HACRIDE - Interview du 30/03/2007

HACRIDE (interview)
 
Pourrais tu pour commencer présenter les influences communes des membres du groupe au moment de sa création ?
Adrien : Et bien au début notre grosse influence était le groupe Death, nous partions sur une base de Techno-Thrash (c’est à dire un mélange de thrash et de death technique) en essayant de mélanger des éléments un peu nouveaux venant par exemple de la musique polyrythmique de Meshuggah; de plus, a l’époque la musique d’Opeth et de cette vague scandinave nous a marqué. Par la suite nous avons essayé de nous démarquer en intégrant des passages plus atmosphérique, plus profond, je pense a un groupe comme Tool. Et si on cherche au delà du metal, des groupes de pop-rock, d’electro, de flamenco etc. Donc nos bases sont metal, mais dans la mesure où Olivier était un batteur de jazz a la base nous nous sommes vite retrouver à mélanger des influences variées pour former l’identité musicale d’Hacride.

Contrairement à d’autres groupes vous n’avez pas évolués vers quelque chose de technique, c’était plutôt la base même du style d’Hacride qui devait s’imprègner de cet aspect ?
Adrien : Tout à fait, c’est vraiment une envie que de jouer une musique technique dès le début. C’est comme une sorte de libération car nous jouions dans des groupes avant et nous ne pouvions pas nous exprimer totalement. Notre première démo par exemple était assez technique, et avec la maturité nous avons affiné notre musique et à l’avenir nous voulons vraiment plus miser sur les ambiances et sur l’aspect intellectuel de la musique que nous avons développés sur notre premier album et encore plus sur notre second.

Y a t-il eu des découvertes de groupes ou de courants musicaux qui t’ont marqué lors de la phase de composition de Amoeba? Certains passages rappellent presque du post-core par exemple qu’il n’y avait pas sur Deviant Curent Signal.
Adrien : Et bien pas du tout, c’est amusant car tout le monde nous le dit alors que c’est venu tout a fait naturellement vu que personnellement je n’écoute pas du tout de groupes de ce style (vu que c’est moi qui compose l‘essentiel des morceaux) Par contre des groupes comme Isis ou Neurosis sont je pense influencés par la pop musique progressive, et le tronc commun viendrai plus de là (je pense à Radiohead, Muse, Porcupine Tree) que du post-core à proprement parler.
Ben : A la limite la ressemblance avec ce courant peut plus venir des arrangements que des compositions en elles mêmes. Peut être aussi les émotions dans le chant de Sam qui avec les arrangements et des mélodies donne un aspect un peu « mélancolique » à certains passages et colorent notre musique des mêmes ambiances que le post-core.


Est ce qu’on peut parler de concept album pour Amoeba? L’aspect éternel de l’amibe (qui meurt en se divisant en deux amibes) est il un caractère de l’album essentiel pour son appréhension ?
Adrien : Hum oui et non. Nous avons essayé d’intégrer cet aspect dans un ensemble (musique, pochette, textes etc.) et en quelque sorte nous avons intellectualiser ce « concept » pour en faire une ligne directrice pour la finalisation de l’album. Quand nous avons trouvé ce nom Amoeba, nous avions les compos et il se démarquait un aspect un peu aquatique, sombre avec des passages plus brutaux un peu comme des vagues. Donc pour englober ces aspects et avoir un produit fini cohérent nous avons en effet tenus compte d’Amoeba.
Ben : delà d’un concept c’est plus pour nous cadrer que nous nous sommes servis d’Amoeba. Pour éviter de partir dans trop de directions, je pense surtout au niveau des arrangements et du mixage etc...
Adrien : Surtout au niveau du son oui, les ambiances et les couleurs que nous avons recherchées ont été cadrées par Amoeba. Donc c’est peut être un concept mais sûrement pas un concept-album. Je pense que ça permet à l’auditeur de se forger son propre avis sur le disque en voyant qu’elles en sont les bases « conceptuelles »


Lorsqu’on écoute l’album on à un peu l’impression qu’il y a deux albums en un. Un brutal et profond, et l’autre plus subtile avec beaucoup d’arrangements. Penses tu qu’il y a alors deux groupes en un ?
Adrien : Dejà ça serait intéressant de savoir si ce que je compose avant d’arranger est plus brutal que le résultat final ! Pour répondre a ta question je pense que les arrangements sont indissociables de ce qui sort brut donc on ne peut pas trop trancher le groupe en deux. Mais en fait lorsque je compose je sais en gros ce que vont imaginer les autres sur ce que j’ai trouvé (l‘avantage de bien se connaître tous et de ne pas avoir de musiciens de sessions). En tout cas sur Amoeba il y a eu très peu de retouches donc je crois qu’il n’y a qu’un Hacride.
Ben : Ce ne sont pas deux facettes du groupe que tu évoque là pour moi, il s’agit plutôt de différents caractères qui forment l’identité musicale du groupe. Si tu scindes le groupe en deux une des parties manquerait cruellement à l’autre pour que le résultat sonne comme nous souhaitons qu’il sonne.


