Exist - So True, So Bound

Chronique CD album

chronique Exist - So True, So Bound

Durant les tournées Death To All – saintes croisades visant à apporter la bonne parole posthume du Metal Schuldinerien aux peuples du vaste monde – Max Phelps (Cynic, Defeated Sanity…), Hannes Grossmann (Alkaloid, Blotted Science, Necrophagist, Obscura) et Bobby Koelble (Death, sur Symbolic) ont eu l'occasion de deviser gaiement au cours de longues parties de Scrabble endiablées. Rien de tel pour devenir cochons comme copains, vous en conviendrez. Si ces mercenaires chevronnés se trouvaient alors réunis, c'est que 1) le premier avait la lourde charge de remplacer Chucky à la gratte et au chant, 2) le second accompagnait Obscura – à l’affiche de la tournée fin 2013, 3) et le dernier tenait quant à lui la seconde guitare au sein du Schuldiner boys band. Du coup le Maxou n’a pas dû avoir trop de mal à convaincre ses nouveaux compères de participer à la conception du 2e opus de son bébé principal, Exist.

 

... C’est que ça en fait du beau monde à s’agiter sous la bannière So True, So Bound! Auquel il faut encore ajouter un ancien zicos du projet solo de Jeff Loomis: Alex Weber (pas Webster – point de cadavre cannibale ici), à la basse. Ainsi que Matthew Rossa, illustre inconnu qui se débrouille sacrément bien avec une gratte entre les mains. Peu de chance, donc, que tout ce petit monde s’adonne au Néo ou au Reggae. Et en effet, c’est sans surprise que l’on apprend qu’Exist tourbillonne entre Death Progressif et Death Technique – genres dont l’intersection n’est certes pas nulle. Pour être moins évasif, on précisera que la musique proposée sur la présente galette est loin de rester figée dans un carcan rigide, les compos se dispersant entre Death lent, menaçant et tortueux, accès saccado-syncopés (qui en irriteront peut-être certains), ambiances planantes à tendance SF-isantes, assauts chaotico-tumultueux et fragiles parenthèses de mièvrerie en chant clair doublé. Du coup on pense – dans le désordre – à Cynic, Sadist, Solekahn, un Voivod très Pink Floydien, Atheist, Meshuggah ou encore Gorguts. Et puis à Death aussi, forcément, vu les zigotos impliqués et la configuration cordevocalesque du Maxounet.

 

Si ma perception de ce 2e album reste un peu mitigée sur les bords c’est que: et de un, les quelques épisodes épino-tortueux pleins de distorsion revêche et de dissonances crispantes me font l’effet du gant de Freddy Krueger crissant sur le tableau de la classe de Fabrice, et de deux, les pauses doucereuses à chant cucul me donnent envie de sortir mon pistolet à baffes. Sur « Shade From My Fire », ces papouilleries gentillettes font franchement grincer des dents. Tandis que le pointillisme autiste dont les leads font preuve au milieu de « So Bound: One of the Herd » (autour des 4 minutes) n’arrange rien. Et que dire de « Peer Prejudice » qui combine les 2 tares, le coma vaseux du début de titre aboutissant rapidement sur un passage duveteux abritant des confidences nunuches en chant clair.

 

Heureusement, tant de talent accouche régulièrement de jolies pièces d’orfèvrerie. Comme ce « Happily Ever After (For a Week or so...) » assez Cynic-ien, qui offre, à partir de 3:15, une belle parenthèse de télégraphie spatiale, tel un Meshuggah en combinaison de cosmonaute. Comme ce bûcheronnage viril, à 1:40 sur « So Bound: One of the Herd », que n’aurait pas renié un Decapitated. Ou comme le très beau conclusif « Fault’s Peak », dont le problème principal est l’inclusion de quelques bulles éparses trop mollassonnes.

 

Alors: exit Exist? Ou bien excitant? Les purs et durs du Technodeath old school seront rebutés par les quelques accès de modernerie djentesque, pas si rares que ça. Les amateurs de Prog léché et délicat ne supporteront pas la violence chaotique de certains passages sans une bonne dose d'Alka Seltzer. Les amateurs de boucherie au scalpel laser ne supporteront pas les plages de niaiserie planante. Pas facile de contenter tout ce petit monde de râleurs... Mais soyons sûrs que certains esthètes embrasseront l’œuvre dans son intégralité, sans problème de déglutition aucun. Par contre je dois faire partie des râleurs, car je reste un peu sur ma faim...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: quand la fine fleur du Death technique nous convie à une Nième orgie de Metal extrême hyper léché, ça peut être l’extase… Ou non. So True, So Bound possède un peu de tout ce qu’il faut pour plaire à un peu tous les profils – fans de Cynic, Gorguts, Meshuggah, Voivod... Sauf que le risque de ce genre de tambouille c’est de générer l’effet inverse, et que tout le monde ait des choses à reprocher à l’œuvre. Ce qui est le cas ici. Dans le genre, on recommandera plutôt Alkaloid

photo de Cglaume
le 27/09/2017

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