Bastard Priest - Ghouls of the Endless Night

Bastard Priest - "Ghouls of the Endless Night"
chronique Bastard Priest - Ghouls of the Endless Night

Bastard Priest fait partie de cette poignée de groupes qui ont réussi à tirer leur épingle de la botte de foin death metal old school (jeu: sauras-tu retrouver les expressions originales cachées dans cette phrase?). Under the Hammer of Destruction avait été accueilli avec moult « Ouaaaawh! » et « Miaaaaaaaam! » en 2010, et donc forcément, une grosse année plus tard, Ghouls Of The Endless Night était attendu avec l’enthousiasme / le scepticisme / le rienàbranlisme habituellement manifesté en de telles circonstances par la communauté metal.

 

Là, normalement, il aurait été bien vu que d’un revers de formule finement ciselée, je vous brosse un tableau précis et brillant du premier opus précédemment évoqué, histoire de faire le-mec-qui-maîtrise-et-qui-brille-dans-les-soirées. Sauf que si j’ai bien acquis ledit opus, il croupit encore au beau milieu de la pile de mes achats compulsifs, entre Death Magnetic de qui-vous-savez et Ironbound d'Overkill. Eh oui, le petit dernier ayant bénéficié d’un atterrissage promotionnel sur le tarmac de ma platine laser, il aura doublé son aîné dans le dernier virage de 2011 – "rhâlala, c’est dégueulasse ces salopiauds de pistonnés qui doublent tout le monde dans la file", je n‘vous l’fais pas dire…

Enfin bref, comme ça vous êtes prévenus: niveau comparaison entre les deux galettes, ça va être spartiate… (en même temps, comparer des galettes, ça rase hein… Euh: galette… Sarrasin… Non? Bon, tant pis).

 

Ghouls Of The Endless Night, c’est donc du death old school tendance ours à crête mal léché servi dans son coulis de marécage boueux. Sur le sticker promotionnel enluminant l’album, on aurait pu faire figurer « Stockholm DM meets filthy metal/punk meets Scream Bloody Gore meets Paul Speckmann projects ». Les prêtres suédois nous servent en effet l’habituelle – mais ô combien juteuse – recette du death bourbeux avec son lot de mélodies froidement brumeuses, de leads fantomatiques et de grognements de spectre asthmatique, le tout carburant à l’essence garage/punk. En gros, écouter cet album procure les mêmes sensations que le visionnage d’un improbable « Retour des Zombiroquois dans le Marais de la Peur ». C’est rarement fin, mais c’est truffé de plans juteux et arrosé d’ambiances horrifiques bien sympas. Ces passages expectatifs où l’accélérateur est méchamment écrasé dans l’attente fiévreuse du lâcher de pédale d’embrayage et du sprint libérateur, ça vous parle? Et ces accélérations en piquée qui ignorent feux rouges, limitations de vitesse et discipline rythmique, ça vous chatouille la libido? Eh bien sur ce 2e opus de Bastard Priest, vous serez amplement servis!  

 

En 8 titres, le groupe nous offre une visite guidée des points forts du death qui sent l’aisselle tiède et le chicot de vieux macchab’, avec – entre autres – son trip "engluement doomeux" sur « Poison », son générique de fin plein de trémolos glacés sur « Enormous Thunder Of The End », son titre crassement primaire qui-ne-sert-à-rien-mais-qui-est-tout-bonnement-indispensable sur « Fucking Slaughter » et son condensé best-of-the-best « Ghouls Of The Endless Night » qui résume et transcende le genre via un chouette échantillon de plans caractéritiques autant que juteux. On a même droit à un « Last Scream » légèrement connoté hardcore dans sa rythmique et son approche de l’aboiement. Alors OK la prod’ est toute brouillonne et étouffe méchamment les aigus, mais que voulez-vous ma bonne dame, on ne va pas vous servir votre Valstar tiède dans une coupe de champagne!

 

Ghouls Of The Endless Night est donc tout indiqué pour combler le trou béant apparaissant encore au sein de votre étagère « nostalgic death » entre les derniers Demonical et Puteraeon. Alors allez vite vous occuper de ce trou bande de petits polissons!

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Paul Speckmann et Johnny Hedlund sodomisent la créature du marais dans un squat punk. Sploutch!

 

 

photo de Cglaume
le 15/02/2012

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