Godswounds - Death To The Babyboomers

Chronique CD album (49:15)

chronique Godswounds - Death To The Babyboomers

Enfoirés de Baby boomers!

Non c’est vrai: première génération depuis des lustres à ne pas avoir connu la guerre, ils furent également les premiers à vivre en salopant la planète à grande échelle, laissant le merdier à leur marmaille ainsi qu'aux rejetons d’encore après. C’est eux qui siphonnent les caisses de retraite entre 60 et 105 ans, accablant une population active d’enfants uniques qui triment sous la menace de délocalisations vers le Tiersmondhistan. Ce sont eux encore qui creusent le trou de la Sécu jusqu'à des profondeurs de la croûte terrestre où même le Précambrien fait figure de Temps Modernes, ces vieilles peaux multipliant cures à Evian et traitements des varices au laser.

** ... carte Vermeil qui finit de se consumer sur fond de décombres fumant d'une maison de retraite en ruine **

 

Je déconne, hein. C’est juste que le titre de ce 1er album de Godswounds est tellement croustillant qu'il n'était pas concevable de laisser passer cette occase d’intro débile. Et puis je voudrais bien vous y voir, vous, au bout d’environ 800 chros, à trouver des idées originales moins merdiques que « Godswounds, porte-parole officiel des grands blessés victimes de boules de Geisha tueuses et de petit canards sauvages… » (bah quoi? God, Wounds... 'fin bon).

 

Godswounds donc. Formation australienne comptant en ses rangs Danny Heifetz – ex-batteur de Mr Bungle qui tape encore sur les bambous de Secret Chiefs 3 – et dont le 1er album ici disséqué affiche une guestlist luxuriante tapissée de membres des Melvins, de Red Sparrowes, Oxbow ou encore Sleepytime Gorilla Museum. Le truc taillé sur mesure pour exciter les radars des chercheurs d’or nawakien quoi! Mais nos amis ne sont pas pour autant l’un de ces disciples appliqués répandant avec ferveur la bonne parole des dieux Patton et Spruance. Non, ce qui frappe en tout premier lieu à l’écoute de Death To The Babyboomers, c’est l'usage intensif des sonorités 8bits, ainsi que celui d’une trompette garantissant – aux côté de Danny – la dimension organique de la musique du groupe. Puis on se rend rapidement compte qu’on écoute quand même là une formation résolument metal/rock, la guitare montrant régulièrement les crocs entre noise rock, metal indus-isant, post-pop rock et compagnie. Enfin – parce qu’il faut bien revenir à nos moutons (ou à nos cochons si vous voulez rester raccords avec la pochette) – il demeure indiscutable, vu le côté « free style / gros nez rouge » de la chose, que tout cela est solidement ancré au sein de la famille nawak, voire même dans celle de l’expérimental limite-pas-toujours-facile-quand-même (cf. « Stationary Fiend », « Megalon »…).

 

D’ailleurs si vous ne deviez retenir qu’une chose de cette chronique, histoire de réussir à caser cette fatwa musicale anti-30 Glorieuses dans une case pas trop bordélique de votre tête, ce serait que Godswounds se situe au centre de gravité de la droite reliant Pryapisme à Poil, cet équilibre difficile n’empêchant pas le développement de grosses poignées où peuvent venir s’agripper les atomes crochus des fans de Chrome Hoof, voire de Sebkha-Chott. Ah, et rappelez-vous également: l’importance capitale de la trompette! Ajoutez à ces références que, quand on écoute « Dirty Habits », on pense parfois à Animal Alpha, que « Pygmalion » nous emmène pas loin de la face « psyché SF prog » de la planète Voivod, et que le début de « Monster Island » a un « Toehider » délavé de tatoué sur la fesse. Vous comprendrez dès lors que le voyage est déconseillé aux talibans de la classification musicale rigide.

 

Que vous dire d’autre (Non parce qu’on est bien là, vous et moi, au coin du feu…)? Que tout cela est relativement agité, sans cesse gesticulant, sans cesse frétillant. Qu’un bon tiers de l’histoire nous est contée en mode purement instrumental, mais que quand les cordes vocales s’y mettent, elles sont multiples, tantôt féminines, tantôt pop-rock classy, souvent joyeusement barrées. Que « One By One » est une concession plus facile, plus traditionnelle que la moyenne – mais carrément sexy – aux standards selon lesquels le grand public jauge la musique. Que « Hadron 2 » est un putain de tube magnifique entre dub, 8bits metal inspiré et guitares scintillantes. Que « The Ballad Of John Connor » est une chansonnette décalée de robot rétro et parano. Que « Boson Loves Fermion » est une douce féerie onirique et délicate, bien que structurée autour de mélodies électro minimalistes. Et que l’album s’achève sur une pirouette youplala joyeuse qui bouche in fine sur une guitare noisy déclinant longuement jusqu’au générique de fin.

 

Chapeau les artistes!

 

Bref, si le terme d’OVNI ne veut pas dire grand-chose dans la sphère nawak où l’absence de règles précises est érigée en Table des Lois (contradiction, vous avez dit contradiction?), Death To The Babyboomers mériterait quand même le recours à ce « qualificatif » – tout au moins pour insister sur le désarroi du chroniqueur face à un spécimen difficile à appréhender en des termes simples. Sauf que cette incongruité musicale est douce, stimulante, audacieuse, et qu’au lieu de désorienter et de décontenancer l’auditeur aventureux, elle ne cesse de lui adresser des clins d’œil complices.

 

Alors tous à vos appendices vibrants, et sus à la marmaille d’après-guerre!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: vous aimez Pryapisme et Poil? Et puis – pour le même prix – Chrome Hoof aussi? Alors vous allez adorer le nawak 8bits metal plein de trompettes et de pirouettes proposé par Godswounds – bien que cette description lapidaire ne résume en rien la musique des australiens. En plus il y a un ex-batteur de Mr Bungle dedans, alors ‘zattendez quoi bande de feignants!?

photo de Cglaume
le 22/10/2014

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