Comity - The Journey Is Over Now

Comity - "The Journey Is Over Now"
chronique Comity - The Journey Is Over Now

Oh douce vieillesse, oh nostalgique tendresse, passez-moi sur le corps, sûr que ça ne nous rajeunira pas, oh pute, non ! Neuf années, neuf putain d'années se sont éclatées la tronche depuis The Deus Ex-Machina As A Forgotten Genius (sans parler de leur split CD avec XII) ! Ou peut-être même dix ? DIX ANS, BORDEL ?!?

Hé mais vous excitez pas, oui, les Comity ont sorti d'autres galettes entre-temps, on est d'accord. Sauf que là, c'est un peu spécial : c'est moi qui écrit la chronique. Merde. Hé, c'est que moi, certes je possède le dit Deus Ex-Machina, mais je n'avais pas vraiment suivi le groupe depuis.
Faut dire que mes goûts ont évolué entre temps et que je prête moins d'attention à tout ce qui peut se finir en -core et aux choses plus ou moins métalliques. Je ne me souviens même pas la dernière fois que j'ai écouté Under the Running Board de The Dillinger Escape Plan. Hou ! Hou ! Hérétique !
Ben non. Et ça ne me traumatise pas, hein, soyez rassurés.
 

Ainsi, je sens que certains vont râler et se demander pourquoi donc alors c'est ma pauvre gueule qui se colle à la chronique de la chose ; tout comme lorsque j'avais osé parler du petit dernier (mais bien bon : oui, vous m'aviez peut-être mal compris) album de Huata.
Bah tout simplement parce que ce disque peut faire peur aux minables apprentis chroniqueurs que nous sommes tous (écrire sur la musique, c'est forcément écrire de la merde). LA PEUR !!! « Ouhlalala, Comity, c'est compliqué ! »
Tu parles d'une trouille.
J'ai donc récupéré le bébé avec plaisir.
 

Et oui, les morceaux sont gigantesques, interminables, des grosses plaques de sons, à multiples strates, qui se concassent la tronche dans un foutu bordel dont on ne sait jamais à quel degré on doit l'interpréter. On se demanderait presque s'ils ne se foutraient pas un peu de nos gueules avec leurs albums-concepts sur-cryptés, leurs structures de morceaux absurdes et leur virtuosité luxuriante. Où est l'humour (il y en a forcément là-dedans, je veux le croire), quelle est la distance, où est la limite entre l'alambiqué et le gros nimp assumé ? Est-ce chiant ou intéressant, à la limite du ridicule ou agréablement surprenant ?
Pas facile à dire, selon certains. Mais peu importe.
 

Car Comity est bosseur, Comity se prend vraiment le choux sur ses morceaux. Comity cherche, Comity explore. Comity n'a peur de rien. Même pas du sitar au début de "Part III".
Comity n'est pas médiocre. Comity est même romantique, à l'occasion. Faut oser. Comity ose.
Comity ose !
Comity use des codes, Comity nique les codes à force de mélanges et d'audaces. Même si Comity recycle, quitte à jouer dangereusement avec les clichés post-mes-couilles.
Comme le plan répétitif vers les deux minutes de "Part IV", ça sonne. Ça sonne !
Mais oui, c'est bien cérébral, tout ça, faut écouter. Arf !, peut-être même que c'est une musique carrément orientée vers les musiciens ou les mélomanes obsessionnels. Y'a des plans, ma bonne dame, que l'on ne comprend tout simplement pas, ouais, et alors ?


Alors c'est clairement pas taillé à coups de spontanéité à l'emporte-pièces, ça ne se veut certainement pas direct et brut, mais ça ne se fout pas de votre gueule pour autant avec que de l'enluminure kitsh. D'une certaine façon, pas obligatoirement Punk ou revendicative, Comity te la met bien profond. Comity creuse ses ornières sans se préoccuper, j'imagine, de ce qu'on pourra bien en écrire. Et ils auraient bien raison.
Car on pourra s'irriter de tout et de n'importe quoi, dans ce disque : des plans acoustiques contemplatifs, des voix beuglées, des harmonies tragiques, lumineuses ou tristounettes, de la branlette de manches et de baguettes, des structures abusivement retorses et des fresques soniques ultra-travaillées ; en somme, de l'excès de tant de lyrisme et d'ambition désincarnés.
 

Quoiqu'il en soit, Comity s'en paie une bonne tranche. A vous d'écouter, de creuser, de contempler. Mais certainement pas de noter un pareil disque. Comme je dis souvent, j'y colle une note parce que j'avais accepté de jouer le jeu de Core and Co, mais faut pas forcément y attacher une grande importance.
Tout comme ces mots vains, cette notation est d'une prétention sans nom qui n'a aucune valeur réelle, aucun sérieux, aucune légitimité. Je ferais mieux de bosser ma propre musique ou de boire une bonne bière avec des amis.
 

Et merde.
Je voulais pondre un texte plus précis, plus analytique, avec des références à tel ou tel passage, probablement une affaire d'orgueil, montrer que j'ai bien écouté ce disque et que je me suis bien pété le cul à pondre un truc dessus. Pour me la jouer, quoi. J'aurais pu.
J'aurais pu te parler de tel passage trop Post-Metal, du délire Post-Rocking Hardcore de tant d'autres, du côté Noisy Folk Progressif d'une bonne partie de "Part III", d'un autre énième break épileptique inattendu (ou pas)... M'exclamer d'un « c'est un grower référencé sans réel rip-off qui deviendra un must-have, mon cher! ».
Soupir.
Eh bien sachez juste que je l'ai écouté ce disque, un bon paquet de fois. A toi de voir si t'en es capable, ça se télécharge gratos.
Le reste n'est même pas littérature. Z'êtes bien avancés, hein ?
Allez, au pire, paie-toi l'hilarant texte de présentation officiel, ici :
http://store.throatruinerrecords.com/products/500662-comity-the-journey-is-over-now-2x12-cd
Et je m'en vais me faire foutre, tiens.

photo de El Gep
le 04/07/2012

3 COMMENTAIRES

Jull

Jull le 04/07/2012 à 10:37:20

Tellement enorme cet album!

pidji

pidji le 04/07/2012 à 10:43:57

Excellente chronique, pour un très bon disque, même si j'ai du mal avec le titre acoustique.

cyanhist

cyanhist le 21/07/2012 à 16:19:05

cet album déborde d'émotions

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements

  • ARO ORA release party à La Parenthèse à Ballan Miré (37) le 12 octobre 2019
  • BLACK BOMB A + Dagoba + Mugslug au Séchoir (L'Atelier À Spectacle) le 12 octobre 2019
  • Sleep au Bataclan à Paris le 8 octobre 2019