Gory Blister - Skymorphosis

Chronique CD album (51:10)

chronique Gory Blister - Skymorphosis

Gory Blister, le début des années 2000… On ne doit pas être des masses dans ce cas, mais ce nom et cette période m’inspirent une certaine nostalgie. Celle des premiers pas dans la vie active, quand l’argent commence à tomber en quantité non négligeable mais que, pour autant, le rythme continue (peu ou prou…) à être celui de l'insouciance estudiantine, sans le frein de la paternité ni celui des charges diverses qui accélèrent l'arrivée des cheveux blancs. Celle, également, d’une période un peu creuse pour le Technodeath, pendant laquelle, pourtant, ça s’activait dur au sein de la petite communauté de fans restés sous le charme des Atheist, Cynic, Nocturnus, Death et compagnie. Je me souviens notamment de ce label français, Sekhmet Records, qui donnait le La en la matière, et dont les rares sorties constituaient autant d'occasions de se pourlécher les babines. C’est qu’il y avait peu de monde dans l’écurie de Christophe Nedelec, mais en ce qui concerne les rares élus, c’était du lourd! Martyr, Coprofago, Korum (son groupe!)… et Gory Blister: on fait moins sexy pour le fan de shred extrême!

 

Gory Blister, donc, fait partie de cette vague de groupes qui ont refusé de laisser mourir ce genre si exigent et pourtant si peu payant qu’est le Death Technique. Issue de la patrie du Barbaresco et de la Grappa, la formation est sans doute moins connue que ses compatriotes de Sadist ou d’Illogist. Pourtant, avec Art Bleeds, son premier album, elle a livré un album certes très inspiré par Death, mais qui reste pour beaucoup une référence.

 

« Alors pourquoi tu nous parles de SkyMorphosis, son 2nd album, si c’est le 1er qu’il ne faut pas louper? »

 

Tout simplement parce que c’est celui que la cyclopéenne pile de mes achats compulsifs a récemment recraché dans mon lecteur, et que ça suffit à en faire un candidat tout désigné pour la rédaction d'une "chro-stalgique". Veuillez adresser vos éventuelles réclamations à rienabattre-trashbin@coreandco.fr.

 

Alors si, en effet, il ne fait pas trop de doute que le grand Chuck continue d’exercer une influence majeure sur le groupe (Adry aurait tendance à adopter un chant pas si éloigné que ça du Mr Schuldiner de 2nde partie de carrière et, plus évident encore, le groupe reprend « 1000 Eyes » en fin d’album), ce bouillonnement survolté, ces bourrasques violentes au milieu desquelles s’agite un lutin acrimonieux semblant parfois singer Kelly Schaefer, ces changements de pieds constants et experts… C’est à un Atheist thrashy que l'on pense également, la légère et occasionnelle ambiance science-fictionneuse par ailleurs suggérée par la pochette se chargeant de renforcer plus ou moins consciemment le parallèle avec Unquestionable  Presence.

 

Sauf que si l’on succombe sans émettre la moindre réserve aux pépites que sont « Asteroid », « Blood Sweating Wall », « Quasars », « The Missing Planet » et dans une moindre mesure « Sailing to Achernar » et « Black Canvas », pour le reste c’est un peu moins Soirée-Disco-chez-Boris… Parce que si jamais la dentelle brodée par nos 3 (… à l’époque…) amis ne perd jamais en finesse, la configuration du napperon résultant provoque parfois quelques grattages de tête dubitatifs. Du coup on trouve le morceau-titre moins convainquant que ses compagnons de tracklist, tout comme « I Shall Hang Myself » qui aurait gagné à être écourté et affiné. Sur « Shader », le constat n’est pas très éloigné: ça s’agite beaucoup, mais ça peine à impressionner. Et en ce qui concerne « The Soul-Slitters », une fois passé l’étonnement provoqué par la disto’ funky du début du morceau, on a du mal à parler de Grand Final digne de ce nom… Sans parler qu’on aurait pu se passer de la grandiloquente intro « Procession to Apocalypse », tout comme de l’interlude-branlette « Starfields ».

 

Moins bon que Art Bleeds ce SkyMorphosis? Sans aucun doute, bien que les fans d’Atheist trouveront ici largement de quoi faire bon chère. Mais s’il n’est pas immaculé, l’album possède néanmoins largement de quoi contenter n’importe quel fan de Death technique, aussi exigeant soit-il. Alors viendez-donc vous faire morpher sur les sièges en skaï de ces transalpins de bon goût: ça vous consolera de tous ces groupes qui ne conçoivent plus le Metal extrême technique que fortement imprégné des saccades à la mode de chez Thordendal...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Du bon Technodeath cuisiné avec amour et ferveur dans la marmite de Tonton Chuck Schuldiner, et touillé avec la grande louche en bois du Grand Chef Atheist, ça vous dit? Eh bien en vous replongeant dans le back catalogue des Italiens de Gory Blister, vous allez être servis! Et ceci est tout particulièrement vrai avec SkyMorphosis, sur lequel les transalpins ont su garder ardente la flamme du Death qui fait des étincelles en taillant le diamant brut à grands coups de guitares expertement aiguisées.

photo de Cglaume
le 06/03/2016

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