Hacride - Back To Where You've Never Been

Chronique CD album (41:22)

chronique Hacride - Back To Where You've Never Been

Oui oui, on sait: elle a drôlement tardé à venir cette chronique. C’est que ça fait un petit bail que l’album est sorti maintenant, et d’ailleurs vous nous avez fait des infidélités pour aller lire ailleurs ce que vous attendiez impatiemment ici, bande de vauriens! Donc vous avez déjà pris connaissance des informations suivantes 1) Samuel Bourreau a laissé sa place à Luis Roux (ex-Sinscale), le petit nouveau assurant la relève avec panache et une ligne de conduite vocale relativement parallèle à celle de son prédécesseur 2) avec Hacride, Florent Marcadet ajoute une 3e formation Klonosphérienne à son palmarès (après Klone et Step in Fluid), et diantre, ce n’est pas avec cette nouvelle manifestation de précision rythmique que l’animal va commencer à nous décevoir 3) ce nouvel album est moins prog', plus direct, plus rentre-dedans que l’épisode discographique précédent de la saga poitevine 4) Hacride est définitivement l’une des étoiles les plus brillantes éclairant le firmament des cieux métalliques français, Cocorico mes frères, allons enfants de la batterie, le jour de gloire n’est plus réservé qu’à l’unique Gojira!

 

Bon alors déjà, on va commencer par se calmer, parce que – quand même – il fait chaud, et on va finir tout trempés de sueur à ce train-là. Ensuite, ok, je vous le concède, les points 1) et 2) ci-dessus rangés à la queue leu leu sont tout à fait inattaquables, et je me range donc à l’avis de mes honorables confrères du webzinat métalo-mélomaniaque quant à la réussite des mouvements de personnel effectués. Par contre, vu qu’on arrive déjà au 3e des points qui trônent là-haut, faut-il vraiment insister lourdement sur un changement de cap stylistique, une simplification du propos qui amènerait les compos nouvelles au niveau d’immédiateté des plus grands albums de crust’n’grunge (oui j'en fais trop, mais sans ça c'est moins rigolo)? Mouaif… Certes, les méandres de Back To Where You’ve Never Been sont moins sinueux que ceux de Lazarus. M’enfin avec ces titres affichant entre 5 et 8 minutes, ces clairs obscurs viscéraux, ces longues marches dramatiques vers de sombres horizons, ces cieux menaçants et ces accès de frénésie rythmique rageusement tortillonneux, le groupe est loin de changer radicalement la donne. Ami lecteur que le changement angoisse, ne laisse point le robinet à sueur froide te pourrir la vie: on retrouve ici le metal moderne Hacridien que l’on aime, entre saccades radicales, déhanché souple, respirations électro-acoustiques occasionnelles et aérations magnifiques bien que sombres. En bref: un beau mélange d’un Textures résigné et d’un Klone sévèrement bodybuildé, où se glisse quand même, avec plus d’insistance qu’auparavant, le discours d’un clavier qui contribue à densifier le son du groupe, à un point qui frise d’ailleurs parfois la Devin Townsend attitude. Plus catchy ce 4e album? OK, les titres offrent quelques points d’ancrage dont on se saisit rapidement dès les premières écoutes – le plus évident et le plus grandiose de ceux-ci étant probablement le riff exceptionnel lâché par Adrien aux deux tiers de « Ghosts Of The Modern World » – m’enfin ne comptez pas vous mettre à fredonner le moindre de ces titres après avoir trempé nonchalamment le bout de vos oreilles dedans, même au bout d’une demi-douzaine d’écoutes. Back To Where You’ve Never Been est une fois encore une œuvre ambitieuse et exigeante qu’il faut travailler avec un minimum d’attention pour en trouver le cœur. D'ailleurs moi qui vous cause, au début, j'étais loin de pleurer d'enthousiasme. Alors ne nous emballons pas!

 

Bon on cause on cause, mais et ce point 4) là… Alléluia ou pas? Eh bien s’il est vrai qu’avec ce 4e album, le groupe ajoute un nouveau poids lourd dans le parking du French Modern Metal de tradition – voire pas que « French » d’ailleurs –, ma boule de cristal à langue de pute me dit que malgré cette nouvelle preuve de savoir-faire et la signature nouvelle chez Indie Recordings, le groupe pourrait bien garder son statut actuel et ne pas devenir le nouveau Gojira-encore-plus-grand-encore-plus-beau. Déjà parce que contrairement à ce que clament beaucoup, l’album n’est pas si évident que ça, et que le risque est réel que le « grand public metal » (si si ça existe: il gonfle artificiellement le nombre des entrées du Hellfest quand y figurent de TRES grosses têtes d’affiche) ne le boude après que les 2-3 premières écoutes l’aient laissé dubitatif. D’autant que si ces 8 morceaux sont tous très bons, il n’y figure aucun tube définitif du genre de ceux qui créent les légendes et font exploser les carrières. Et puis aussi parce que dans le domaine, on a déjà vu passer beaucoup d’autres excellentes galettes – comme les albums de Clampdown, Om Mani et même Checkmate tiens, dernièrement –, et que ce nouvel Hacride ne les écrase pas de tout le poids du grand conquérant promis aux plus hautes destinées. OK, cet album est VRAIMENT très bon, mais il ne marque pas un tournant, ne définit pas un nouveau genre, et ne suffit pas complètement à singulariser un groupe s’inscrivant à 300% dans la mouvance Klonospherienne, que beaucoup d’autres ont désormais également adoptée. Donc Youpi, certes, Ouawh même, mais pas Hosannah, ‘faut pas non plus en faire trop... Après on est déçu sinon.

 

Ai-je oublié quelque chose? A priori non. Donc Back To Where You’ve Never Been est très bon, un poil plus carton que Lazarus sans doute, le haut du panier en matière de metal intelligent et moderne, mais pas non plus le nouveau messie hexagonal. Parce qu’il faut savoir raison garder comme dirait l’Autre…

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: situé à équidistance d’un Textures qui aurait suivi le côté sombre de la Force et d’un Klone doté de coucougnettes de taureau camarguais, le 4e épisode de la saga Hacride est un très très bon album, certes, un petit peu plus direct que son prédécesseur, léché comme une starlette du X, mais sans non plus atteindre des sommets de personnalité, d’accroche et d’excellence – comme on l’entend pourtant ici et là…

 

photo de Cglaume
le 23/09/2013

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