Coilguns + Kunz - split

Coilguns + Kunz - "split"
chronique Coilguns + Kunz - split

Après m’être fait déchausser les dents une à une avec le premier album de Coilguns il y a quelques mois, voilà que la lourde tâche de vous causer du reste de leur discographie m’incombe, tout naturellement. Commuters étant en outre la dernière sortie du trio infernal, c’est donc une petite remontée dans le temps que nous allons opérer en nous penchant sur ce premier split que nos suisses partagent avec leur compatriotes de Kunz.

 

Ecouter ces trois titres de Coilguns (puisque c’est eux qui ouvrent le bal) après avoir pris leur dernière fournée en pleine bouche, c’est un peu comme découvrir des photos de votre petite copine quand elle était enfant : c’est probablement tout aussi mignon mais le charme n’opère pas de la même manière d’autant plus que le simple fait d’avoir un semblant d’attrait sexuel pour ce témoignage du passé s’apparenterait plus à du fétichisme voire à de la pédophilie mais je m’égare… Plus clairement, l’écoute de ces trois titres me fait sensiblement ressentir les mêmes choses que le jour où j’ai découvert les premiers titres de Dillinger Escape Plan quelques années après avoir retourné Calculating Infinity dans tous les sens. On reconnaît l’identité et le son du groupe malgré le manque évident d’originalité du style pratiqué, on bouge la tête tout de suite, dans la foulée, on reconnaît aussi l’efficacité, la virulence, la technicité ainsi que l’aspect barré du merdier, on sert deux ou trois mains, on signe le livre d’or, on pose pour les photos, puis on range le disque dans l’étagère en se disant « chouette, une galette de plus dans ma collection » ! Le principal reproche que l’on peut faire à Coilguns (tous albums confondus), c’est donc celui du manque d’originalité parce que, oui, on pense à Dillinger, à Converge, et plus généralement à tout ce  qui a pu se faire en metal-noise-hardcore-barré cette décennie passé. Alors oui, la recette pour pouvoir se comparer aux somités américaines est très difficile à réaliser mais elle est surtout sans saveur si l'on se contente de la suivre à la lettre. Du coup, remplir le cahier des charges, fut-ce avec les honneurs, ne suffit pas pour faire un grand disque. Au mieux on a une poignée d’excellents titres qu’on oubliera surement un peu vite mais qui font néanmoins beaucoup de bien par où ils passent... Après, je dis pas que j’attends l’album, je l’ai déjà, héhé !

 

Au tour de Kunz… Tout aussi suisses que leurs camarades précités, les accointances entre les deux formations ne s’arrêtent pas là. En effet, le duo dont il est maintenant question n’est que l’addition de deux des membres de Coilguns (et donc de The Ocean). Oui, vous m’avez bien suivi, la seule différence entre les deux faces de ce split en terme de line up se limite à un simple bassiste (vous savez bien, le gars qui sert à rien dans les groupes de rock si ce n’est conduire le van en tournée). Cela dit, nos deux zouaves ne nous livrent pas pour autant le même son… loin s’en faut. Ici ça lorgne plutôt vers un noise baveux un rien grungy, volontiers sludgy et passablement dépressif. Le baromètre de l’originalité ne décolle toujours pas des masses mais là, au moins, on avait pas la joue et les fesses tendues dans l’attente lubrique d’une fessée maison. Du coup, ça passe bien. Le son est dégueu, les compos minimalistes, le chant approximatif mais c’est bien de déglingue qu’il s’agit ici et, du coup, ça fonctionne plutôt bien. On oscille donc entre des complaintes pachydermiques, des cascades de fuzz et des secousses dissonantes nourries par des rythmiques capables de se réveiller et d’envoyer la purée tout pareil que sur la face A (ah ouais, merde, c’est le même batteur). Quatre titres variés et assez frais. Dommage qu’on ait plus trop entendu parler de ce projet même si mon intuition me dit que le capital esthétique de la formation aurait tout à fait pu être réinvesti dans Coilguns pour varier la sauce et, pourquoi pas, sortir un album digne de ce nom… Comment ça ? C’est déjà fait ? Ok…

 

Donc, pour les ânes qui n’ont pas suivi, il est question ici du (plus ou moins) même groupe qui s’offre une double récréation en marge de la bête de concours qu’est The Ocean et nous fourni par la même occasion ce qui ressemble fort à un brouillon de Commuters, sorti plus d'an après (vous m’arrêtez si je me répète hein).  Pas passionnant mais rafraichissant et puis, si vous êtes fâchés avec vos voisins, ça marche bien aussi. 

photo de Swarm
le 23/04/2013

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