Ac/dc - Let There Be Rock

Chronique Vinyle 12" (41:01)

chronique Ac/dc - Let There Be Rock

Durants jeunes années, les vinyles des débuts de la carrière d'AC/DC, jusqu'à For Those About To Rock (1981), m'ont très longuement et fréquemment accompagné. Héritage paterno-gémellaire. Oui, mon père avait un frère jumeau, qui partageait une grande partie de ses goûts musicaux. Assez étrangement, il y avait deux lacunes (que je ne tardais pas à combler) : If You Want Blood et Highway To Hell. Pour moi, le chef d'oeuvre intemporel du groupe, période Bon Scott, reste donc le présent Let There Be Rock de 1977. Est-il encore besoin de le présenter, puisqu'il y a déjà été brillamment et dithyrambiquement chroniqué dans ces pages html ? Mais concernant les albums du deuxième chanteur (si on prend en compte Dave Evans avec qui le groupe n'a publié qu'un 45 tours en 1974), nada. Rapidement, pour ceux qui dorment au fond, AC/DC est un groupe australien, fondé en 1973 et composé au moment de la sortie de son premier album de trois musiciens nés en Ecosse et installé en banlieue de Sydney : Bon Scott au chant et les frères Young, Malcolm et Angus, aux guitares, respectivement rythmique et lead. Ils sont accompagnés de Mark Evans (qui vit à l'époque ses derniers moment avec AC/DC) à la basse et de Phil Rudd à la batterie. Let There Be Rock est le troisième ou quatrième album ; le décompte est compliqué entre les versions australienne et internationale, la première bénéficiant d'un tracklisting et d'une pochette différents.

 

 

Des coups sur le charley, « one, two, three » et c’est parti pour quarante minutes de leçon (il n’y a pas d’autre mot) de Rocher et Roulement. Simple et efficace mais jamais bas du front. Plus orienté guitares que ses prédécesseurs, Let There Be Rock a été enregistré en conditions live par un groupe cramés par des tournées interminables sous la férule du fidèle frangin Wanda Young, et aligne les classique. La formule AC/DC est connue et n’a pas beaucoup bougé au fil des années (c’est là l’un des principaux reproches qui a pu être fait aux australiens au cours de ses presque cinquante ans de carrière) mais tout est question de subtilités et de détails. Son Rock’n’Roll se teinte parfois de Blues ou de Boogie, toujours influencé par les précurseurs du mouvement.

 

Let There Be Rock s’ouvre sur deux chansons à la structure classique certes mais efficace, parfaite entrée en matière. On n’est pas chez Pink Floyd non plus! Déboule le titre qui donne son nom à l’album. Un riff forgé sur l’enclume du Diable, une section rythmique en feu. J’ai longtemps raillé cette dernière pour son apparente facilité avant de comprendre toute le groove lui aussi démoniaque dont il peut faire preuve. Il n’y a pas à tortiller du popotin dans un caleçon flanqué d’un drapeau australien pour affirmer que Phil Rudd (batterie) est le digne héritier de Charlie Watts. Débarque ensuite la voix de Bon Scott. Tout et son contraire ont été dit dessus, surtout après sa mort tragique deux ans plus tard. Sa gouaille, son côté sexy, ne sont plus à démontrer. Il prend ici des allures de prêcheur païen qui chante et propage la gloire du R'n'R. Son timbre, reconnaissable entre mille, a été infusé au tabac et au whisky. Il semble même tatoué, tant il transpire les excès et le mauvais alcool des clubs miteux. Ses textes tournent tous autour des sempiternels sex, drugs & rock'n'roll, mais toujours avec une poésie décadente qui lu est propre.

 

La suite est à l'avenant, AC/DC enchaîne les chansons qui, si elle ne sont pas au niveau de génie de cette troisième piste, n'en restent pas moins de petits bijou. « Bad Boy Boogie » ferait remuer son derche à un partisan Reconquête coincé à des festivités de l'Aïd el-Kébir, tandis que « Overdose », plus posé, est une véritable orgie guitaristique. Huitième et dernier morceau, « Whole Lotta Rosie » clôt de manière admirablement sexy et endiablée ce Let There Be Rock, dont plusieurs titres restent encore à ce jour des classiques des prestations live du groupe, en particulier l'éponyme et son strip-tease.

 

photo de Xuaterc
le 08/05/2022

3 COMMENTAIRES

Arnaud

Arnaud le 08/05/2022 à 10:27:56

L'album avec lequel j'ai découvert AC/DC et le rock dur. Mon préféré
8 chansons. 8 classiques
Phil Rudd ne serait il pas à comparer à Charlie Watts plutôt ?

Xuaterc

Xuaterc le 08/05/2022 à 10:35:53

Oups, oui, en effet, mon téléphone à fourché. Merci de ta vigilance, c'est corrigé

BBB

BBB le 09/05/2022 à 07:55:05

Dommage que 'Crabsody in Blue' ait été remplacé par 'Problem Child' (de l'album 'Dirty Deeds Done Dirt Cheap') sur les versions françaises plus récentes de l'album. Ce morceau, un blues, est vraiment super bon.

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