Hyperia - Insanitorium

Chronique CD album (42:00)

chronique Hyperia - Insanitorium

En ce début d'année, on aurait pu penser qu'on serait gâté en terme de thrash avec la sortie du nouvel album d'Annihilator. Problème : notre cher lapinou qui s'est chargé de la chronique, à l'aube de la sortie dudit disque, n'a pas trouvé ça foufou. Second problème : une fois sorti, moi non plus, je n'ai pas spécialement été plus convaincue. L’acclimatation avec le nouvel air britannique n'est donc pas encore complète pour Jeff Waters, on le retrouvera donc la prochaine fois, en espérant que le Brexit l'aura mieux réussi. En attendant, on s'en va retourner du côté du Canada. Parce que les températures sont mieux pour avoir un peu de matière toute neuve, mais surtout toute fraîche. Aujourd'hui, l'on s'en va traiter d'un premier album de jeunes loups, un certain Insanitorium signé Hyperia.

 

Si j'ai parlé d'Annihilator, ce n'était pas que pour des questions de nationalité commune. On retrouve également chez Hyperia un côté très heavy/thrash saupoudré de pas mal de six-cordes qui part en vadrouille solitaire. Un dernier aspect que l'on pourra d'ailleurs pas mal rapprocher de la griffe d'Amott de Arch Enemy vis-à-vis de la place et quantité de la lead guitar au sein des hostilités. Sans compter qu'Hyperia compte également sur une frontwoman au micro, histoire de ne rendre la comparaison avec l'ex-bande d'Angela Gossow que plus évidente. D'autant que certains passages flirtent quand même pas mal avec les limites du death mélodique (« Nullified »). Malgré tout, la donzelle d'ici, même si elle en a gros sur la patate dans tous les cas de figure, préfère s'amuser sur la dualité grunts / registre heavy puissant modèle Doro enragée. Un dernier aspect qui fait plaisir tant cela amène un délire aussi old-school que délicieusement épique. Encore faut-il éviter la faute de goût de s'apposer sur une lead guitar qui veut également se tailler la part du lion pour un résultat quelque peu confus dans les mediums (« Starved By Guilt »). D'autant plus que la prod' globale a déjà tendance à trop les flatter en temps normal, au détriment du mordant de la section rythmique que trop peu mise en valeur, nul doute qu'on aurait préféré éviter ce genre de (rares) travers.

 

D'ailleurs, la production un peu plate ne rend pas vraiment honneur à Insanitorium. Hyperia a beau nous présenter son premier album, il sait y faire pour tisser des compositions bien ficelées, d'obédience old-school certes mais ne s'arrêtant pas qu'à une seule recette bien arrêtée. A l'instar d'un « Asylum » qui sait autant marier l'epicness du heavy avec le groovy et les chœurs virils typiques crossover. Nul doute qu'avec une rythmique remise à niveau dans la mise en son, ça a de quoi donner de belles tranches de fosse. Aux côtés d'autres titres tout aussi enthousiasmants tels que « Fish Creek Frenzy », très Megadeth dans l'âme, « Dystopia » flirtant gentiment entre thrash et black ou encore « Contagion » (période de confinement oblige hein) et ses passages grognés à l'efficacité imparables et une gratte qui doit tout à Iron Maiden.

 

Malheureusement, Hyperia a beau savoir y faire, il ne fait pas impasse aux défauts de jeunesse. Insanitorium, dans sa globalité et malgré ses bons moments, s'embourbe dans des passages bien moins marquants, enfonçant l'auditeur dans une certaine linéarité. Où il pestera d'autant plus sur la production. Le manque de présence de rythmique donnant l'impression de toujours être nourri au même grain tout du long et cette trop grosse flatterie des mediums – dans une formule très blablateuse en lead guitar, en plus d'avoir du chant heavy, autant dire que cette fourchette de fréquences est omniprésente de base – ne les rendront que plus abrutissantes pour les oreilles à la longue. Il y a encore à apprendre donc, bien qu'il y a fort à parier que cet album, passera sans souci le cap du live et se révélera peut-être sous un meilleur jour d'ailleurs.

photo de Margoth
le 28/04/2020

2 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 28/04/2020 à 12:27:26

C'te pochette... Haha

Margoth

Margoth le 28/04/2020 à 19:39:53

Et encore, tu n'as pas vu le clip d'Asylum, tellement nanard ;)

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