Nephalokia - Sunshine

Chronique CD album (44:06)

chronique Nephalokia - Sunshine

Harmoniques stridentes, déhanchement rythmique contre-nature, dynamique vicieusement syncopée, saccades mécaniques et tranchantes… On ne peut pas se tromper, c'est comme sur le Port-Salut: le nom de Meshuggah est écrit noir sur blanc sur les toutes premières minutes de Sunshine. En même temps, ce premier album des toulousains de Nephalokia étant tombé dans nos platines depuis le nid de la Klonosphère, vous vous attendiez à quoi? Du cyber folk-grind? Du glamcore épique?

 

Non, là les loulous, on est en terrain hyper balisé: en effet le groupe a fait sien une sorte de modern metalcore meshuggisé alliant la froide mécanique Thordendalesque à de gros élans coreux, mais également à de sombres et belles mélodies évoquant Klone comme Textures, ainsi qu'à de grosses coulées grumeleuses plus franchement deatho-deathcoriennes. Et tout comme vous pouvez être certains que l'écurie Klonosphère ne dérogera que très rarement à la règle "100% modern/djent/core", de même vous pouvez être confiants quant à la qualité de ses productions. Ainsi Nephalokia se trouve être constitué d'un noyau de musiciens plus carrés que la racine de 16 et plus métronomiques (c'est qu'on parle ici d'un metal où la rythmique tient un rôle essentiel) que le métro de Monique.

 

M'enfin ne nous burqaïsons pas la face non plus: tout n'est pas rose du côté de la ville rose, pour ne pas dire que c'est un peu la lose du côté de Toulouse. A l'écoute de Sunshine, on regrettera en effet 2 écueils majeurs. Tout d'abord cette voix, basiquement monocorde dans le registre hardcore apoplectique, et se vautrant dans l'US émo mèche-core quand elle tente de s'éclaircir. Ensuite un manque notable de personnalité – ce second bât blessant plus vicieusement: si l'efficacité de ce moshy modern mélo-core est indéniable, la glue unificatrice – censée faire d'une collection de plans épars un morceau solide – manque trop souvent à l'appel. De plus nulle "patte Naphalokia" n'émerge véritablement de ces 3 quarts d'heure de musique. Ok, on prend généralement plaisir à ce que l'on entend, mais en blind test, je vous défie de trouver l'identité des géniteurs de ces 11 compos certes assez exigeantes, mais à l'arrière-goût piquant de déjà entendu.

 

N'empêche que se contenter de réduire Sunshine à une bonne djent-corerie générique de plus ne serait pas fairplay. Parce que de temps à autre, le groupe vient mettre un bon vieux high kick dans notre poste de contrôle cérébral, façon "Hé, t'entends comme ça envoie là?". C'est notamment vrai sur certains déballages de parties saccadées homériques – genre, paf!, à 1:24 sur  "Living Dead", avec en option un sérieux détartrage des molaires! De même dans les phases transitoires, le groupe ne fait pas semblant de se plier à l'exercice du calme entre 2 tempêtes, et l'interlude "Passage" est à ce titre de fort bon goût. Enfin si Nephalokia a souvent du mal à maintenir le soufflé levé sur l'entière durée des titres, il brille par contre sur les finish. Que ce soit la grosse armada qui se lève sur la mélo-mosh part épique de la fin de "The Omniscient Man", le pilonnage dévastateur mais groovy qui se conclut dans un déchaînement de deathcore joufflu sur "The Blessed Man", ou le superbe dernier tour de piste terminant "Rising", le groupe soigne tout particulièrement ses sorties.

 

Sunshine ravira donc les fans de hachages mécaniques et cliniques ainsi que de gorges furieusement raclées en mode HxCx, avec comme garantie de qualité le label rouge Klonosphère. Il n'est par contre pas question ici de redéfinition de genres, mais uniquement d'un job exécuté avec conscience, passion et expertise. A vous de faire votre marché maintenant...

 

 

 

 

La chronique, version courte: du Meshuggah à la française agrémenté d'effluves US machinCORE, le tout exécuté avec savoir faire mais de façon un peu trop impersonnelle.

photo de Cglaume
le 16/12/2011

4 COMMENTAIRES

Ukhan Kizmiaz

Ukhan Kizmiaz le 17/12/2011 à 18:54:18

petit disque mais à nouveau une grande chronique ^^
c'est clair ne nous burquaïsons pas la face mouarf

cglaume

cglaume le 17/12/2011 à 21:28:14

Merci m'sieur !

cglaume

cglaume le 17/12/2011 à 21:29:12

Au passage le disque n'est pas si petit que ça: c'est surtout qu'il n'a pas encore une grosse personnalité. Mais ce n'est qu'un 1er album en même temps ...

frolll

frolll le 20/12/2011 à 12:12:52

Hey mais, il est efficace, cet album !

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