Freaky Fukin Weirdoz - Mao Mak Maa

Chronique CD album (53:47)

chronique Freaky Fukin Weirdoz - Mao Mak Maa

Freaky Fukin Weirdoz sur CoreAndCo, épisode 4.

 

Si vous avez lu les épisodes précédents et que vous avez une bonne mémoire, vous savez déjà que c’est suite à la découverte tardive de l’excellent Hula! que le back catalogue des Freaky Munichois a commencé à envahir les colonnes de cet auguste webzine. A chaque nouvel album sorti de la malle à vieilleries, toujours beaucoup de plaisir au rendez-vous, mais jusqu’à présent aucun coup de massue comparable à celui asséné par l’album de 1998.

 

Mao Mak Maa reprend les choses là où Senseless Wonder les avait laissées 2 ans plus tôt, avec toutefois un son un peu plus dodu. Dès « Sticky Weed » les bases sont à nouveau posées: il est question ici de Fusion Rap’n’Ragga Metal (dans des proportions 80/20 dirons-nous) comme on en faisait à la grande époque, avec des guitares essentiellement rythmiques, un peu de scratch – parce que ça le fait toujours quand c’est bien amené et pas trop envahissant –, plus une coquetterie plus spécifique à cet opus: le pack « encens et saveurs de Katmandou », diffusé d’abord en filigrane, puis avec plus de force au fur et à mesure que progresse le morceau. Et si ce titre n’est pas représentatif de l’ensemble de la tracklist (d’autres s’avèrent franchement plus typés Funk Metal), il donne une bonne idée de la coloration de ce 4e album qui consacre une part respectable de son spectre chromatique aux petites fleurs oranges/vertes/roses des hippies avides d’Orient et d’expériences psychotropes. Si les trips tarpé/narguilé propres à cette thématique profitent souvent des épisodes typés Reggae pour sortir de leur confinement (cf. « Managa » et « 8 Ball »), on les retrouve également portés par les tambourins et les « Oooooom̐ » zen du début de « Mao Mak Maa », ainsi que sur la fin planante de « Freigh Train ».

 

Mais non, Mao Mak Maa ne séduira pas uniquement les porteurs de pattes d’eph’ égarés dans les Cévennes ou le Larzac. Car l’album est plein de cette gouaille ensoleillée, de cette disto’ savoureuse et de cette énergie festive qui ont donné à beaucoup de quadra’ l’envie d’aller traîner leurs baskets et leur jean le long d’un bord de mer californien. Passez-vous « Pauper », « Daily Dose » ou « Humpty Dumpty », et vous verrez que vous vous retrouverez vite en train d’enfiler un bermuda et des lunettes de soleil. D'autant que cette belle basse rebondie nous maintient le thermomètre à des températures estivales, voire nous emmène du côté de chez les Bad Brains quand elle se fait plus rastafarienne. En parlant de « Humpty Dumpty » tiens: c’est clairement le « morceau Faith No More » de l’album, notamment au bout d’une minute trente, quand le boulard pète sévère et que Mike Patton semble jaillir hors de sa boîte à malice. Mais malgré ce parallèle ponctuel, outre aux Limbomaniacs et autres Scat Opera, le groupe auquel on pense souvent en écoutant Mao Mak Maa, rebelote: c’est Waltari, comme sur les albums précédents, notamment sur le morceau-titre. 

 

Sauf que même arrivé à ce point avancé de la chronique, vous n’avez pas encore contemplé toutes les couleurs de l’album. Car celui-ci passe aussi par le brun poussière du Country Rock sur une grosse première moitié de « Freight Train » (si si, un peu, même si les indiens de ce western sont plus hindous que sioux), par le fluo du Nawak Ragga Punk’n’Funk de « Hit Me » (excellente reprise de Ian Dury and the Blockheads avec Nina Hagen en guest star)… Ainsi que – et c’est moins cool – par le vert caca d’oie, lors de moments pas super inspirés qui expliquent pourquoi la note affichée là-haut ne réussit toujours pas à atteindre un respectable 8/10. Car la fin de « What Is It? » part vraiment trop en sucette. Car « 8 Ball » est trop basique et trop répétitif. Car « Niggafriend » traîne trop la patte et nous alourdit trop les paupières. Et car « Submission », la reprise badtripesque des Sex Pistols, hérisse le poil et gâche les au revoir. C’est dommage ces petites éclaboussures de vinaigre dans la mousse au chocolat quand même: le plat était tellement bon!        

 

Allez, résumons:

Damned: vu la courbe de progression des notes ci-dessus, il semble que les petits loupés et autres désagréments – qui semblent parfois expliquer pourquoi Freaky Fukin Weirdoz n’est pas plus connu que ça de ce côté-ci du Rhin – vont décroissant avec le temps. J’ai l’impression qu’on ne va pas pouvoir faire l’impasse plus longtemps sur Culture Shock (1996) et Oh my God (2009)! Alors rendez-vous tout bientôt pour la suite...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: comme la grande majorité des albums de Freaky Fukin Weirdoz, Mao Mak Maa est un généreux mélange de Rap Metal, de Funk Metal et de Ragga Metal, bien inscrit dans son époque, et qui doit autant à Scat Opera qu’à Faith No More, aux Bad Brains et à Waltari. Certaines petites maladresses sont à déplorer ici et là, mais cela ne gâche le voyage que très à la marge.

photo de Cglaume
le 07/06/2020

5 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 07/06/2020 à 12:34:29

Nan mais c'est quoi cette pochette ????

cglaume

cglaume le 07/06/2020 à 13:38:14

On dirait un peu du Pungent Stench barré dans l'esthétique.

nipalvek

nipalvek le 30/06/2020 à 14:44:01

Musicalement c'est vraiment cool, mais je n'arrive pas à me passer les albums en une fois, le chant est poussif,toujours présent et limite irritant au bout de quelques morceaux

cglaume

cglaume le 30/06/2020 à 22:08:48

Est-ce que tu apprécies Waltari nipalvek ?

nipalvek

nipalvek le 01/07/2020 à 09:20:26

Oui! you are waltari fait parti des albums nawak que je préfère. Merci d'ailleurs pour la découverte du groupe. A quelques exceptions, sur les chroniques découvertes années nonante de fusion, le chant est toujours poussif et me fait toujours zapper quelques morceaux

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