Bangladeafy - The Briefcase

Chronique mp3 (14:52)

chronique Bangladeafy - The Briefcase

« … Mauvaise réponse!

** Meuglement de public bovin ** OOOoooooooooohhhhh…!

- Bernard, tentez-vous de vous refaire en relevant notre Super Défi?

- Oui Jean-Pierre, j’accepte!

** Public en liesse ** Clap-clap-clap…!

- Eh bien voici votre gage Bernard: il va vous falloir récolter des critiques unanimement élogieuses dans la presse metal en montant un groupe 1) constitué uniquement d’une basse, d’une batterie et d’un clavier 2) dont le compositeur souffre de problèmes d’audition – comme Beethoven, c’est cela même, je suis content de voir que vous gardez votre sens de l’humour 3) dont le batteur est d’origine improbable… Attendez voir: disons... du Bangladesh! Allez Bernard, vous disposez de 2-3 ans maxi: mettez-vous vite au travail! »

 

Crénom, c’est que notre Bernard semble bien avoir réussi son pari!

Car en effet, derrière l’improbable mallette au contenu mystérieusement hétéroclite qui trône sur la pochette de The Briefcase, c’est un groupe tout aussi improbable qui prend d’assaut nos chastes oreilles pendant le petit quart d’heure que dure cet EP. Ne me demandez pas comment il s’y est pris, mais Bernard-le-Débrouillard a réussi un petit miracle avec le bien nommé Bangladeafy. Ce duo newyorkais est en effet constitué d'Atif Haq, batteur au jeu effervescent et à la peau colorée aux pigments bengalis, ainsi que de Jon Ehlers, artiste atteint d’une hypoacousie qui ne l'a pas empêché de devenir un fin joailler de la basse, à la fois doucement fêlé et méchamment virtuose. Mais la basse n'est pas son unique terrain de jeu puisqu'il pratique également le synthé, dont il use ici avec discrétion, tantôt en nappe légère, tantôt dans une version orgue Hammond, tantôt en mode piano jazz…

 

The Briefcase – qui fait suite à un 1er album sorti en 2011 – The Briefcase disais-je, s’avère donc être un condensé de technique virevoltante, de mélodies rebondies, d’ambiances souvent fiévreuses, parfois nawak, tantôt exotiques (rien qu’un brin, sur « Tubes » et « Pest Control »), voire même légèrement SF (à la fin de « Pest Control », ou sur le passage « transe » de « Dumpster Fire »). Sur ces 6 titres contrastés mais s’enchaînant parfaitement les uns aux autres – d’ailleurs on peut considérer qu’il ne s’agit là que d’un seul titre saucissonné à la sauvage – on pense tour à tour à Zvoyn (surtout), à Ultra Zook (un peu), à un Tosin Abasi (Animals As Leaders) qui aurait troqué sa guitare pour l’instrument de Robert Trujillo, ou encore à une version de Primus qui serait née après la vague djent. Ce que ces références traduisent – hormis une dextérité technique impressionnante, une démarche joyeusement décalée et une domination de la basse –, c’est l’approche instrumentale entreprise par le duo.

 

Quoique Bangladeafy est aussi instrumental que le sont Zvoyn et Ultra Zook… Autrement dit pas à 100%, Jon se laissant aller à quelques aboiements véhéments – ce qui n’est pas ce qu’il fait de mieux pour être honnête… Et on touche là le premier des 2 points qui pêchent un peu sur The Briefcase, l’autre de ces points étant que certains passages semblent parfois suivre une structure bordélico-chaotique pas toujours évidente, même après moult écoutes. M’enfin je suis un peu chien d’insister sur ces petits défauts, une bonne moitié des morceaux (« Dumpster Fire », « Tubes », « Pest Control ») au moins étant franchement exceptionnelle. Sans parler du fait que les geeks du solfège auront ici de quoi passer des nuits blanches à se palucher.

 

Vous aurez compris que ce nouvel EP accompagnera plus sûrement vos soirées « casse-tête chinois » que vos séances de relaxation anti-migraine. Car le niveau d’agitation de ces 2 américains est exceptionnellement élevé, et mieux vaudra donc rendre disponible vos petites cellules grises quand Bangladeafy prendra possession de vos enceintes. Personnellement, je prends un plaisir intense à écouter ces petits chefs d’œuvre d’intelligence et de dextérité instrumentale. Mais je comprendrais sans mal que certains se choppent une crampe aux synapses en bout de course. Quoiqu’il en soit, chapeau Bernard!

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: The Briefcase, c’est de la basse virevoltante, du Marsupilami metal aussi technique que bondissant, de la haute voltige instrumentale et légèrement nawak, entre Zvoyn, Animals As Leaders et Ultra Zook. Du pain béni pour les amateurs d’OVNI métalliques.

photo de Cglaume
le 13/09/2013

2 COMMENTAIRES

Geoffrey Fatbastard

Geoffrey Fatbastard le 17/09/2013 à 01:03:50

Il est vraiment très joueur, ce Bernard

cglaume

cglaume le 17/09/2013 à 06:54:29

On espère qu'il aura d'autres défis à relever ! :)

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