6s9 - As Above So Below

Chronique Maxi-cd / EP (18:02)

chronique 6s9 - As Above So Below

Maintenant que l'entité Eths semble définitivement démantelée, l'occasion est toute rêvée pour sa tête pensante, Staif Bihl, de partir vers de nouveaux horizons. Et c'est ainsi qu'il nous gratifie aujourd'hui de son nouveau projet où il est cette fois le seul maître à bord, quand bien même il fait appel à divers mercenaires pour l'épauler dans l'entreprise : 6S9. Et que malheureusement pour lui, ce premier EP, As Above So Below, ne tombe pas forcément au meilleur moment. C'est que nous balancer une telle tambouille où les frontières entre rock/metal et électro/indus' sont purement éclatées, au profit d'un délire alliant ambiances dark, guitares saturées agressives et beats groovy qui ne peut que donner envie de ressortir les New Rocks pour envahir le dancefloor et se trémousser collé-serré en headbanguant joyeusement. Pas très covid-friendly tout ça mon cher Staif...

 

Blague à part, si la petite ambiance d'introduction et de fin de « Midnight 2.0 » n'aurait pas spécialement fait tache sur un titre de Eths, voilà sans doute bien la seule chose qui rappellera le passif de Staif. Le reste n'est que surprise, bonne ou mauvaise selon les goûts de chacun. N'ayant pas grand-chose contre les night-clubs, hormis que beaucoup préfèrent se complaire dans la médiocrité en proposant des remixes bas de gamme des affreux Booba et Maître Gims afin de radiner l'armada de pré-pubères même pas en âge de passer la porte, au lieu de défendre ce que la musique électronique propose de meilleur – qu'elle soit métissée ou non – on se situe plus du bon côté de la balance en ce qui me concerne. Et en capital surprise, on ne se cantonne pas qu'au choc de la reconversion stylistique du maître à penser. La carte de visite est certes courte mais suffit amplement pour se rendre compte que la personnalité est là, très forte. C'est que l'on peut trouver des candidats au rock/metal indus' pour jouer au jeu des influences et comparaisons, on aura bien du mal à déterminer vers qui on pourrait rapprocher 6S9. Trop groovy pour partir vers des références allemandes telles que Rammstein ou KMFDM quand bien même on y retrouve parfois un peu de martialité. Nine Inch Nails paraîtra autrement plus tic-tac (froid et doux à la fois donc) bien que certaines atmosphères pourront y faire parfois penser. Bref, les influences sont nombreuses, on le sent et parfaitement digérées. L'EP prend le parti-pris de jouer en plus de ça sur la variété. Parce que derrière les ambiances électro-goth de « Midnight 2.0 », ça va lorgner du côté du rap sur « Uprising » avec la complicité des Tambours Du Bronx et Boots de Ze Grand Zeft au micro (RATM meets le Punish Yourself le plus électro des débuts avec comme une pointe de ragga vocal à la Skindred ?). « Yakuza », arborant la sensualité vocale de Amalia Piovoso nous téléporte en pleine dance 90's tubesque. On sortira la chicha pour la petite transe indou plus lancinante déployée sur « Path Of Dawn ». Tandis qu' « Ishtar », hit ravageur, nous finira en mode David Guetta version Bollywood où l'on regardera clairement Renato Di Folco qui y pousse la chansonnette d'un autre œil lors des prochains concerts de Trepalium. Comme ils disaient chez 2 Unlimited en 1993 : No Limit donc !

 

Et qu'au final de ce As Above So Below filant beaucoup trop vite, on en ressort sur notre faim avec une certaine curiosité de voir ce que ça donnera sur un vrai essai long format. Et puis merde, plaisir peut-être coupable, covid ou pas covid, on veut danser jusqu'au bout de la nuit bordel !

photo de Margoth
le 23/10/2020

1 COMMENTAIRE

cglaume

cglaume le 23/10/2020 à 09:43:58

Sympa ce "Uprising". Il va butiner partout le père Boots !

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