Dwail - The Human Concern Part 1

Chronique CD album (23:51)

chronique Dwail - The Human Concern Part 1

Mais non voyons, rien à voir. Aucun rapport entre Dwayne Wayne, le binoclard lourdingue qui trainait avec  Denise Huxtable dans la série Campus Show, et Dwail j’ai la Haine, groupe de toulousains appartenant à la grande famille Klonospherienne. Parce que si l'on va par là, on risque aussi d'évoquer les monstrueuses éventualités d’un Fonzie Osbourne ou d’un Maguydeth, et là il y aurait franchement moyen de perdre complètement notre lectorat le plus jeune (…sans parler d'une crédibilité déjà bien malmenée par un support inconditionnel à la Nawak mafia).

 

Bon alors je ne sais pas si vous vous rappelez, mais derrière le rose et les éléphants de la pochette de Helter Skelter, 1er et précédent album du groupe, se cachait un modern metal coreux plutôt classieux avec – petite coquetterie attachante – quelques légères touches « ethno » certes ténues, mais permettant de reconnaître nos zoziaux au milieu d’une volée de jeunes énervés de la saccade. Forcément, sur The Human Concern part I – EP n’étant autre que la 1ere moitié de leur 2nd album (qui du coup n’en est plus vraiment un… Euh, vous suivez toujours?) –, sur The Human Concern part I disais-je, on s’attend à ce que l’association des 2 mondes (guitares qui aboient et flutiau des Andes qui chevrote) aille encore plus loin, que le mélange se fasse fusionnel... Et que nos compères en arrivent, pourquoi pas, à poser les 1ere pierres d’une sous-chapelle stylistique riche en possibilités nouvelles – tiens, cadeau CoreAndCo, on en offre même l’étiquette: le Chakra-core.

 

Tout faux Bruno. Nettoyée au Roundup la musique de Dwail, épilée à la cire chaude, histoire d’en enlever toute originalité pileuse disgracieuse. Et au final les compères s’en reviennent donc à une stricte orthodoxie faite d’aboiements teen hardcore écorchés, de bûcheronnage Meshu les gars, de galipettes épileptiques à la TDEP et d’un gros son conçu sur papier millimétré. Saccades, rage HighKickesque, caresse dans le sens inverse des poils, plus – ah tiens, ça ce n’est pas fourni avec les options de base d’habitude! – quelques petites poussées « ‘n’roll » pas vilaines.

 

Bon alors faites voir l'engin… Ouais, sympatoche « A Ray of Light », bien qu'hyper classique. Mais bon, allez, ce petit final tout en ratatatams moshy et saccadés remporte la mise: on laisse donc la nuque en mode oui-oui. « Under The Bombs » suit en marquant le plus gros point de l’EP, la bête étant aussi classieuse qu’efficace. Original, non, mais pêchu et convainquant, ça oui. Et putain ce break mortel à 2:02 qui vous oblige à vous démettre quelques cervicales, ‘y a bon! Puis sur « District One », on abandonne Meshuggah pour TDEP et des tortillons pas forcément folichons. M’enfin le groupe arrive encore une fois à nous bluffer à l’aide d’un putain de break rock’n’roll à 1:05, qui finit en mode morse – peut-être le meilleur moment de la galette. Et là, c'est malheureux à dire mais ça y est, c’est fini pour la partie bandante de l'EP. Car « LD50 » se révèle être un morceau d’apoplectique-core tout ce qu’il y a de plus anonyme, vu, revu, voire même rerevu. Ah, par contre j’ai été un peu vite en besogne: l’interlude « The Human Concern » est bien sympa elle aussi, délicatement ambiancée et toute en saine tension dramatique. Sauf qu’elle est courte et embraye sur un « Gang Rape » qui ne décolle pas franchement du teigne-core coup-de-poing de base.

 

Vous aurez compris plus ou moins à demi-mot le message. Si vous êtes un morfale de musique moderne, saccadée et torturée à la mode Klonosphere, vous vous ruerez sur The Human Concern part I comme le fan d‘Entombed sur la dernière création de Rogga Johansson. Si par contre vous aviez apprécié le souci d’émancipation que le groupe avait manifesté sur son 1er album via une imagerie et quelques sonorités « world » un peu décalées, vous vous retrouverez tout con, le slip sur les chevilles, la capote déroulée, mais vide. Bref, un bon produit Klonosphérien très formaté – donc de qualité, certes, mais… formaté!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: fan insatiable de metal moderne corement énervé, ce nouvel EP de Dwail te procurera ta ration quotidienne de The Meshugger Escape Plan

photo de Cglaume
le 16/07/2013

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