Dirty Shirt - Dirtylicious

Chronique CD album (36:16)

chronique Dirty Shirt - Dirtylicious

On évoquait le phénomène à l’occasion de la chronique de A City Dressed In Dynamite – un autre de ces rares albums à avoir décroché le sésame du 10/10 – et voilà que cela recommence: il suffit à certaines œuvres d’une dizaine d’écoutes maxi pour que celles-ci s’imposent à nous avec l’évidence et la chaleur du vieux compagnon pour lequel il y a toujours un lit de disponible à la maison. Dirtylicious est de ces miracles discographiques qui, sans que l’on n’ait eu le moindre effort à faire dans ce sens, deviennent quasi-instantanément notre meilleur ami musical alors même qu’ils débarquent à peine.

 

« Tu veux dire qu'avec Dirtylicious, Dirty Shirt réussit à faire mieux que l’intouchable Freak Show? »

 

Je sais que c’est dur à croire, mais bordel: OUI. La folle sarabande métallico-balkanique de nos amis a réussi à atteindre un niveau encore plus élevé dans l’efficacité, l’intensité et l’irrésistibilité (je ne pensais pas que le mot existait; il se trouve que si. Dirty Shirt met tout le monde d’accord: même le dico!). Il n’y a pas un placement vocal, pas une intervention de percu’, pas une mosh part terrassante, pas une attaque de violon furieux, pas un tourbillon doucement électro qui ne soit ici exactement à sa place. Pas un growl profond, pas une roucoulade d’accordéon qui manque. Pas un Lalala joyeux, pas une goutte de tord-boyaux en trop. Sur cet album TOUT--EST--PARFAIT. Alors que pourtant, le challenge – il est vrai déjà brillamment remporté sur l’album précédent – est de taille: combiner le tourbillon festif d’airs que nous autres franchouillards connaissons surtout à travers les joyeux épanchements de Goran Bregović avec un metal couillu, moderne et viscéralement rythmique, ça ne va pas forcément de soi. Surtout quand on y adjoint quelques boucles cyberoïdes et que le tout doit encore ménager de la place pour un sextet "couleurs locales" (le Transylvanian Folkore Orchestra, qui embarque violons, clarinette, cymbalum, accordéon et percussions). Et pourtant l’osmose est parfaite, les mélodies enivrantes côtoient les gros coups de bélier qui défoncent, toutes les saveurs et les cultures y passent... On a envie de picoler, de danser et de headbanguer nom de nom! Et le gros son concocté par le groupe – avec cette fois un mastering assuré par A. Douches – ne fait que renforcer l’impact du tourbillon!

 

Contrairement à ma (détestable) habitude, cette fois pas de description laborieuse des titres à la queue leu leu. Sachez juste que le groupe a soigné les extrémités de la tracklist aux petits oignons (violons sprinteurs, rythmiques qui cavalent, jumperies et guitares qui fendent la bise), que Rini nous gratifie d’un petit couplet en français sur l’exceptionnel « Balkanique », et que sur « Dirtylicious » Robi prend des airs de chanteur de guinguette avant de terminer le morceau en invoquant les dieux Mohicans de la guerre.

 

Lors de l’écoute de certains morceaux (tiens: « Deep Peace » de Devin Townsend est un bon exemple), c’est si bon que, la pression devenant trop forte derrière le sternum, on en aurait envie de chialer de bonheur. Sur certains albums, on s’éclate tellement qu’on a envie de sauter dans un pit séance tenante pour y danser une bourrée auvergnate endiablée, le slip enfourné sur la tête. Et puis la musique nous prend parfois tellement aux tripes qu’on ressent un besoin viscéral de hurler des « Putain les gars mais c’est démentiel: écoutez-moi tous ça nom d’un p’tit poiiiiis! » alentours, pour partager ce trop-plein d’amour (Mais ouais!) qui nous envahit soudain. Eh bien avec Dirtylicious c’est tout ça à la fois!

 

La vache les copains: mes oreilles sont amoureuses!

...Et ce n’est plus qu’une question de jours ou d’heures avant que les vôtres le soient également!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: l’apothéose! Dirtylicious est l’indiscutable apothéose d’une fusion mariant gros metal moshy velu et joyeuses hymnes balkaniques. Il n’y a absolument RIEN A JETER sur cet album démentiel qui va d'ores et déjà se caler tout en haut de mon Top 2015 et – mieux – tout au fond de mon petit cœur pour bien plus longtemps encore!

photo de Cglaume
le 29/04/2015

7 COMMENTAIRES

Margoth

Margoth le 29/04/2015 à 11:38:37

J'attendais la chronique pour me pencher sur cet album (et le groupe par la même occasion). Pas vraiment besoin d'une dizaine d'écoutes pour sauter comme un cabri afin d'exprimer sa jouissance. Une seule suffit pour se dire qu'on a franchement une galette magistrale d'une sorte de Diablo Swing Orchestra version roumaine pour le côté cabaret dramatico-burlesque avec un soupçon de fanfare urbaine festive de "Péléochnoque-la-Campagne fait sa petite sauterie annuelle sous les feux de la Saint-Jean". Et hop, dans ma liste de ma prochaine fournée de galettes !

Tookie

Tookie le 29/04/2015 à 11:39:32

Ouais c'est du bon. J'vois même pas pourquoi tu t'es fait chier à en dire autant. Une affirmation suffit.

PogoTiM

PogoTiM le 29/04/2015 à 13:06:01

Je te déteste le lapin !
J'ai pas encore reçu le CD et je me retiens d'aller l'écouter avant, et ta chronique me donne encore plus envie de soulager mes oreilles sur leur bandcamp...
La tentation est trop... non... AAAAHHH !!
Tu m'a rendu plus dingue qu'un gamin la veille de Noël !
Je les suis depuis leurs débuts et ça fait vraiment plaisir de les voire évoluer comme ça en tout cas

cglaume

cglaume le 29/04/2015 à 16:59:00

ZE ALBUM DE FOUS. et p'is c'est tout ! :P

mcmetal

mcmetal le 30/04/2015 à 12:31:48

je partage cet avis, album frais et novateur ,et gorgé de bonheur

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 02/05/2015 à 22:26:44

TUERIE !

No Flag

No Flag le 07/05/2015 à 20:56:12

Bim bam boum tchac! Lalalalalalalalalallaaaalalalalalaal!

Piiiouuuuu!!!!

Enorme.

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