Sodom - Genesis XIX

Chronique CD album (54:49)

chronique Sodom - Genesis XIX

Non, le 19e album de Sodom n'est pas un hommage au groupe de Peter Gabriel et Phil Colins sur lequel vous auriez l'indicible plaisir d'écouter une reprise de « Mama » ou de « I Can't Dance » dans une version Thrash au charbon. D'autant qu'en fait de 19e, il s'agit plutôt du 16e, voire même du 15e opus des Allemands puisque The Final Sign of Evil n'était rien d'autre qu'un In The Sign of Evil revu et corrigé. Le titre de Genesis XIX fait en fait référence au chapitre 19 de la Genèse – bref à la Bible bande d'utilisateurs de TikTok – dans lequel Sodome et Gomorrhe sont détruites par le soufre et le feu. Le symbole étant ambigu, l'auditeur est en droit de se demander s'il est donc face à un opus apocalyptique détruisant tout sur son passage, où s'il s'agit de la fin du groupe de Tom Angelripper, cramé au bout de 39 ans à ramoner les conduits à coups de riffs brûlants.

 

L'EP Out Of The Frontline Trench, sorti il y a tout juste un an, laissait espérer que la première option serait la bonne. En effet Frank Blackfire et le feu sacré semblaient l'un comme l'autre de retour: les conditions étaient donc réunies pour que les Allemands nous sortent leur Ironbound, ou leur Violent Revolution, autrement dit un retour au sommet de la chaîne alimentaire du Thrash. Malgré une première minute morose (« Blind Superstition », ou l'intro qui riff mollement – honnêtement quel fan est émoustillé par ce genre de mise branle laborieuse?), les premiers signes étaient plutôt encourageants. D-beat gaillard, glaviots acides, riffs fulminants, « Sodom & Gomorrha » sent le raid assassin et renvoie à l'artillerie lourde de Agent Orange – on comprend mieux les reprises figurant sur l'EP précédent. Et si « Euthanasia » offre moins de raisons de s'enthousiasmer – après tout il ne s'agit que d'un bon steak de Thrash groovy, limite Rock'n'Roll, coincé entre deux tranches de gratte basiquement crasseuse rappelant l'époque minimaliste de Get What You Deserve – l'énergie déployée reste impressionnante.

 

Mais la suite s'apparente plus à une débandade – ce qui craint quand on arbore un tel blase. Parce que tout compte fait, le longuet « Genesis XIX » (plus de 7 minutes) s'avère assez routinier. Et puis essayer d'instaurer un climat inquiétant sur un riff tout droit sorti du générique d'Inspecteur Gadget, ça ne le fait définitivement pas! Bien que ne durant que 4:31, « Nicht Mehr Mein Land » réussit l'exploit de sembler plus long encore que son prédécesseur: il faut dire que l'on passe le morceau à regarder le groupe progresser dans la gadoue, le boulet au pied, et que les bâillements ne sont pas loin. C'est d'autant plus dommage que Toni Merkel , le nouveau batteur, profite des trente premières secondes pour blaster comme si sa bière en dépendait, propulsant le groupe à la limite du Black et du Death. Il renouvellera cette administration de viagra plus loin sur l'album, pour des résultats tout aussi ponctuellement convaincants.

 

Sur le reste de l'album, les paupières continuent de se faire de plus en plus lourdes, tout justes maintenues ouvertes par quelques petites claques éparses (« Dehumanized » après une première minute particulièrement lourdingue, « Indoctrination » avec son chouette héritage Motörheadien et son recyclage adroit du meilleur riff de « Agent Orange », « Friendly Fire » qui clôt de manière relativement satisfaisante l'album) perdues au milieu d'un océan de Metal en apparence guerrier, mais finalement terriblement convenu.

 

Genesis XIX ne tient donc pas vraiment les promesses faites sur l'EP Out Of The Frontline Trench, malgré quelques bons solos de Frank Blackfire et une petite poignée de séquences extrêmes insufflées par un batteur qui-n'en-veut. Cette nouvelle sortie est malheureusement semblable aux autres albums de la décennie passée: il faut tamiser son fond boueux pour réussir à en extraire quelques rares pépites. Forcément, on attendait mieux de cet ancien géant... qui risque de ne l'être plus que dans les livres d'histoire du Rock.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: les préliminaires effectués sur Out Of The Frontline Trench nous avait préparés à une saillie Thrash fiévreuse. Malheureusement, malgré une belle musculature et une grande gueule, Genesis XIX déçoit, les ébats Thrash qu'il propose étant finalement terriblement routiniers.

photo de Cglaume
le 25/11/2020

2 COMMENTAIRES

Seisachtheion

Seisachtheion le 25/11/2020 à 16:40:51

Allez biiiim dans le cul Sodom !

cglaume

cglaume le 25/11/2020 à 23:36:47

Haha... Là ou ailleurs, cette fois ça ne sent pas très bon :D

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