Quelle est la part de toi que tu mets dans la composition, est-ce ce coté brutal ou le coté plus subtil ?
Adrien : *silence* Dur de répondre… je crois qu’a la base il y a déjà des vagues. C’est à dire que la composition se fait comme une catharsis des éléments de tous les jours, donc si un jour je suis énervé je fous du blast *rires* et a l’inverse si j’ai envie de m’évader je vais plus plancher sur des plans aériens etc.
Ben : Comme pour ta question précédente, c’est un ensemble. Si l’un d’entre nous n’est pas totalement satisfait d’un passage d’un riff etc. nous allons le retravaillé mais si au final c’est comme il est sortit à la base qu’il sonne le mieux, comment savoir quelle part de nous est retranscrite dans celui ci ?...


Comment retrouver cette cohérence et cette intégrité sur scène ?
Adrien : D’abord (et ce n’était pas le cas ce soir) nous essayons de recréer au maximum l’ambiance du disque en personnalisant au maximum la scène avec des projections vidéos. Nous souhaitons vraiment retranscrire en live l’ambiance, la couleur, les atmosphère, l’intensité de l’album.
Ben : On essaye vraiment de créer quelque chose sans chercher la perfection musicale en jouant au click par exemple. C’est parfois assez dur car l’album vit vraiment par lui même -en tout cas on aime se le dire- et nous nous devons de lui faire « honneur » en l’interprétant au mieux.
Adrien : Olivier joue au click en revanche (c‘est le seul dans le groupe), car il déclenche au début des morceaux les samples. Ca demande d’être carrés et cette rigueur permet aux morceaux d’être les plus fidèles possibles à l’album.


Quelles sont les réactions du public vis à vis de vos prestations live ? On sait que l’album a eu de très bons retours (groupe du mois chez COREandCO, dans Hard ‘n’ Heavy etc.) qu’en est il de la scène ?
Ben : Pas mal de personnes nous ont dit qu’ils étaient vraiment aspirés par la musique aussi bien sur album qu’en live. Mais c’est globalement a double tranchant car il faut réussir a rentrer dans la musique et dans les ambiances et si cette interaction ne s’opère pas certains se feront chier je pense.
Adrien : Et l‘aspect technique de notre musique peut en rebuter certains qui viennent au premier rang pour headbanger comme des forcenés; quand ils perçoivent des contre-temps ou des passages atmosphériques vont tirer la tronche et repartir dans le fond de la salle*rires*. On peut aussi décrocher au bout d’un moment aussi bien sur scène que sur album à cause de l‘aspect technique… En revanche les gens qui connaissent l’album sont plus enclins a apprécier notre musique en live que d’autres ne connaissant pas du tout notre son. On s’adresse peut être a un autre publique plus intéressé plus attentif. Je ne sais pas trop après s’il est plus facile de rentrer dans notre musique via les parties atmosphériques ou via les passages plus brutaux lorsqu’on l’interprète sur scène.>


Comment expliques tu l’incorporation de musique extra-metal à tes compos, je pense notamment au flamenco dans « Zambra » ou même dans les incursions de guitare sèche dans le mix ?
Adrien : Je vis dans un environnement ou il y a une culture hispanique très prononcée donc c’est venu assez naturellement dans le processus de composition. J’ai découvert par la suite que les enrichissements d’accords dans le rock progressif notamment penchent un peu vers le flamenco; donc arrivé un point je me suis dit pourquoi pas allons y franco en doublant des parties en grattes sèches ou en son clair. Sur Deviant Current Signal, tout le monde était happé par le solo de saxo et c’est vers autre chose d’extra-metal que nous avions envie d‘ouvrir l‘album j’ai donc trouvé naturel de faire cette cover de Ojos De Brujo avec les interprètes originaux au lieu de faire une reprise classique d’un groupe de metal avec un featuring quelconque… Le genre de chanson avec la petite étoile sur la tracklist *rires*

