Hacride - Lazarus

Hacride - "Lazarus"
chronique Hacride - Lazarus
Hacride est à présent un nom connu dans la scène métal hexagonale, un groupe qu'on sait capable de prouesses et d'exploits, notamment depuis la sortie d'Amoeba il y'a deux ans déjà. Groupe plébiscité par la presse, par les fans et par tous les bons amateurs de musique un brin ouverts. Aujourd'hui le groupe fait partie de la crème, en atteste sa signature chez Listenable Records, aux côtés de Gojira et Aborted par exemple.
Depuis son premier album en 2005 Hacride n'a cessé d'évolué et de proposer à chaque fois une version de sa musique plus poussée et personnelle, s'éloignant à chaque fois un peu plus de ses influences évidentes (Death, Strapping Your Lad et Meshuggah en tête). C'est avec une régularité quasi métronomique que le groupe revient donc avec Lazarus, pavé musical de soixante minutes ayant la lourde tâche de succéder à un grandAmoeba.

Dès le début de l'album on reconnait le son Hacride, son s'inscrivant parfaitement dans la continuité du précédent album, si ce n'est qu'on ressent une lourdeur accrue, notamment à cause des guitares sonnant plus graves qu'à l'accoutumée. Mais ce qui frappe le plus à l'écoute c'est la durée du titre. L'album débute par un titre fleuve de quinze minutes, découpé, déstructuré en de nombreux plans, pleins de détails à la fois musicaux et d'ambiances, que l'on découvre progressivement au fil des écoutes. On passe dans ce titre, de murs de sons Gojiresques à des passages aériens et mélodiques emplis d'émotions rappelant les Nordiques de Textures. Le premier titre passe et l'on serait presque déjà convaincu de la qualité de cette œuvre tant le titre est complet et présente les nouveaux horizons progressifs du groupe tout comme sa détermination à offrir une musique toujours plus personnelle.

Pourtant, le spectacle continue et le combo nous entraine avec chaque piste un peu plus profond dans son univers. Univers dorénavant maitrisé de bout en bout, quasiment indépendant des anciennes inspirations logiques du groupe. D'autres sources font pourtant leur apparition, notamment des influences légères mais marquées de post-core, avec pour preuve l'instrumental "Phenomenon", ou les progressions de certains titres. La mise en avant des synthés, les ambiances dessinées à coup de piano et guitare acoustique, souvent enivrantes, d'autres fois inquiétantes renvoient évidemment vers Textures. Le chant lui aussi s'éloigne des carcans habituels et explore de nouveaux horizons, plus clairs et mélodiques, sans pour autant renier sa part de rage et de colère hurlée.

Bizarrement, l'album est le plus complexe du groupe à ce jour, et pourtant il semble être également le plus accessible de sa discographie. Ceci étant certainement du à une impression, certes fausse, que les Poitevins ont perdu en agressivité et s'attardent plus sur les mélodies et autres ambiances. Pourtant, le groupe n'a rien perdu en attaque, en atteste les rythmiques percutantes et les riffs plombés de lourdeur. Il est clair cependant que dans sa globalité l'album donne cette impression de pièce d'orfèvre fine et légère, pourtant à la base le groupe est un diamant brut qui n'a rien perdu de sa nature sauvage et virulente. Et c'est certainement là la grande classe de Lazarus, réussir à envoyer une heure d'un métal extrême et progressif sans que l'indigestion ne guette l'auditeur à aucun instant. Au contraire, cet album se savoure allègrement !
Malgré une complexité certaine (changement de rythmes, structures alambiquées), mélodies envoutantes et étonnantes, solo de malade (le final de "Awakening" est hallucinant) le groupe a réussit à rendre l'album parfaitement cohérent et logique.

Hacride continue dans sa lignée et propose encore une fois un album surprenant et de qualité. Dévoilant une nouvelle facette du groupe, ce Lazarus est une pépite de métal moderne à savourer sans modération.
photo de DreamBrother
le 14/05/2009

1 COMMENTAIRE

Tookie

Tookie le 14/05/2009 à 10:41:31

Bah t'as tout dit Dream, "une pépite de métal moderne". Le groupe sait vraiment y faire, c'est super progressif et on rentre vraiment bien dans le truc, c'est à la fois complexe et fluide, c'est hyper bien foutu. Perso les ddeux grands titres sont pour "A world of lies" et comme toi "Awakening"

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