouveau Wake, sans être forcément meilleur (on y retrouve la même fulgurance), me semble plus dense, plus tempétueux et sombre que Devouring Ruin (l'outro "The Translation of Deaths" est bien ambiancée, vous verrez...). Un gros trois quarts d’heure de part et d’autre, mais moins de titres (8 contre 10) avec moins de respirations : seul "Pareidolia" nous offre une pause bienvenue en plein cœur de l’album, alors que deux interludes ("Elegy" et "Paean") entrecoupaient la précédente création.

 

Les espoirs et promesses offerts par Devouring Ruin se confirment donc largement avec Thought Form Descent.  Wake est devenu une tête-de-gondole de la musique extrême canadienne, mieux même une valeur sûre du Death Metal nord-américain et peut toiser désormais son imposant voisin états-unien, d’où émerge pourtant une pelletée d’excellentes formations, pas forcément très connues à la Canniboule mais qui ont elles-aussi en face d’elles un avenir radieux et solide (Aeviterne, Hath, Black Curse, Suffering Hour et alii).

photo de Seisachtheion
le 22/07/2022

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