Counterparts - Nothing Left To Love

Chronique CD album (32:38)

chronique Counterparts - Nothing Left To Love

Après un You're not you anymore très convaincant qui faisait suite à la (relative) déception qu'avait été Tragedy will find us, malgré de très bons morceaux, les petits gars de Counterparts remettent le couvert chez Pure Noise Records en cette fin d'année 2019, aka fin de l'ère pré-covid.

 

Et si l'on sait que les Canadiens ont depuis longtemps trouvé et répété une formule qui fonctionne globalement bien, d'où leur longévité (malgré les multiples changements de line-up), les dernières années tendent à montrer qu'ils l'exploitent avec plus ou moins de réussite selon les sorties et les inspirations du moment.

 

En premier lieu donc, entamons l'ascension par la directissime de l'évidence : Counterparts font du Counterparts. C'est dit. On retrouve bien (et avec plaisir, il faut bien le dire aussi) la fameuse formule de ce hardcore métallique et mélodique entrecoupé de gros breakdowns à la fois destructeurs et sentimentaux qui a poussé le groupe sur les hauteurs où il se trouve aujourd'hui.

Dès les titres d'entrée, l'intro « Love Me » et surtout « Wings of Nightmare » qui lui fait logiquement suite, on est de nouveau propulsé dans le groove certain que sait insuffler le groupe à ses compositions, avec des mélodies entraînantes et des rythmiques qui sentent bon le démontage de tête. Le tout avec un Brendan Murphy au chant qui n'a en rien perdu de son timbre et de la charge passionnelle avec laquelle il hurle ses poumons et ses textes.

 

Pour les textes donc, comme d'habitude, l'accent est largement mis sur le ressenti, les émotions personnelles, la détresse affective et autres sentiments auxquels il est souvent assez facile de s'identifier, notamment du fait des tournures de phrase et de la qualité d'écriture, à la fois directe et poétique. Ce qui – dans la plus pure tradition hardcore – donne lieu à de véritables sing-alongs, si vous avez déjà assisté à des concerts de Counterparts (ou vu des vidéos live), des défouloirs cathartiques et collectifs, parce qu'il y a certaines choses qui sont importantes à pouvoir dire, hurler, comme un remède à la dépression et à la solitude.

 

La production, quant à elle, est absolument parfaite, tous les instruments se démarquent et se marient au poil, pour une qualité d'écoute indéniable.

 

Alors quoi de vraiment neuf sur ce Nothing Left to Love, au-delà de son titre un poil exagérément emo-kid et de sa pochette qui illustre une erreur manifeste d'utilisation du coupe-ongles ?

 

On peut déjà signaler un usage peut-être plus important que sur les précédents albums de lignes de guitare claires et mélodiques, ainsi que de choeurs là encore un poil plus présents. « Separate Wounds », « Paradise and Plague » ou « All I Cherished », pour ne citer qu'eux, même si une bonne partie de l'album en contient, viennent se poser comme autant de tubes, relativement accessibles pour les non-initiés aux musiques un peu énergiques (un peu sur le modèle de « Burn », quatre ans plus tôt). Les structures des morceaux se cantonnent souvent à un couplet-refrain-couplet-refrain-breakdown-refrain, mais ça marche bien. C'est le côté tubesque, quoi.

 

Paradoxalement, en plus de ce visage mélodique, il faut aussi noter un tournant plus cru qu'a pris le groupe depuis le passage de Brendan derrière le micro chez End. Un titre comme « Your Own Knife » est l'exemple parfait de ce que le jumelage avec les énervés que l'on vient de citer, et en pleine écriture de leur dévastateur album Splinters from an ever-changing path à l'époque, a pu incurver chez Counterparts : les fronts, déjà, mais aussi les nez qui les prennent pendant les breakdowns. Le chant y est décidément plus agressif qu'auparavant, avec une violence contenue et un coffre impressionnant.

 

Alors quel sera, sur ce Nothing Left to Love, le « The Disconnect », le « Compass », le « Solace », le « You're not you anymore » qui deviendra LE tube absolu qui reviendra systématiquement en fin de concert pour une apothéose dans un pit qui mêlera larmes et sueur ? Et bien aucun, je dirais. Même si « Ocean of Another » pourrait presque y prétendre, avec ses sections d-beat, son groove à la Have Heart, sa position sur le disque et son build-up final, il n'atteint pas le niveau de ceux que l'on vient de citer, tout en restant tubesque.

Car c'est bien là ce qu'il se passe sur NLTL : un empilement de tubes. Si vous avez aimé les précédents Counterparts, il n'y a franchement aucune raison que vous n'appréciez pas celui-ci.

 

Ou si, peut-être une : personnellement je n'ai aucune idée de ce que vient foutre la ballade d'outro que l'on imaginerait plus sur le disque d'un groupe de pop-punk à roulettes du midwest qu'en temps que dernière piste sur l'album d'un groupe de hardcore. Après, pourquoi pas, hein.

Mais personnellement, et quand bien même j'aime beaucoup le mélange des genres, ça ne me prend pas. Ok, elle vient faire la boucle avec l'intro, les paroles tout ça ; mais je trouve vraiment que Walls of Jericho (par exemple) avaient beaucoup mieux réussi l'exercice avec « No Saving Me » sur With Devils Amongst Us All. Fin de la digression, et accessoirement de cette chronique.

 

Bref : j'ai personnellement été conquis par cet album (malgré quelques trucs qui tombent à l'eau pour moi), un très bon cru de la part de Counterparts qui répètent leur formule de façon appliquée, pour un hardcore mélodique à breakdowns de qualité et à la production excellente.

 

A écouter avec un pull noir à capuche et un thé au miel pour pouvoir faire du sing along sans se faire mal à la gorge.

photo de Pingouins
le 16/11/2021

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