E-an-na - Serată Cu E-an-na

Chronique Maxi-cd / EP (07:02)

chronique E-an-na - Serată Cu E-an-na

Cela fait à peine un an qu’Alveolar, le 3e album d’E-an-na, est sorti. Mais il en va de ces Roumains comme de tout être cher : à peine ont-ils disparu à l’horizon qu’ils nous manquent déjà. C’est donc avec un réel plaisir qu’on accueille Serată Cu E​-​an​-​na, EP qui nous invite à passer une soirée avec eux. Car Google Translate est formel sur ce point : « Serată Cu » signifie « Une soirée avec »… On peut donc, puisqu’on aime extrapoler et faire des blagues graveleuses, y voir là leur In Bed With Madonna. Sauf que rien de spécialement érotique n’émane de ces 3 morceaux, même si nos oreilles en sortent toutes humides d’excitation. D’ailleurs avouons que, vu la durée de l’expérience (tout juste 7 minutes), si l’on avait espéré retirer quelques plaisirs charnels de cette parenthèse musicale, l’histoire se serait déroulée à la vitesse du coitus lapinus, voire se serait conclue sur la frustration d'un coitus interruptus

 

Mais rien de tout cela ici : Serată Cu E​-​an​-​na, c’est plutôt la promesse d’un concentré de cette fraîcheur et de cette énergie festive dont le groupe sait faire preuve au plus fort de son sex-appeal artistique. Et celles-ci se manifestent donc sur trois pistes assez représentatives de ce que ce format court peut offrir : un titre inédit, un autre revisité, plus une reprise. Le tout servi dans un grand bain d’euphorie musicale.

 

C'est via le titre nouveau que nous est grand ouvert la porte de l’EP. Et ce « Seratango » est de la même espèce que « Mioritic Metal » sur Alveolar, ou que les « Latcho Drom » et autres « Ciocarlia » qui donnent le départ aux albums de Dirty Shirt : il s’agit en effet de ce genre d’instrumental monté sur ressorts, dévalant la colline le nez dans le guidon, qui sourit de toutes ses dents au milieu de paysages arborant les milles et une couleurs d’une riche palette folklorique. Piano gaillard (ou tout autre instrument à cordes vertement martelées), flûte enjouée, basse au taquet, riff Metal joliment déhanché, lead inspirée : tous les indicateurs sont dans le vert. Bordel, c'est ce qu'on appelle régaler son auditoire !

 

Puis l’on découvre que c’est à « Pielea - Serate version » qu'est dévolu le rôle de garniture de ce court sandwich discographique. Ce morceau est, comme son nom l’indique quand on parle la langue de Nadia Comaneci, une version vespérale de « Pielea », le meilleur extrait de Nesf​â​r​ş​ite. Dans sa version initiale, celui-ci était déjà joliment frappé – c’est d’ailleurs son côté Nawak qui m’avait conduit à écouter l’intégralité de l’album. Eh bien à l’occasion de cet EP, le bougre a été réduit de moitié, afin d’en tirer une version Cabaret hyper vitaminée, à la saturation moins épaisse, à la basse plus présente, et au swing proéminent rappelant le célèbre Orchestre du Diable suédois. Plus focalisé, plus efficace, plus souriant, plus concis, cette version gagne sur quasiment tous les tableaux – à une petite exception près : on préférait la guitare andalouse qui roucoulait sur le morceau original, vers la barre des 2:12, à ce piano guindé qui l’a remplacée. Bizarre, comme choix…

 

Et pour parcourir les deux dernières minutes, c’est à « Hora Bucureștilor » que l’auditeur est confié. Ce morceau au sourire éclatant révèle un visage Musette / Polka Metal d’autant plus assumé qu’il s’agit d’une reprise de Marcel Budală, accordéoniste roumain dont on a rarement croisé le nom dans les palmarès des éditions passées des Grammy de nos occidentales contrées. Ce titre bénéficie néanmoins d’un matelas Metal raisonnablement épais qui permet à la pilule de passer d’autant mieux qu’il est gentiment pêchu. Mais attention : il pourrait également plaire à votre mère-grand, ainsi qu'à Pascal Sevran – si d'aventure vous leur faisiez suivre une courte formation Le Metal pour les Nu… euh, pour les ‘ieuvs !

 

Introduction, Description… Conclusion : comme la prof de Français nous l’a appris, il est à présent venu le temps, non pas des rires et des chants, mais de conclure. Et ‘y a pas à tortiller : il est peut-être court (c’est le format qui veut ça) et pas 100% constitué d’inédits, mais cet EP, crénom, c’est du costaud en termes de folklo’, et du grand art en termes de panard ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte : un inédit à la fraîcheur bondissante, une reprise d’un tube maison joliment diablo-swing-orchestraïfié, une cover Musette / Polka Metal… Avec Serată Cu E​-​an​-​na vous avez le meilleur du plus souriant d’E-an-na en 3 morceaux et 7 minutes chrono !

 

 

 

 

 

 

photo de Cglaume
le 30/05/2024

7 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 30/05/2024 à 10:01:56

J’ai l’explication du pourquoi de l’absence de la guitare flamenco sur Pielea : le groupe a tout simplement voulu livrer ici une version du titre qui soit fidèle à son interprétation live durant la tournée qui a donné son nom à cet EP

Aldorus Berthier

Aldorus Berthier le 30/05/2024 à 10:10:26

À force de sous-catégorisatios douteuses tu vas finir par nous chroniquer du feel-good DSBM d'ici la fin du monde en 2026 ; prenez les paris ici !

el gep

el gep le 30/05/2024 à 10:14:15

''La feelgood musique, j'en ai rien à foutre !"
Sages paroles du Stup'...

cglaume

cglaume le 30/05/2024 à 11:26:50

@Aldo : le feel-good DSBM, bon premier candidat pour la chapelle Oxymorecore ! Viendra après le Slow Grind, je suppose. Puis le White metal luciférien 🤣

@Gepounet : je t’imagine tellement en Happiness Manager dans une startup… 😁

Xuaterc

Xuaterc le 30/05/2024 à 13:59:24

El gep tu me fais plaisir

el gep

el gep le 30/05/2024 à 16:29:56

Je le savais Xuxu !

Aldorus Berthier

Aldorus Berthier le 31/05/2024 à 12:32:40

Remarque on y est un peu, sur la route du slow grind. Depuis que le genre s'est progisé avec ses morceaux de plus de 90 secondes, là...

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