Dismalimerence - Tome: 1

Chronique CD album (51:05)

chronique Dismalimerence - Tome: 1

« Emotive Black Metal » ? Associer cet adjectif à cette musique a de quoi déclencher quelques rictus ! Quoi ? Le Black « émotif », « sensible » !? C’est pourtant l’intention originelle affichée par l’Américain, originaire de l’Illinois, Elijah Cirricione, embarqué depuis le début des années 2010 dans un projet perso : – bon courage pour la prononciation – Dismalimerence.

 

Sorti fin juin 2020 chez Transcending Records, Tome :1 a en fait été composé de 2011 à 2014, avant que la finalisation soit mise de côté pendant plusieurs années par Cirricione, mobilisé par d’autres plans musicaux (In Autumnus, Meadows of Melancholy, Mouth of Sauron). En fait jusqu’en 2018, année où le frontman, de retour en studio (le sien d’ailleurs), est épaulé par Matt Mifflin (Siren of Sorrow) à la guitare, Craig Hamburger à la basse et Joey Casillas (Dissona) à la batterie. One-man band, Dismalimerence est désormais quartet, un quartet d’ailleurs tout à fait inconnu et encore incapable de se sortir de la nasse anonyme – et pourtant qualitative – des groupes de Black US, et ce malgré sa participation à des concerts dans les environs de Chicago avec quelques formations plus renommées (Septic Flesh, Ensiferum, Saor). En espérant que cette chronique – une des rares en langue française – leur soit, de ce point de vue, « utile ».

 

Tome :1, c’est ainsi 50 minutes d’un très bon Black atmosphérique/progressif dont le principal mérite revient à sa réelle qualité d’écriture (spécialement des soli à l’instar de "Negligence of the Forgotten"), qui fait pour partie oublier les inévitables scories d’un enregistrement domestique (mixage très perfectible de la batterie). Cet album a un grand mérite, celui de nous faire constamment osciller entre le chaud et le froid, entre riffs ciselés et agressifs, d’un côté, et mélodies pâles ("Orchid’s Reverie"), voire dépressives ("Sequestred Hearts"), de l’autre. Créant un patchwork d’ambiances, de textures et de sentiments, cet incessant va-et-vient est maitrisé, à commencer par les 12 minutes du premier titre "Crimson Glow" – dans le TOP10 de mes morceaux Black Metal de l’année 2020 – qui fleurit gentiment avant de pousser crescendo jusqu’à l’emballement bien troussé de la 6ème minute.  À rebours de l’intro, le très bon "My Only Love" – le titre augurait du pire ! – débute tambour battant par une salve violente bien trippante, une fury à la Immortal, avant de se perdre à la fin de la 3e minute dans une nuée plus mélancolique. D’autres moments forts viennent charpenter ce premier opus, à l’exemple de la mélodie prenante de "Pragma" et surtout de "Vale Amor" dont la richesse fait poindre des sentiments tout à fait contrastés, à la fois apaisés et tourmentés.

 

Nul besoin donc d’être obligatoirement haineux, rugueux et abrasif pour que le Black Metal puisse plaire…

 

Les fans de Saor, Woods Of Desolation, Alda, Panopticon, Wolves In The Throne Room, Ruadh ou encore Winterfylleth ne devraient pas désaimer ce premier jet de Dismalimerence, dont le parcours méritera certainement d’être suivi de plus près.

photo de Seisachtheion
le 10/12/2020

2 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 10/12/2020 à 15:58:00

Avec S1pho des Eterno, on a inventé le post-grindcore, récemment. Vous verrez ça fera fureur bientôt.

Seisachtheion

Seisachtheion le 10/12/2020 à 18:35:53

Post-Grindcore? Trop tard...
https://failuretrace.bandcamp.com/album/post-grindcore

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