Warfect - Spectre Of Devastation

Chronique CD album (41:50)

chronique Warfect - Spectre Of Devastation

Vous êtes, vous aussi, ressortis tout frustrés de l’écoute du dernier Sodom. Mais si, voyons. Il faut dire que les attentes étaient grandes après l’EP Out of the Frontline Trench et l’annonce du retour de Frank Blackfire. Alors forcément, plus dures furent la chute et la débandade (oxymore, vous avez dit oxymore?). Heureusement, comme dans de nombreux domaines, il existe des produits de substitution. Et contrairement à l’idée que l’on s’en fait trop souvent, ceux-ci peuvent parfois être bien meilleurs que l’original… et pas seulement pour la santé! C’est justement le cas de Spectre Of Devastation, 4e album de Warfect qui non seulement a le goût et l’odeur de Sodom, mais également une vigueur, une passion et un impact que l’« original » a malheureusement perdus.

 

Mais voyons voir en quoi cette sortie peut vous faire passer une vessie suédoise pour une lanterne de la Ruhr:

1. sa pochette, tout d’abord, est signée Andreas Marschall. Ce qui – malgré le ridicule de ce pseudo-Eddie qui s’en va promener ses chihuahuas en tenue de juge anglais – renoue avec la période Agent Orange / Better Off Dead.  

2. le chant de Fredrik Wester, ensuite, déploie toute l’acrimonie acide et la rudesse proto-Black du Tom Angelripper au max de l’ulcération. Le mec ne chante pas, il chique, il entaille, il prononce des arrêts de mort. Par ailleurs, sur « Pestilence » comme « Hail Caesar », il reprend à son compte ce gimmick souvent pratiqué par les Allemands consistant à finir certains de leurs morceaux sur une voix crachant ses derniers mots dans un écho stéréo mourant en fade out (sur « Better Off Dead » par exemple)

3. « Dawn of the Red » démarre en mode punky, sur une ligne de basse motörheadienne que Sodom a souvent pratiquée par le passé (remember « Ausgebombt », « Stalinorgel » ou « Wachturm »?)

4. Et puis il faut bien reconnaître que régulièrement survient cette impression d’écouter un très bon inédit datant du sommet de la gloire des vétérans d’Outre-Rhin. Sur « Into The Fray » par exemple, dont le riff glacé, à 0:25, rappelle l’époque de Persecution Mania, et dont le refrain aboyé est 200% caractéristique de la touche Angelripper.

 

« Warfect un sodo-clone? Pourtant sur l’excellent Scavengers le groupe ne pouvait se résumer à un mimétisme aussi crasse!? »

 

C’est vrai. D’ailleurs il est un peu réducteur de présenter son 4e album ainsi, d’autant que quelques chœurs de babouins à l’américaine épaulent ponctuellement Fredrik aux alentours des refrains. Néanmoins les parallèles sont nombreux, et ledit album panse les plaies ouvertes par Genesis XIX avec tellement d’à-propos qu’il est difficile de ne pas emprunter ce chemin chroniquatoire. Tiens, au passage, puisqu’on parle du troisième et avant-dernier opus, profitons-en pour préciser que Spectre Of Devastation prolonge l’approche à la Defleshed – vous savez, les tempos uniformément rapides et les attaques fulminantes – qui était déjà au goût du jour à l’époque. Signalons également que là où l’album de 2016 pataugeait maladroitement dans les rythmiques trainantes, celui de 2020 s’en sort avec brio. Ainsi les sombres et lourds ricochets de « Left To Rot » passent-ils comme une levrette à la Poste, tout comme le passage en mode rouleau-compresseur mélodique à 2:07 sur « Into The Fray » (c’est moins probant sur la fin de « Rat King », c’est vrai, mais bon, soyons indulgents).

 

On pourrait donc résumer Spectre Of Devastation comme un Scavengers qui aurait corrigé ses rares défaut et qui prendrait le relais d’un Sodom fatigué. Parce que de fatigue il n’est clairement pas question sur ces 8 pistes (on occulte l’introduction pompeuse qui ne sert pas à grand-chose si ce n’est à faire tourner l’usine à clichés et permettre au groupe d'investir la scène en début de concert). Il n’est question que d’escadrons punitifs, de rafales destructrices (écoutez cette batterie pétaradant en ouverture de « Pestilence » comme de « Rat King »), de solos supraluminiques (à 2:41 sur « Colossal Terror », à 4:51 sur « Witch Burner »…) et de coups de surin dans la jugulaire. Les poussées d’adrénaline sont nombreuses (l’accélération fulgurante à 1:58 sur « Hail Caesar », celle à 2:36 sur « Rat King », les « Fire! » rythmant la fin dantesque de « Dawn of the Red ») et culminent lors d’un « Witch Burner » qui mettra tout le monde d’accord. Grenade sur le gâteau, les Suédois se sont offerts les services du légendaire Flemming Rasmussen afin que l’auditeur voit mieux gicler le sang.

 

Conclusion? Au revoir Sodom, on t’aimait bien… Le roi allemand est mort? Vive Warfect!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: si si, il était carrément décevant le dernier Sodom. Heureusement, Warfect manie sulfateuse, baïonnette et avion de chasse (c’est beau la polyvalence!) avec la même intensité mauvaise que le soldat Angelripper dans ses tendres années . 2020 a eu beau faire, il n'aura pas réussi à faire retomber la poussière sur le champ de bataille du Thrash!

photo de Cglaume
le 18/01/2021

1 COMMENTAIRE

sepulturastaman

sepulturastaman le 18/01/2021 à 09:53:42

Allo le directeur artistique de chez Napalm ; oui bon ok j'ai compris Napalm...

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