30,000 Monkies - Somewhere Over The Painbow

Chronique Maxi-cd / EP (24:02)

chronique 30,000 Monkies - Somewhere Over The Painbow

Les belges de 30,000 Monkies sortent leur deuxième disque après un Womb Eater Wife Beater qui m'avait assez botté le train à l'époque. Entre temps ils ont changé de batteur dirait-on, alors bonjour Ward. Ils semblent toujours aimer les visuels à l'innocence détournée et bafouée, associés à des titres hostiles.

Voilà pour le factuel et le relativement objectif. Tout ce qui suivra ne sera que pur délire personnel de ma part, comme d'habitude, absolument sans aucune valeur, évidemment.

 

Quatre titres croissants dans leur durée et dans leur qualité.

Le premier m'a fait peur. Dans le mauvais sens. Metal, bien Metal alors que je me souvenais d'un groupe psychédélique qui semblait ne pas vouloir faire comme tout le monde. J'applaudissais jadis la démarche honorable. Clap-clap. Et là je déchante un chouïa sur ces plans syncopés à l'unisson trop peu personnels – et bien loin de mes honnêtes aspirations fantaisistes et libertaires.

Mais le passage de cris Jacob Bannon dans la brume aurait dû me la coller murmurante dans l'oreille : « attends, attends, vilain petit canard, avant d'aller à la mare, c'est pas sûr que t'y retrouves tes petits, c'pendant y s'pourrait qu't'aies une surprise ! »

Oooh chic, moi j'aime ça les pitites surprises !, me suis-je susurré avec ma plus belle voix d'enfant.

Ben oui : court morceau trompeur de deux minutes qui claque un délire Melvinsien dans sa structure biaisée. Une fausse piste appliquée. Les trente dernière secondes vaguement hardcore chaotique sont balafrées d'une voix vomissante de vieux pourri et laissent deviner quelque chose... de pas si codifié.

Cool, la fin.

 

"Amazones" - celles-ci me rappellent le meilleur morceau d'un certain The Maggot, tiens - nient de fait toute appartenance au Metal saccadé avec leurs accords lâchés-balayés et un esprit mélodique fausse Pop grungy. Ah ?

Voix de pourri en prime.

Pas exactement mon affaire mais tout devient possible, du coup : Rumba apocalyptique pour le troisième morceau ? Noise-Dance cosmique sur sample de wombats en détresse ? Que va donc nous réserver la suite ?

 

Du très bon, madame. "Czarring" fait rentrer le malaise dans la gigue pour le plus grand plaisir des frustrés sexuels.

Fausse entrée screamo-zizi pour une dégueulade vocale sur basse sludgeante. Et faux refrain je-m’en-foutiste parlant de baleines à sperme dans un aquarium. Salauds : après Bagarre Générale et quelques autres, en revoilà pour piller le patrimoine obsessionnel essentiel de ces enfoirés de Welldone dumboyz ! Nous demandons dédommagement sonnant et surtout trébuchant (quelques bonnes bières peut-être, un soir de concert en Belgique?)

C'est là que la nonchalance du chanteur type dort-en-chiant, dans les passages moins hurlés, a commencé à foutrement me rappeler quelqu'un. Je l'avais au bout de la langue pendant plusieurs jours avant de tilter : mais bon zang, z'est bien zûr ! Z'était un Seveu ! Cheveu qui ferait du Metal, hum, mais ma foi, c'est fou, oui c'est ça, carrément !

Je dis pas que c'est voulu, hein. Mais ça m'a sauté à la gueule. MeooOOOW ! FssSSSCH ! Je dis pas non plus que c'est du Hair-Metal, mais bon... (pardon!)

Par contre, par moments les pierres tombales post-hardcore un peu doom commencent à affleurer sous l'herbe arc-en-ciel. Alors méfiance.

 

Et BAM. « Batteram » ! Ouch !

Delay malmené sur la guitare et mélodie triste, dandide avec un 'd', encore un featuring inconscient du chanteur de Cheveu déguisé en nuque longue ! Ah le GHB...

Superbe ! Un hymne, un tube ! Batteram ! Non sans rappeler un certain "Skin Horse" (deuxième partie), aussi, mais peu importe.

Le premier quart du titre restera dans la ciboulotte, hantant vos jours et vos nuits de sa folie de dentelles.

Excellent, les gars, bravo ! Y'a tout là-dedans, l'arrangement cheapos à la con, les mélodies, merde, les mélodies, les voix particulières ; superbe.

Re-BAM ! DOOM !, plutôt. Vers les 3:00, tout est enterré. Mes tiédeurs, ma méfiance. La dentelle dans l'ossuaire.

Le Doom vilain est de sortie.

Le pire, c'est que les bonnes surprises continueront à pleuvoir sur mon maigre torse souffreteux. Étendu au dos dans le pâturage, les Dieux me pissent dessus après m'avoir sodomisé de leurs éclairs lubriques. Mes cheveux sont collés dans une bouse de vache écossaise. Mon petit pénis électrocuté grésille, sa peau se décolle dans une appétissante odeur de porcasse cuite. Je jouerais bien au serpent qui se mord la queue mais là j'ai comme qui dirait un petit coup de barre.

Bref. Encore de bonnes idées dans les voix, dans les mélodies et dans l'arrangement. Une accélération est à noter. Un ralentissement aussi. Houm. Et une fin dans le froid bruit et les voix arrachées.

Meilleur morceau du disque sans débat possible. Attention, je sors la tapette à mouche.

 

Donc si il n'y avait pas ces deux premiers morceaux que je trouve nettement moins fous, je collerais bien un bon 9/10 à ce disque ronchon, vicelard et baisé de la gueule.

 

Mais j'ai encore plus envie de suivre ce que fera ce groupe tout pas beau.

 

Alors pour finir sur quelque chose de vraiment complètement inintéressant je dirais que le nouveau batteur - hé, salut Ward ! - m'a l'air bien meilleur que le précédent (ouf), mais que je n'aime pas comment son instrument sonne : à la fois trop mat et trop piqué, trop creusé peut-être, pas très naturel en tous cas.

Mais on s'en fout. Payez-nous une soirée 30,000 Monkies, 1400 Points De Suture et Harvey Milk et on fera la première partie.

Et on sera enfin tous heureux quelque part en haut de l'arc-en-peine.

photo de El Gep
le 18/12/2013

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