Downtown Brown - Grabbleton's Beach

Downtown Brown - "Grabbleton's Beach"
chronique Downtown Brown - Grabbleton's Beach

Certains albums sont comparables aux Pyrénéens (les chocolats, pas les voisins de Jean Lassalle): à peine avalés un ou deux qu’on réalise qu'on ne pourra pas s'empêcher de s'envoyer toute la boîte discographique. Et c’est justement le cas de CaliFlorida, dernière sortie en date de Downtown Brown, qui réconcilie avec un enthousiasme rare les palmiers du Sud-Est et les plages du Sud-Ouest américain, le Punk Rock et le Funk Metal, le Youpi et le Youpla. Après avoir découvert les pâtés un peu grossiers mais tout à fait sympathiques des années bac-à-sable de la formation (ici et ), il était temps de vérifier si le poil des Américains était devenu lustré et soyeux dès leur puberté artistique, ou si ce n’est que récemment, une fois l’âge adulte atteint, que le génie festif des loustics s’était véritablement révélé. Zoom sur Grabbleton's Beach donc, album sorti en 2010, autrement dit au milieu du pont, 6 ans après l’album éponyme et 8 ans avant le jumelage Los Angeles – Miami.

 

Constat immédiat: la progression est logique, le style déjà affirmé, la fleur presque-mais-pas-encore-tout-à-fait éclose. Riche de ses 19 titres (ah ouais quand même!), l’album fait preuve du même appétit melting-potesque que son petit-frère et passe allègrement du Ska Metal au Punk Rock, du Funk Metal au Rap Metal, des mièvreries balnéaires à – attention, petite coquetterie propre à cet opus – un Rock plus gras lorgnant vers le Stoner (cf. « Heroin » et « Neebo’s Revenge »). Par ailleurs, au vu de l’humour arboré – le chant Scoobidoo-like et le « solo de percu’ buccale (à 1:23) sur le morceau-titre, les délire de « Thx 4 the Mammaries »... – ainsi que de certains beaux petits cocktails multi-styles (souvent cuivrés, comme « Get Ur Wobble On »), il est assez naturel de rattacher la chose à la scène Nawak.

 

Après, comme l’ado qu’il incarne au sein de la discographie du groupe, Grabbleton's Beach a encore un peu d’acné sur la trogne, et on sent bien que sa croissance n’est pas tout à fait finie. D’où cette impression d’hétérogénéité qualitative, mais aussi stylistique… « Mais c’est normal, banane! » vous insurgez-vous, à l’énoncé du 2e point. Certes, certes... Mais quand la Fusion ou le Nawak Metal est bien fait, l’oreille cesse de ranger les morceaux dans des tiroirs distincts pour voir le tout comme une grande orgie musicale. Alors que sur cet album on est encore trop tenté de, par exemple, ranger « BABY!! » et « Rocket Appliances » dans la boîboîte de gauche « Punk Rock de lycée à la Offspring », pendant qu’on place « Every Time the Wind Blows » et « Friend Zone » dans la boiboite de droite « Bluettes Ragga / Ska ». Mais le problème principal de l'opus reste avant tout la présence de certains titres sans-prétention-voire-pire, comme ce « Thx 4 the Mammaries » un peu lourdaud, « Friend Zone » dont la 2e partie plus classiquement Rock fait perdre tout l’intérêt à l’exercice, « Grabbleton's Reprise » qui n’apporte rien au morceau-titre et fait bailler, et – pire – le long « Pinnacle », tiède et sucré, qui aseptise toute la fin de l’aventure (heureusement qu’une dernière bouffonnerie bonus typée R’n’B / Synthtic Hip-Hop en carton vient redresser la barre sur les deux dernières minutes).

 

Ça ronchonne, ça ronchonne, mais il est beau et plein d'énergie ce petit quand même! C’est qu’il n’arrête pas de sautiller joyeusement, depuis l’instrumental Ska Metal joyeux « Dr. Mantis » jusqu’au petit tube de High School Rock badaboumesque « Doin Fine ». Sur « Baby!! », on a l'impression de se retrouver entre Joey et Snake à l’époque de la série « Les Années Collège ». « Vagina Bombz » nous pousse à sortir la chemisette hawaïenne, tandis que « Every Time the Wind Blows » transpose les échanges John Travolta / Olivier Newton-John en bord de plage, sous les cocotiers – que du miel, mais oui. Sans compter LA tuerie définitive, « Meatwave », parfait jumeau Rap Metal de « Love Kitchen » ayant le même impact et la même gouaille truculente. Rien que pour ce titre, il faut écouter l’album!

 

Alors?

 

Alors on a drôlement bien fait de poursuivre nos investigations:  la disco’ de Downtown Brown se siffle comme du petit lait. Car comme ses frangins, Grabbleton's Beach c’est avant tout le soleil, les bermudas, les grosses blagues qui fusent depuis le fond des transats, une bonne vieille distorsion bien funky, les cuivres joyeux… La vie quoi! Alors, vamos à la playa!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: il lui manque un petit poil de maturité, un sable un peu plus blanc, un peu moins de varech sur les galets, mais on y est presque: Grabbleton's Beach, à peu de choses près, c’est quasi CaliFlorida. Autrement dit une Fusion à large spectre, limite Nawak, pleine de soleil, de fun et de sexe joyeux.

photo de Cglaume
le 02/05/2019

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