Weaksaw - Weaksaw

Weaksaw - "Weaksaw"
chronique Weaksaw - Weaksaw

La chronique que vous allez (peut-être) lire aurait pu être beaucoup plus courte. Du genre:

 

« Weaksaw est un groupe français relativement jeune, mais déjà aguerri techniquement. Il pratique un metal dans la droite lignée de l’héritage Meshuggah / Textures, à un niveau de dextérité qui lui a permis d’intégrer la grande famille de la Klonosphere »

 

Et puis là-dessus on colle un bon 7.25/10 – pas plus parce qu’ils sont des centaines rien qu’en France à proposer ce type d’album, mais pas moins, le 0.25 bonus étant là pour signaler que l’album est un cran au-dessus du simple « OK, pas mal du tout mais bon … ».

 

Weaksaw nage donc dans le même bain que les Clampdown, Saw, Walrus Resist ou Nephalokia, usant de fortes doses de saccades en mode « enclume chirurgicale », d’effets syncopés façon « opération au laser stroboscopique » et de signatures rythmiques malicieuses. Tout ça est ma foi très bien fait, efficace et convainquant… Bref: très bien gaulé. La chant est malheureusement dans la tradition du genre, râpeux de la glotte, avec ces intonations monocordes encore et en –CORE. Et comme tout adepte du Meshug’core qui tient à éviter l’effet « crise d’hypothermie en caisson cryogénique » découlant d’une application maladroite des préceptes Thordendaliens, le groupe arrose sa musique de lointaines mélopées émanant de guitares lead brumeuses, ainsi que – petite coquetterie supplémentaire – de quelques nappes de synthé à peine perceptibles, mais contribuant adroitement à ambiancer et endarkiser leur propos.

 

Le groupe – à l’image de toute cette nouvelle génération frenchy de 1ers de la classe en modern’coreries – sait en outre nous balancer des plans à impact viscéral fort (très bonnes mosh parts à la fin de « Advertising », ainsi qu'en conclusion de « The Maze » – ah mais tiens, les salauds: c’est la même!!??), empaqueter sa tracklist de main de maître (superbe intro nuancée sur « Weaksaw », et imposante plongée en apnée conclusive sur « Kingdom Of Light ») et varier le propos avec à propos (!) pour nous garder les paupières ouvertes (avec un « The Maze » plus Pantera metal, un « Dystopian city » superbement sombre, un « Rattlesnake Redemption » bien thrash et « Unconscious » qui pratique l’aération ambiant / électro). Bref, encore un prétendant au titre de Meilleur Artisan de France en Saucissonnage Clinic Metal.

 

C’est donc uniquement l’abondance de l’offre qui m’empêchera aujourd’hui de sortir les lauriers et de verser des bulles dans les coupes. Mais si cet effet de trop plein nuit aujourd’hui à Weaksaw, leurs qualités en font l’un de ces groupes qui, dans 20 ans, pourraient bien être cités parmi les Grands Anciens respectés d’un genre qui compte, à l’instar de ces petits combos cultes (Mordicus, Nirvana 2002Toxaemia) que les initiés brandissent telles des perles rares injustement oubliées en ces temps de revival death old school.

M'enfin bref, comme je vous l'écrivais en début de chro', j'aurais pu faire plus court...

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: le groupe typique de « saccades-core polyrythmique », entre Meshuggah et Textures. Ils font ça très très bien, mais malheureusement tout aussi bien que beaucoup de leurs comparses.

photo de Cglaume
le 30/03/2012

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