Les groupes de metal technique penchent plutôt vers le jazz que vers le flamenco habituellement (exception faire Impureza qui dit faire du brutal-flamenco)
Adrien : Certes mais tu vois un groupe comme Atheist à fait sur Element une chanson de samba ! Et nos premiers morceaux avaient des bases rythmiques de samba ou de bosa nova par exemple. Je crois que le flamenco amène de la fraîcheur au metal…
Ben : Tu évoques Impureza qui mélange flamenco au brutal death (avec du chant en espagnol), ou Nile qui base uniquement son brutal death sur la culture égyptienne. Nous on ne focalise pas sur une culture en particulier ni sur un style de metal a priori, ce qui nous démarque.
Adrien : On ne veut pas jouer sur la surprise non plus ça pourrait être dangereux a l’avenir, ça ouvrirait des portes vers n’importe quoi. Là « Zambra » est vraiment bien intégrée au reste et sonne de façon cohérente grâce aux réarrangements avec le reste de l’album donc ça nous a sembler naturel de la mettre en plein milieu du disque.


Passage obligé par la scène française, pensez vous qu’il y a une « french touch » ? (des groupes comme Pitbulls In The Nursery, GTI, Trepalium (et Hacride donc) qui apportent au metal une touche différente de ce qu’on entend habituellement)
Adrien : Hum non je ne pense pas, la France a tellement été dénigré au niveau du metal pendant des années que les groupes ont plus bossés et ont essayés d’apporter de nouvelles choses. Et quand le reste du monde s’est retourné vers la France elle s’est prise des groupes comme Gojira, Scarve ou encore Dagoba dans la tronche. Il y a toujours eu des supers groupes en France mais ils ont dut bosser a fond pour faire sur scène mieux que les groupes étrangers pour sortir du lot, ou se faire remarquer ou s’exporter…Donc ce n’est pas une question de « french touch » mais juste de travail selon moi.

Comment vous situez vous vis à vis du « music-business » ?
Adrien : Bah on a moins de risque que notre label se plante (Listenable) que Overcome par exemple donc on a pas trop peur à ce niveau là. Sinon je ne pense pas que ça puisse trop porter préjudice aux groupes Français que des structures dans ce genre se cassent la gueule (surtout avec l’exemple Overcome qui n’avaient plus que la VPC et avait vécue la chute de Nostromo et d’Inside Conflict…)
Ben : Sinon tout ce qui est téléchargement, dans la mesure où on ne vit pas de notre musique ça a plutôt un impact positif pour nous. Les gens profitent du téléchargement pour découvrir Hacride et viennent ensuite nous voir en concert… au mieux c’est de la bonne pub pour nous, une bonne émulation de notre musique.


Vous allez jouer au Hellfest c’est une bonne opportunité pour vous on s’en doute.
Ben : C’est un peu une finalité car on a une bonne actualité après la sortie de Amoeba avec notre tournée et les gens ont encore des chroniques en tête ou des retours, et tout simplement l’album est encore frais dans l’univers metal français ce qui va être plutôt positif pour le publique qui viendra nous voir je crois.

Hacride pour l’avenir au niveau des concerts ça se présente comment ?
Ben : Et bien on continue la tournée jusqu’au Hellfest avec un mois de Mai assez chargé, ensuite en Juillet on aurait quelques plans pour partir jouer en Angleterre mais rien de sûr pour le moment.

Est ce qu’en ce moment il y a des albums ou des styles qui pourraient vous marquer pour la compo du prochain album ?
Ben : Heu moi je réécoute pas mal de black donc peut être que mon jeu de basse sera un poil différent que sur Amoeba, vas savoir, ça dépendra des compos d’Adrien en fait et ce vers quoi ça peut tendre.
Adrien : Pour ma part peut être le prochain Townsend *rires*. En tout cas on sait que ça va plus tendre vers quelque chose de « progressif » ou au moins allé de l’avant en faisant quelque chose de différent d’Amoeba. Ce qui est sûr c’est que ça ne sera pas du Fear Factory *rires*


Pas comme la tête d’affiche de ce soir !
*silence* *rires* ho c’est pas du Fear Factory quand même…

non c’est moins bien !
*éclats de rires*
Ben : Non mais plus sérieusement on est tellement dans Amoeba, on vit cet album a 100% qu’on a pas assez de recul encore. On a des idées qui fusent mais on fera en temps voulu ou si on trouve des direction pour diriger Adrien en cours de route tout sera bon a prendre ! On en dira plus quand nous même on en saura plus *rires*


Merci a vous, quelque chose a rajouter ?
"Merci", je crois que c’est comme ça qu’on dit !? *rires*
photo de Viking Jazz
le 10/04/2007

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