Blitzkrieg Baby - Genocidal Sextasy

Chronique CD album (38:51)

chronique Blitzkrieg Baby - Genocidal Sextasy

Quand on baigne depuis des décennies dans le Black Metal d’avant-garde, ça laisse forcément des traces même quand essaye de s’éloigner. Kim Sølve en est le parfait exemple: illustrateur entre autres pour Solefald ou Ulver, fondateur au début des années 1990 de Taarenes Vaar ou encore responsable de Manimalism. À peine un an après Homo Sapiens Parasitus, il est déjà de retour avec un nouveau LP une nouvelle fois doté d’une pochette inspirée par les Looney Toons (un masque de cochon était offert pour chaque précommande): une chose est sûre, le musicien ne s’est départi de son cynisme et de son humour noir, impression confirmée à l’écoute des paroles.

Une fois de plus, l’auditeur est plongé dans l’univers sombre et décadent de Blitzkrieg Baby, une sorte de présent dystopique. Après l’intro, qui définit parfaitement les intentions du groupe, de rigueur, il assène un « Kill Them All » rampant et sournois comme une mélodie de Hanneman, à la mélodie imparable et doté de lyrics nihilistes gorgées d’humour noir. L’expression « Ultra Negative Industrial Pop » utilisée pour décrire Cannibal Commando prend une fois de plus tout son sens. Le mélange entre EBM, musique industrielle, Ambient, avec une petite dose d’expérimentation, s’est avec le temps affiné et Kim Sølve est arrivé ici à une certaine forme de plénitude, son écriture est plus mûre et efficace que par le passé.

On retrouve quelques têtes connues au rang des invités au rang desquels figurent Bjeima, Aymeric Thomas de Pryapisme, Frederic Arbour, ex-Longing for Dawn. Plusieurs pistes instrumentales émaillent le disque (« Manhunt », « Fuck Toy For The Death Patrols »...) et permettent au musicien d'exprimer un aspect plus « bande originale de film » de sa musique. L'auditeur ne sait jamais réellement sur quel pied danser, Blitzkrieg Baby souffle constamment le chaud et le froid, une musique guillerette et catchy («One By One ») est contre-balancée par des paroles d'un nihilisme profond. Il est à la limite de l'insupportable avec son "lalala" suraigu sur «Just Another Throat To Slit». « Piggy » avec son groove tribal et ses paroles déclamées marque le climax de Genocidal Sextasy. Ce morceau, dans son ambiance m'a fait penser à « Le Feu Marche Avec Nous » de Noir Iris Des Sens.

photo de Xuaterc
le 24/10/2020

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