In crust we trust #3

In crust we trust #3  (dossier)
 

 

Dans ce nouveau chapitre, Winter is coming... Car nous allons nous diriger vers les sombres contrées du nord envahies de brume hivernale, de gros son et de sociétés très balisées.

 

 

Un peu d'histoire

 

S'il y a une région du globe où le D-beat connut un retentissement fracassant c'est bien la Scandinavie et plus particulièrement la Suède.

Littéralement appelé D-takt, le D-crust à la nordique prend aussi le blase de scandicrust ou de kängpunk le plus souvent.

 

A la base d'un titre kängpunk/scandicrust, on trouve généralement deux riffs tournant inlassablement sur un rythme D-beat. Il en résulte donc une structure primitive mais diablement énergisante. Des solos de guitare très simples sont parfois présents apportant une fraîcheur toute rock'n'roll à l'ensemble, limite Hard Rock parfois.

Le genre est évidemment underground dans son pays d'origine et beaucoup de Suédois n'en ont jamais entendu parler. Pourtant, la scène käng demeure toujours très vivace avec notamment les jeunes poulains enragés de Fredag Den 13:e, Crutches ou encore Passiv Dödshjälp.

 

Les précurseurs de la scène käng se nomment Rude Kids, KSBM et Missbrukarna.

Mais son plus fameux représentant est Anti Cimex, formé en 1981 et splitté en 1993 après la sortie de son meilleur album Scandinavian Jawbreaker. Un petit classique au nom parfaitement adapté à son contenu. Ultra frontale et dynamique, nantie d'un son de basse énormissime, d'une rythmique mötorheadienne et d'un chant scandé très dischargien, la plaque reste un modèle du genre.

 

Jonsson, ayant tenu le micro, créa par la suite Wolfpack avant de quitter (ou de se faire virer plutôt...) le combo en 1998.

Wolfpack se mua rapidos en Wolfbrigade, pour éviter tout association avec un gang de Neo nazi du même nom, et devint une formation, incontournable. Par leur son puissant et la propension à introduire un peu de mélodie au milieu du carnage ambiant, les « Loups » font partie des formations chères à mon cœur dont les albums indispensables sont chroniqués sur votre site préféré. Bon okay, on peut y rajouter aussi In Darkness You Feel No Regrets (2003), au titre inspiré par Antisect.

 

 

 

 

Mob 47 contribua aussi à l'édification du swedish style en mélangeant le D-beat de Discharge et le punk HxC à la ricaine. Le combo naît en 1982 avec comme premier nom Censur. Un an plus tard il devient Mob 47 quand Mentis rejoint le groupe, au chant. Le groupe se sépara en 1987. Ake, son membre fondateur, participa par la suite à d'autres formations comme Discard, Crudity, Agoni et Röjers.

Mob 47 se reforma en 2005 et existe toujours actuellement.

 

Pour tenter un minimum d'exhaustivité, on est obligé de citer également les vieux furieux d'Avskum, nés un an après Anti Cimex, et qui sont toujours bien vivants et virulents eux. Le groupe s'inscrit parfaitement dans le style, laissant aisément l'empreinte de sa semelle crantée dans les oreilles.

 

 

Totalitär, apparu en 1984, fut aussi un poids lourd du genre, notamment par ses splits avec Dropdead, Disclose et Tragedy. Un groupe  parfois proche du HxC Punk à la Dead Kennedys pour le feeling de la gratte et ses compos hystériques. Depuis 2007 et leur classique Vi är Eliten, le combo semble en sommeil.

 

 

 

Bien que Disfear, formé en 1989 sous le nom d'Anti-Bofors, se soit réorienté vers une sorte de Crust'n'roll sur ses deux derniers albums, avec l'arrivée de Tompa (Tomas Lindberg), les débuts du groupe furent fracassants de méchanceté. A Brutal Side Of War (1993), enregistré au Sunlight Studios, est un véritable char d'assaut plongeant l'auditeur dans un grondement perpétuel. Un incontournable du genre de ces D-beat Defenders.

Le décès de son bassiste et fondateur, Henke Frykman, en 2011, a probablement sonné le glas de la horde. La page officielle du groupe n'est plus active et ne présente qu'un portrait du gazier. RIP.

