Bloodiest - Bloodiest

Bloodiest - "Bloodiest"
chronique Bloodiest - Bloodiest

Il n’y a pas si longtemps que ça, à l’occasion de la chronique du dernier Corrections House, j’évoquais le potentiel qu’avaient certains side projects à tranquillement surpasser les groupes principaux de leurs participants. Dans ce dernier cas, ça fait pas mal de temps que mon cœur penche plus du côté de Corrections House que de celui de Yakuza ou Buried at Sea par exemple. Et bien, devinez quoi : ça va être aussi le cas pour Bloodiest et comme le chanteur du groupe est Brunce Lamont alors que ce second disque a été produit par Tony Lazzara (le guitariste) ET Sanford Parker, l’intro que je viens de pondre est tout à fait pertinente.

 

Donc Bloodiest, cuvée 2016 (première dégustation me concernant), c’est un sextet classique (avec deux grattes et une claviériste dedans), c’est Chicago, c’est Relapse, c’est rock, c’est noisy, sludgy et surtout, pas spécialement buccolique. Soyons clair de côté-là : ça faisait un petit bout de temps que je ne m’étais pas mangé un disque de rock aussi noir.  Au niveau de la forme, on navigue dans une musique alambiquée où chaque musicien trouve sa place et finit par se distinguer à sa manière au bon moment : un break de batterie inattendu, un riff entêtant, une seconde guitare inspirée, une basse pachydermique, un chant qui s’emballe,  un piano déglingué, etc. Ici, la musique se fait certes extrême mais les éléments liés au(x) genre(s) tels le chant hurlé, les excés de distortion, les riffs metallisant ou encore les énormes ralentissements de tempo ne sont que des outils au service des ambiances que le groupe souhaite développer sans se priver de varier voire de carrément calmer le jeu. Tout ce qui se passe ici est au service des chansons loin de quelconques considérations stylistiques. Les pièces qui nous sont présentées sur ce disque semblent donc véritablement être le résultat du travail du sextet pour un résultat dense, texturé, varié, riche et complexe. Le propos ici ne vise en aucun cas l’efficacité ou la concision mais on s’en balance gentiment : quitte à transmettre un authentique malaise à l’auditeur, autant faire en sorte qu’il s’y perde, non ?

 

Il est donc difficile de dire dans quel style ou même dans quelle scène le groupe est sensé évoluer. On retrouve un ton et des mises en place qui pourraient aisément nous rappeler Young Widows, tout comme le chant de Lamont quand ce dernier se fait clair et désabusé (sa performance est d’ailleurs totalement bluffante). On retrouve aussi du vieux (et bon) Neurosis dans les notes de pianos crépusculaires plaqués ci et là. On pourrait également penser à certains groupes de hardcore particulièrement sombres et tordus (Kiss it Goodbye ou encore Starkweather) aux détours d'un riff. Les expérimentations et les hurlements nous rappellent étrangement les débordements d’Einstürzende Neubauten alors que l’usage de certaines nappes, larsens et effets nous renvoient quant à lui aux anciens Buried at Sea et Yob (la participation de Sanford Parker ne doit pas y être pour rien du coup).

 

L’effet de ce cocktail est donc plutôt plaisant si tant est que l’on aime perdre des points de santé morale à l’écoute d’un disque et que l’on a pas trop peur des méchantes gueules de bois.  Concernant la recette, difficile d’en énumérer les ingrédients. Difficile aussi de sourire une fois la première gorgée descendue. Difficile encore de ne pas replonger son groin dedans aussitôt, il parait que c’est encore meilleur avec des larmes.

photo de Swarm
le 10/02/2016

7 COMMENTAIRES

pidji

pidji le 10/02/2016 à 09:14:53

énoooooooooorme album !
Déjà dans le TOP2016 !

Xuaterc

Xuaterc le 10/02/2016 à 12:34:55

Mais, mais... Mais c'est très bon ce truc!

Xuaterc

Xuaterc le 10/02/2016 à 12:38:51

Merci pour la découverte, même si je ne connais quasiment aucune des références

pidji

pidji le 10/02/2016 à 12:43:45

Tu devrais jeter une oreille aux derniers YAKUZA, ça pourrait te plaire ;)

Jimmy Jazz

Jimmy Jazz le 10/02/2016 à 22:24:28

Au premier abord j'ai pensé à Tool, notamment sur "Mesmerize" La batterie et la basse certainement. Mais ici c'est clairement plus rock. Belle découverte, merci !

swarm

swarm le 11/02/2016 à 12:41:41

Et ben voilà Xuartec... Quand tu sauras plus quoi écouter, t'as une jolie liste. Comme quoi le name dropping, des fois, c'est utile.

Xuaterc

Xuaterc le 11/02/2016 à 13:35:51

A commencer par aller voir Gasmask Terrör...

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements

  • LIONS METAL FEST le 1er juin 2019 à Montagny (69) avec VADER, BENIGHTED,...
  • BRUTUS au Point Ephémère à Paris le 29 avril 2019
  • Daughters au Point Éphémère à Paris le 10 avril 2019