Dopethrone - Broke Sabbath

Chronique CD album

chronique Dopethrone - Broke Sabbath

Imagine des junkies dans une décharge à ciel ouvert, en train de faire des trucs de junky (faut pas faire un dessin, si?) affalés dans la crasse, les déchets et divers fluides sortis de leur corps, au milieu des cafards et des rats, eux-mêmes écœurés par ces humains à la dérive... puis surgissent à petite vitesse dans leur direction des tractopelles, dont les pilotes, sans doute avinés, ne sont pas conscients desdits junkies qu'ils vont involontairement ensevelir sous des tonnes d'ordures. Tu as l'idée ? Maintenant procure-toi une copie de Broke Sabbath et tu auras la BO idéale pour illustrer musicalement la situation (et pas d'écoute sur spotify, ils désapprouveraient). Sauf qu'à l'instar du premier clip tiré de l'album, ça ne ferait pas long feu sur la toile (5min tout au plus pour le clip « Life Kills you »).

 

Broke Sabbath est le 6ème album des sludgeux québécois et le trio n'est pas là pour vous parler du Québec de Linda Lemay et de Roch Voisine... là on est dans le côté sombre des bas-fonds des bas-fonds eux-mêmes. On le comprendra le trio n'a pas changé son fusils d'épaule.

 

Une voix qui semble sortie de la gorge d'un orc lance « Life Kills You » sur un discours puis on a un titre assez rapide, ultra grésillant, ultra lourd, avec des vocaux vomis plus des growls plus en retrait. « Truckstop Warlock » avec son bruit de moteur de tracteur en fond est lent doomy mais toujours sludge dans l'âme un passage un poil plus rapide sera l'occasion d'un sample de dialogue. Après une intro sur un discours (l'une des marques de fabrique de l'album) « ABAC » est lent et ultra lourd, une accélération sera le siège d'un solo très mélodique. « Shlaghammer » est lent et monstrueusement lourd de plus il est « chanté » en patois québécois, sa fin est un peu plus rapide mais tout aussi lourde, on finit comme à l'accoutumée par un sample de discours d'un mec du Québec profond qui à l'air (au moins) bourré. « Rock Slock » est un morceau d'inspiration motörheadienne (notamment la basse) mais avec la patte de Dopethrone dessus, un break plus lentet ultra lourd (tu veux de la mayo pour manger avec ta poutine?) avec un solo sombre en tremolos, puis après avoir réaccéléré le côté hommage à la bande de Lemmy se fait à nouveau sentir notamment le solo de gratte. « Uniworse » conserve la tradition de l'intro samplée puis on a un mid tempo ultra lourd mais avec une guitare qui se fait mélodique. On referme cette observation de la faune sauvage de la Belle-Province par « Sultans of Sins » lent et ultra lourd qui se termine par un avertissement final : Everyone in this room is now dumber after listening this (soit tout le monde dans la salle est maintenant un peu plus idiot après cette écoute).

 

Les amateurs de mélodie ciselée, d'ambiances aériennes et éthérées peuvent évidemment fuir (et fissa), celles et ceux qui vont accepter de se faire éclabousser de boue mélangée à du sang et du vomi vont apprécier cette visite culturelle d'un certain Québec, hors des sentiers battus comme ils disent dans les agence de voyage.

 

On notera que Broke Sabbath marque la dernière participation de Vyk, celui-ci devant se consacrer à se carrière professionnelle.

 

Broke Sabbath est dispo en CD et LP (noir, Rouge à splatter noir, marron dans blanc ou test-press)

 

photo de Papy Cyril
le 29/05/2024

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