 

 

 

Skitsystem est indispensable au genre également. Formé en 1994, le combo se distingue par un son d'une crudité absolue et une barbarie héritée du Death. La présence de Tompa au mic contribua également à la renommée du groupe. Le groupe a perdu de sa superbe mais existe toujours, je crois...

 

De 1990 à 2011, officia aussi Uncurbed, venu d'Avesta. Crust, rawpunk ou käng, peu importe, les Uncurbed ont pondu une riche discographie dans laquelle on peut distinguer Mental Disorder ou Keep The Banner High. On retrouve trois membres du groupe actuellement dans Parasit.

 

Terminons ce panel forcément limité avec Genocide Superstars, projet de Mieszko Talarczyk (illustre producteur de bruit et leader de Nasum, mort dans le tsunami de 2004) au très fort capital sympathie car causant le plus souvent de gonzesses, de picole et de motos pour changer des sempiternels sujets sérieux et déprimants.

 

 

 

 

 

Us et coutumes

 

Si le punk trad a généralement le menton glabre, le crusty, lui, n'hésite pas à porter le bouc ou la barbe, parfois d'une respectable longueur.

La coupe de cheveux ne se limite pas non plus à la simple crête traditionnelle. De longs piques à la mode hérisson ornent aussi la caboche des crusties comme celle de Dean Jones, le chanteur d'Extreme Noise Terror.

Le mohawk côtoie aussi les coiffes de dreadlocks plus ou moins fines, la boule à zed où une simple tresse peut partir du sommet du crâne. Le dreadhawk est aussi assez usité. C'est une sorte de mohawk fait de dreads tombantes.

 

En fait, il n'y a pas de règle bien définies.

 

 

Tatouages et piercings décorent souvent les corps et autour du cou, des foulards, surtout des bandanas noirs, sont habituellement portés. Ce peut être aussi des colliers divers et autres breloques faites d'os, de capsules,...

Le crusty est donc coquet, même si cela ne se remarque pas au premier abord.

Et puis encore faut-il s'approcher suffisamment près pour pouvoir le remarquer.

 

Evitez, des fois qu'il vous adresse la parole

 

 

 

Du scandicrust... encore

 

 

Crutches «FörlOrAD »

 

Le käng a encore de beaux jours devant lui.

En témoigne la furibarde dernière sortie des Suédois de Crutches (anciens Project Hopeless). Évidemment, les « ptits » gars ne révolutionnent pas le style qui n'en demande d'ailleurs pas tant même s'il réclame pourtant l'insurrection, mais pour de vrai.

Dans le genre, on peut remonter à folie furieuse de Skitsystem car Crutches ne démontre pas la moindre mansuétude pour vos oreilles. Déjà sur Lurad, leur précédent carnage, c'était pas la fête du yodel. Et leur combo précédent défouraillait sévère aussi (miam Kalla Jävla Samhälle).

Ça joue donc encore vite, très vite, pour me paraphraser. Ça balance sa méchanceté en un minimum de temps. Le côté brouillon n'est qu'une apparence car chaque compo se joue au poil avec intros fracassantes réduites au minimum. Les textes sont bien sûr contre pas mal de trucs aux rangs desquels on trouve le nationalisme et le capitalisme.

Le groupe a même l'excellente idée de faire brailler Alba, un môme de 9 ans et demi, sur son dernier titre.

Alors si vous voulez découvrir le crust à la suédoise, sans passer par les Grands Anciens, précipitez- vous sur le bandcamp de la horde (ou procurez vous le Lp chez Phobia, Distro-y, No Enough, Rawmantic Disaster ou Up The Punx), foie de de Crom, vous allez ramasser la fessée.

photo de Crom-Cruach
le 26/05/2016

5 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 26/05/2016 à 14:12:19

Merci à Lapinou pour sa mise en ligne !

pidji

pidji le 26/05/2016 à 14:59:07

Heu non c'est moi, le lapin il a juste dû corriger des fautes :P

cglaume

cglaume le 26/05/2016 à 17:26:46

Au moment où tu as écrit ton commentaire, non. Mais maintenant, oui ;)

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 26/05/2016 à 18:26:46

Rien compris et on parle d'erreur, pas de fautes, c'est moins méprisant ! :)

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 26/05/2016 à 18:27:25

Merssi a vou deu donk !

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